octobre 1, 2020

De Gaulle – Académique

De : Gabriel le Bomin

Avec Lambert Wilson, Isabelle Carré, Olivier Gourmet, Catherine Mouchet

Année : 2020

Pays : France

Genre : Biopic

Résumé :

Mai 1940. La guerre s’intensifie, l’armée française s’effondre, les Allemands seront bientôt à Paris. La panique gagne le gouvernement qui envisage d’accepter la défaite. Un homme, Charles de Gaulle, fraîchement promu général, veut infléchir le cours de l’Histoire. Sa femme, Yvonne de Gaulle, est son premier soutien, mais très vite les évènements les séparent. Yvonne et ses enfants se lancent sur les routes de l’exode. Charles rejoint Londres. Il veut faire entendre une autre voix : celle de la Résistance.

Avis :

Gabriel Le Bomin est un réalisateur dont la filmographie est énormément axée sur les grandes guerres. Il faut dire que le réalisateur, bien avant de réaliser des films pour le cinéma, a commencé par intégrer le service cinématographique de l’armée et grâce à cela, en plus de se forger une passion pour l’histoire, a pu consulter des documentaires et des archives.

Après « Nos patriotes » qui avait eu du mal à convaincre, Gabriel Le Bomin est de retour cette année avec un film événement, « De Gaulle« . Qui d’autre que Gabriel Le Bomin pour consacrer un film au Général De Gaulle ? Surtout quand c’est la première fois que le Général a le droit à un film qui lui est consacré sur grand écran. Si l’ensemble est très académique, pour ne pas dire scolaire, « De Gaulle » demeure néanmoins un film bien fait, intéressant, instructif et surtout qui peint le portrait d’un homme, d’une famille et d’un couple, très touchant.

Juin 1940, les Allemands sont aux portes de Paris, le gouvernement est en retraite à Bordeaux, le Maréchal Pétain est plus que défaitiste et parmi eux, un homme veut absolument continuer le combat. Cet homme, c’est le Général Charles De Gaulle. Alors qu’il voit peu à peu les défaitistes et les ambitions du Maréchal Pétain gagner du terrain, le général prend peu à peu conscience que s’il veut que le France reste debout, il lui faut diriger ce qui s’appellera la résistance autre part…

Le Grand Charles ! Pour son quatrième film, Gabriel Le Bomin a décidé de consacrer un film à Charles de Gaulle et surtout, il a décidé de s’intéresser à un moment de sa vie. Un moment décisif. Ce moment, c’est sa prise de conscience, ce sentiment que s’il faut continuer le combat et résister à l’ennemi, face au défaitisme du Maréchal Pétain, il lui faudra partir et diriger d’ailleurs, chez les alliés anglais, mené par Winston Churchill. Avec « De Gaulle« , Gabriel Le Bomin s’intéresse plus particulièrement aux quinze jours qui ont précédé son appel du 18 Juin 1940. Ces quinze jours décisifs où énormément d’événements ont eu lieu.

Ecrit par Gabriel Le Bomin et Valérie Ranson Enguiale, avec qui il a déjà travaillé, « De Gaulle » est un film des plus intéressants dans ce qu’il raconte. Très documenté, s’appuyant sur des faits, cherchant à coller au plus juste aux événements, le film de Gabriel Le Bomin est aussi un métrage qui entre dans l’intimité du Général. Si le film brosse le portrait militaire et celui de l’homme qui embrasse son destin aussi bien par devoir que par conviction et certitude, Gabriel Le Bomin nous présente aussi un Général profondément amoureux, un mari et un père investi et inquiet. Un homme qui doit faire face à la guerre, à la résilience de son gouvernement, un homme qui doit porter l’espoir, et un homme partagé si l’on peut dire entre tout ceci et sa famille qu’il sait en danger. Bref, Gabriel Le Bomin peint un portrait plein de nuances, qui est incarné par un très grand Lambert Wilson. Des nuances que l’on retrouve aussi dans le portrait de sa femme Yvonne, divinement incarnée par Isabelle Carré. Puis derrière la guerre, derrière l’époque, derrière le courage et le devoir, Gabriel Le Bomin peint une très belle histoire d’amour entre deux êtres fait l’un pour l’autre. Des êtres qui se soutiennent, s’entraident, et jamais ne se jugent.

Face à cela, on restera alors un poil déçu que Gabriel Le Bomin nous livre qu’un bon film. Si « De Gaulle » est bon et intéressant, ce n’est pas non plus un film qui va être surprenant. S’il peut marquer les esprits, notamment pour ses portraits, ou encore la prise de conscience, il est vrai qu’il ne prend jamais de risque. Gabriel Le Bomin raconte très bien ces quelques jours, mais il leur manque un impact, une ambiance forte, une tension et plus largement, quelque chose qui nous ferait passer au stade passionnant. Les enjeux sont bons, le visuel est là, la reconstitution est là, mais l’ensemble est très sage, pour ne pas dire pépère. Après, si tous les films pouvaient aussi avoir cette gueule-là, ça serait génial, mais force est de constater que « De Gaulle » avait tous les ingrédients pour être un immense moment de cinéma et qu’il n’est jamais qu’un bon film (ce qui est déjà très bien et hautement recommandable).

« De Gaulle » reste donc un bon film, qui mérite tout à fait qu’on s’y arrête. Très bien raconté, livrant des portraits aussi intéressants qu’ils sont touchants, Gabriel Le Bomin fait bien plus que se rattraper, et même si son film manque d’impact et d’élément passionnants, il reste un moment de cinéma comme on aimerait en voir plus souvent.

Note : 14/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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