Jinpa, un Conte Tibétain

Titre Original : Jinpa

De : Pema Tseden

Avec Jinpa, Genden Phuntsok, Sonam Wangmo

Année: 2020

Pays: Chine

Genre: Drame

Résumé:

Sur une route solitaire traversant les vastes plaines dénudées du Tibet, un camionneur qui avait écrasé un mouton par accident prend un jeune homme en stop. Au cours de la conversation qui s’engage entre eux, le chauffeur remarque que son nouvel ami a un poignard en argent attaché à la jambe et apprend que cet homme se prépare à tuer quelqu’un qui lui a fait du tort à un moment donné de sa vie. A l’instant où il dépose l’auto- stoppeur à un embranchement, le camionneur ne se doute aucunement que les brefs moments qu’ils ont partagés vont tout changer pour l’un comme pour l’autre et que leurs destins sont désormais imbriqués à jamais.

Avis :

Pema Tseden est un réalisateur sino-tibétain dont le parcours est assez particulier. Après des études à l’institut du nord pour les nationalités, Pema Tseden devient traducteur. Ayant passé son enfance et plus au Tibet, il officie comme traducteur tibétain/chinois. Ayant toujours été intéressé par le cinéma, il décide de se reconvertir et obtient une bourse à Pékin. Son premier film sortira en 2004 et depuis Pema Tseden n’a plus posé sa caméra.

Le cinéma asiatique, ça commence à faire pas mal d’années qu’on y est habitué, et même si tous les films asiatiques, et ici chinois, n’arrivent pas chez nous, nous avons le droit à pas mal de découvertes tous les ans. Mais qu’en est-il du cinéma tibétain ? Et bien il n’y a pas grand-chose. On peut même dire que ce cinéma est quasi nul dans sa visibilité. Alors quand un film tibétain arrive en salle et qu’en prime ce dernier est produit par Wong Kar Wai, cela a tendance à beaucoup trop piquer ma curiosité. Mais malheureusement, s’il y a des choses qui sont intéressantes dans ce « Jinpa, un conte Tibétain« , sur l’ensemble, le film est assez difficile d’accès et au-delà de ça, il est aussi un film ennuyant, où il ne se passe pas grand-chose et devant lequel on a du mal à s’accrocher aux personnages.

Sur les routes qui traversent les vastes plaines désertiques du Tibet, un camionneur renverse un mouton. Peu de temps après, ce camionneur prend en stop un homme et au cours de la conversation qui va suivre, il va apprendre que l’homme en question voyage pour retrouver et tuer un homme. Quand le camionneur dépose l’homme au poignard à un embranchement, il ne s’imaginait pas que son destin allait changer.

Voici un film bien étrange que ce « Jinpa, un conte Tibétain« . Pour son treizième film, Pema Tseden nous entraîne dans un film complexe dans son esthétique, mais aussi dans son intrigue.

« Jinpa, un conte Tibétain » est un film qui multiplie les styles et les genres. Road Trip, western, drame, comédie, Pema Tseden a bien des envies de cinéma et si on prend ses idées à part, ces dernières sont bonnes et au-delà de cela, il y a une ambiance assez fascinante qui se dégage de ce métrage. Il y a quelque chose de particulier, de très singulier, quelque chose qui relèverait presque de l’ordre du rêve, comme si ce qui nous était montré n’existait pas vraiment et de ce côté-là, le film de Pema Tseden est intéressant.

De plus, pour appuyer ce côté rêverie étrange, on notera la photographie, mélange de clair, obscur, ou encore le format quatre tiers qu’a choisi son réalisateur, qui là encore donne la sensation que ces personnages sont enfermés dans quelque chose, peut-être un rêve…

Avec ce film, on pourra aussi s’évader avec les plaines du Tibet, ou encore le quotidien de ces gens, de ce village, de ce petit restaurant perdu au beau milieu de nulle part. Puis il y a ces deux personnages qui, si l’on déplorera de ne rien connaître d’eux, visuellement, ils sont assez incroyables, arborant des looks fous et notamment le routier qui prête même à sourire à chaque fois qu’on le redécouvre. Car oui, on ne fait que le redécouvrir, tant il est bourré de petits détails. Et derrière ça, les deux comédiens qui tiennent ces personnages sont assez fascinants.

Mais voilà, face à ces bons éléments, « Jinpa, un conte Tibétain » est un film qui m’a clairement laissé sur le bas-côté de la route. C’est un film devant lequel j’ai eu beaucoup de mal à cerner de quoi il voulait me parler. Un peu comme un rêve qui n’a pas vraiment de sens, « Jinpa, un conte Tibétain » s’égare et ne raconte pas grand-chose. Le scénario, bien souvent, ouvre une piste et ne va pas s’engouffrer dans cette dernière. Non, il passe à autre chose, essaie autre chose, il explore le passé dans des séquences en noir et blanc, certes superbes, mais là encore, on a bien du mal à en saisir les tenants et les aboutissants. De plus, le film nous présente des personnages qui, s’ils sont assez fascinants à regarder, finalement, on ne les connaît pas. À aucun moment, le film nous les présente vraiment et on se retrouve à les suivre, détaché, attendant qu’ils deviennent attachants, mais là encore, ça n’arrive pas.

On ajoutera à cela que si le film tient de très jolis plans et des séquences qui tutoient souvent le sublime, « Jinpa, un conte Tibétain » est un film qui traîne en longueur. Pema Tseden laisse parcourir son film de silence entre ses personnages et ces derniers peuvent finir par peser.

Cette première incursion dans le cinéma Tibétain fut un très étrange moment de cinéma. Quelque part entre ennui et une certaine sorte de fascination, entre déception et voyage, « Jinpa, un conte Tibétain » est un film loin d’être évident. Pema Tseden conclut son film par un joli proverbe Tibétain et finalement, à la découverte de son proverbe, c’est peut-être une autre vision qui s’ouvre à nous, mais pour cela, il faudrait se replonger dans le film du metteur en scène Tibétain, et là, à l’instant, je me dis que ce n’est pas pour tout de suite.

Note : 07/20

Par Cinéted

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