octobre 26, 2020

La Vie Promise

De : Olivier Dahan

Avec Isabelle Huppert, Maud Forget, Pascal Greggory, André Marcon

Année: 2002

Pays: France

Genre : Drame

Résumé :

Sylvia, une jeune femme, se prostitue à Nice. Elle vit une relation douloureuse avec sa fille, Laurence. Forcées toutes les deux de prendre la fuite, elles se lancent dans une cavale, à la recherche du premier mari de Sylvia dont elle a eu un fils. Leur route croise celle de Joshua, un homme en liberté provisoire qui a choisi de ne pas retourner en prison.

Avis :

Olivier Dahan est un cas assez étrange dans le paysage du cinéma français, dans le sens où le réalisateur se traîne une mauvaise réputation, qui est plus que justifiée quand on jette un œil rapide à sa filmographie. Et pourtant, Olivier Dahan reste un réalisateur qui continue bon gré mal gré à faire des films, et surtout des films qui démontrent qu’il a de l’ambition. Pour ma part, je suis assez partagé quand je pense au cas d’Olivier Dahan, car s’il m’a trop souvent déçu, il demeure un réalisateur dont chaque projet me titille.

« La vie promise » est le quatrième film d’Olivier Dahan et c’est aussi et surtout son meilleur film à ce jour. Totalement méconnu, « La vie promise« , c’est une exception dans la filmographie d’Olivier Dahan. C’est un film qu’on range précieusement aux côtés de « My Own Love Song« , autre film signé Olivier Dahan qui est plutôt méconnu lui aussi. Sorte de road trip, tournant autour du thème de l’abandon et de la quête de soi, avec « La vie promise« , le réalisateur français nous livre-là un film beau, tendre et touchant. Un film à part qui, entre émotion et poésie, nous livre aussi une Isabelle Huppert sublimissime comme rarement on l’a vue. Bref, un petit bijou dans une carrière qui est loin de l’être.

À Nice, Sylvia, la quarantaine, se prostitue. Sylvia a une fille adolescente, Laurence, avec qui elle entretient une relation douloureuse, puisqu’elle l’a abandonnée très jeune. Un soir, alors que l’adolescente rendait une visite « surprise » à sa mère, un enchaînement de faits se met en route, ce qui pousse les deux femmes à fuir. Ne sachant quoi faire, Sylvia se met alors à la recherche de son premier mari, et alors qu’elle cherche comment se rendre chez cet homme, au gré des rencontres hasardeuses, finalement ce que Sylvia va trouver, c’est elle-même…

« La vie promise« , c’est le genre de petit film qui n’a rien d’exceptionnel et qui pourtant arrive à l’être. C’est le genre de petit film qu’on a déjà vu mille fois, et qui arrive toutefois à surprendre de par la poésie qui s’en dégage, de par les sentiments que le réalisateur a réussi à capturer ou encore par cette quête de soi, jolie, tendre et touchante.

« La vie promise« , ce sont deux éléments très forts qui surplombent tout le film d’Olivier Dahan. Plus que son scénario qui dans ses grandes lignes, est déjà vu, l’essence même du film, c’est le portait que dresse le réalisateur. Tenu par une Isabelle Huppert magistrale, « La vie promise« , c’est une quête de soi inconsciente. Très bien tenu avec beaucoup de subtilité, « La vie promise » nous fait découvrir Sylvia en même temps qu’elle-même. Parfois drôle, d’autres fois cruel, Olivier Dahan, au fur et à mesure de ses scènes, de ses dialogues, de ses rencontres, ne cesse d’approfondir son personnage et plus le film avance et plus l’on est touché par ce personnage si fragile et si perdu. En plus de très joliment peindre ce portrait, Olivier Dahan nous offre aussi une belle relation mère/fille qui se construit tout du long. Comment ne pas être touché par la saveur des nuances, des regards, des engueulades, et des retrouvailles que le film propose. On notera aussi un très joli rôle pour Pascal Greggory, qui incarne un détenu en liberté provisoire qui a décidé de ne pas retourner en prison.

L’autre très beau point de cette « … vie promise« , c’est assurément la mise en scène d’Olivier Dahan, peut-être sa plus belle, sa plus aboutie et surtout sa plus audacieuse. « La vie promise« , c’est un poème de tous les instants. Que ce soit dans la composition de ses plans et ses séquences, que ce soit dans ses silences, dans sa photographie qui ne cesse de surprendre, ou encore son montage, ou le choix des soundtracks qui accompagnent le film (Archive, John Lewis, Shelby Lynne, Debussy…), tout ici est beau, réfléchi et au-delà de ça, tout est surtout construit pour souligner ses personnages.

Après, il faut aussi savoir que « La vie promise » est sûrement le film le plus auteurisant de la carrière de son metteur en scène et que ce poème en forme de road trip entre une mère et sa fille ne plaira pas à tous. C’est un film qui demande un effort si l’on peut dire, pour entrer dedans, mais une fois qu’il vous a pris, si jamais il vous a pris, alors il ne vous lâchera pas, jusqu’à son final, aussi émouvant qu’il est mélancolique. Bref, « La vie promise« , c’est le bijou de la filmographie d’Olivier Dahan.

Note : 15/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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