Boris the Blade – Warpath

Avis :

L’Australie est un pays fort accueillant, avec ce qu’il faut d’incendies incontrôlables, de pluies diluviennes et de petites araignées mortelles qui prolifèrent. Bien évidemment, vu l’ambiance générale, les groupes qui sortent du lot ont une forte tendance à brailler fort et à lâcher des riffs assassins. Si les plus connus sont bien sûr AC/DC et leur rejeton de chez Airbourne, on sait aussi faire parler la poudre quand il faut évoquer le Metalcore ou le Deathcore. Et l’Australie héberge de bons énergumènes avec par exemple les ténors du genre Parkway Drive, et quelques autres petits groupes qui ont malheureusement bien du mal à exister. On pense à Bayharbour, qui s’est séparé assez rapidement, mais aussi à Boris the Blade. Derrière ce nom étrange qui fait référence à un personnage dans le film Snatch, se cache en fait un groupe de Deathcore qui fut fondé en 2010 et qui a sorti son premier album en 2014. L’accueil fut plutôt mitigé, mais il en fallait plus pour décourager le groupe de Melbourne qui trois ans plus tard revient avec Warpath, un second opus qui sera aussi le dernier pour la formation. En effet, après une dernière tournée, le groupe se sépare alors en Mai 2019. Un choix étrange, car si leur Deathcore n’est pas très original, il est propre et tabasse bien. Retour donc sur leur dernier album, qui signa leur arrêt…

Le skeud débute avec Warpath, titre éponyme de l’album. L’introduction est bien lourde, mélangeant habilement les riffs rapides et lourds avec une pointe d’électro l’espace de quelques secondes, pour ensuite livrer un véritable maelström de violence. Le message est clair avec Boris the Blade, on n’est pas là pour rigoler. Le chant est guttural, puissant, le batteur doit avoir des mollets de cycliste dopé pour faire marcher la double-pédale aussi vite, et l’ensemble ravage tout sur son passage. Alors oui, ce n’est pas original, c’est très formaté dans le cadre du Deathcore, mais c’est fait avec cœur et propreté. Backstabber nous le prouvera une fois de plus, le groupe souhaitant peaufiner son ambiance et son aspect bien glauque. Tout aussi violent que son aîné, le titre envoie du lourd et plombe bien l’ambiance avec quelques notes aériennes en fond. A noter que c’est le seul titre où l’on entendra un tout petit peu de chant clair, caché dans un pont qui sied à merveille à l’ambiance insalubre voulue. Misery ne fera pas dans la dentelle, offrant des riffs décousus au départ pour mieux nous briser la nuque sur un rythme effréné et d’une densité rare. Quant à Nihilist, il prendra plus le temps de poser sa structure, le chanteur susurrant ses paroles au départ pour mieux nous emballer par la suite, avec un rythme plus lent, mais plus lourd et qui laisse une sensation pesante durant tout le morceau. Omens marquera la fin de la première moitié de l’album et malheureusement, c’est un titre un peu bateau qui ne reste pas en mémoire et qui manque d’un petit quelque chose pour nous cueillir bien salement.

La seconde moitié de l’album débute avec Paralysed qui change complètement par rapport aux autres titres écoutés auparavant. Démarrant avec une mélodie toute douce à la guitare, qui restera tout du long en arrière-plan, ajoutant un aspect mélancolique inattendu, le groupe se lâche par la suite pour rester dans un Deathcore classique, mais puissant et exécuté avec une certaine maestria. Les amateurs apprécieront les aspects un peu Djent des riffs lourds qui frôle parfois le Mathcore. Thorns, un peu au même titre que Omens, manque d’originalité et se perd un peu dans la masse que nous offre le groupe. C’est bien fait, mais ça ne marque pas et ça manque d’une patte un peu plus personnelle. Devastator s’amuse avec des riffs improbables, lorgnant même sur une musique de jeu vidéo des années 90 qui aurait buggué. Mais hormis cette petite originalité, le groupe s’enferme ensuite dans une certaine redondance, dans un Deathcore un peu redondant, pas déplaisant, mais qui n’a pas vraiment de marque de fabrique. Elixir sera un morceau bien lourd, bien puissant, mais qui justement en oublie la mélodie pour n’aller que dans la violence. Enfin, Solace clôture l’ensemble d’une manière convenable, sans pour autant bouleverser nos esgourdes, restant dans une zone de confort qui semble convenir au groupe. Et c’est peut-être ça le problème de Boris the Blade, rester dans une certaine facilité de conception et en oublier de laisser une certaine empreinte, une identité propre. C’est bien fait, techniquement, c’est irréprochable, mais il manque vraiment au groupe une marque de fabrique.

Au final, Warpath, le dernier album du groupe, qui aurait pu résonner comme un chant du cygne si un EP n’avait pas vu le jour en 2019, est un bon moment pour qui aime le Deathcore. Très classique dans ce qu’il nous propose, le groupe se repose un peu sur ses lauriers et on aurait aimé un peu plus de variété, un peu plus de prise de risque pour prendre pleinement conscience de la puissance de la formation. Il est malheureusement maintenant trop tard pour le savoir, le groupe s’étant séparé et c’est tout de même bien dommage.

  • Warpath
  • Backstabber
  • Misery
  • Nihilist
  • Omens
  • Paralysed
  • Thorns
  • Devastator
  • Elixir
  • Solace

Note : 14/20

Par AqME

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Facebook : Lavisqteam.fr – Contact: lavisqteam@laposte.net