septembre 28, 2020

Le Cas Richard Jewell

Titre Original : Richard Jewell

De : Clint Eastwood

Avec Paul Walter Hauser, Sam Rockwell, Kathy Bates, Jon Hamm

Année: 2020

Pays: Etats-Unis

Genre: Drame

Résumé:

En 1996, Richard Jewell fait partie de l’équipe chargée de la sécurité des Jeux d’Atlanta. Il est l’un des premiers à alerter de la présence d’une bombe et à sauver des vies. Mais il se retrouve bientôt suspecté… de terrorisme, passant du statut de héros à celui d’homme le plus détesté des Etats-Unis. Il fut innocenté trois mois plus tard par le FBI mais sa réputation ne fut jamais complètement rétablie, sa santé étant endommagée par l’expérience.

Avis:

L’infatigable Clint Eastwood. M. Eastwood, c’est une certaine définition du cinéma à lui tout seul. Quand un film est estampillé Eastwood, on sait d’emblée qu’on va passer un bon moment de cinéma. Sur la décennie passée, ce bon vieux Clint nous a offert des hauts et des bas, mais après un vraiment pas terrible « Le 15h17 pour Paris« , il avait su bien terminer les années 2010 avec « La mule« .

Un tout petit peu plus d’un an après « La mule« , voici que le grand Clint est de retour sur nos écrans et cette fois-ci, il en a après les médias. Revenant sur un certain Richard Jewell, héros brisé de l’Amérique, Clint Eastwood nous livre-là un film fort dans tous les sens du terme. Puissant dans sa critique, puissant émotionnellement parlant, puissamment tenu par ses acteurs, « Le cas Richard Jewell« , en plus d’être un sacré coup de cœur, s’impose surtout comme le meilleur film de son réalisateur depuis « Gran Torino« , c’est dire !

Le 27 Juillet 1996, alors que la fête bat son plein, l’agent de sécurité Richard Jewell découvre un sac abandonné dans le parc du centenaire, face à la foule qui est là, pour écouter un concert. Il va alors suivre à la lettre la procédure dans ce cas-là, et alors que personne ne croyait à une bombe, ce fut bien le cas et cette dernière va exploser peu de temps après la découverte du sac. Le sens de la procédure et la simple découverte de ce sac par Jewell fait de lui un héros national, mais très vite, le dit héros est soupçonné par le FBI, puis par les médias, d’être le poseur de la bombe.

J’aime le cinéma de Clint Eastwood, mais il est vrai que ces dernières années, même si le réalisateur a su nous offrir de jolis moments de septième art, ses films, quand ces derniers étaient très bons, demeuraient simplement de bons moments de cinéma, ne trouvant jamais la puissance d’un « Impitoyable« , d’un « Mystic River« , d’un « Lettres d’Iwo Jima » ou encore d’un « Grand Torino« . Que ce soit « Sully« , « Jersey Boy » ou « J. Edgar« , il manquait quelque chose à ses films pour qu’ils s’envolent dans le panthéon de ce que Clint Eastwood aura fait de mieux. Et à force de bons films qui ne vont pas plus loin, je m’étais presque habitué à l’idée qu’on ne retrouverait plus de films puissants de la part de Clint Eastwood. Mais ça, c’était jusqu’à la surprise totale de ce « … cas Richard Jewell« , qui s’impose comme un très grand cru pour son metteur en scène.

Revenant sur les événements qui se sont déroulés pendant les Jeux olympiques de 1996 à Atlanta, pour son quarantième film en tant que réalisateur, Clint Eastwood nous offre un film qui à peu de chose près est parfait.

« Le cas Richard Jewell« , c’est un film qui est parfaitement maîtrisé, aussi bien dans son écriture que dans sa mise en scène, qui nous réserve des montées d’émotions qu’on n’avait pas vu dans le cinéma de Clint Eastwood depuis un sacré bout de temps.

Passionnant de bout en bout, « Le cas Richard Jewell » est un film qui aborde bien des sujets que Clint Eastwood chérit depuis des années. L’injustice et la justice, l’impact des médias, le film est d’ailleurs une grosse critique de ces derniers, présentant (peut-être de manière un peu caricatural) les journalistes comme des vautours avides de scoop, se cachant derrière leur profession pour justifier leurs actes et leurs écrits. Eastwood critique aussi l’arrogance des services de police, qui ont bien du mal à admettre une erreur. Le film aborde aussi la famille, l’amitié, la confiance en soi, et même s’il parle de l’amour du pays, ce « … cas Richard Jewell » se fait moins patriotique qu’à l’accoutumée. Solide et émouvant, intelligent et passionnant donc, ce cru 2020, dans ce qu’il nous raconte est, je le redis, quasi-parfait et l’on en ressort bouleversé.

Solide et passionnant, « Le cas Richard Jewell » l’est aussi dans sa mise en scène. Très simple pourtant, allant à l’essentiel, il nous offre des montées en tension parfaitement tenues. Cela faisait longtemps qu’on n’avait pas vu un Clint Eastwood aussi investi, un Clint Eastwood aussi riche. Que ce soit toute la montée en pression qui est mis en place avant l’attentat, que ce soit la découverte du personnage, ou encore le huis clos qui se tient quand les journalistes et le FBI se déchaînent, tout est bien fait, bien construit, bien imaginé. Tout ici est là pour avoir un impact sur l’histoire, sur la façon dont les personnages la vivent et la ressentent. « Le cas Richard Jewell » agace, bouscule et surtout, il nous prend émotionnellement parlant, et il le fait en évitant tout pathos. Bref, c’est du très beau cinéma.

Enfin, ce film, c’est aussi et surtout Paul Walter Hauser. Le comédien est parfait et porte presque tout le film sur ses épaules. Drôle, touchant, énigmatique, investi et bouleversant, l’acteur est une sacrée révélation ! Derrière, on trouvera une Kathy Bates bouleversante elle aussi, un Sam Rockwell parfait en avocat, une Olivia Wilde excellente en journaliste véreuse et un Jon Hamm toujours impeccable en agent du FBI tenace.

« Le cas Richard Jewell » se pose comme un grand Clint Eastwood, qui démontre qu’à quatre-vingt-neuf ans, le vieux Clint est encore capable de nous surprendre. Beau, terrible et bouleversant, ce film m’a fait passer par bien des émotions et ça faisait très longtemps que je n’avais pas ressenti tant de choses devant un film de Clint Eastwood et ça, ça fait du bien.

Note : 17/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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