décembre 5, 2020

Mary’s Blood – Revenant

Avis :

Les femmes dans le métal est un sujet qui n’est absolument pas tabou, mais elles auront mis longtemps avant de faire leur entrée sur le devant de la scène. Musique brutale que l’on associe à la virilité, le métal est pourtant aussi une affaire de femmes et pas seulement dans le métal symphonique avec des groupes comme Nightwish ou Within Temptation. Ces groupes ont certainement ouvert la voie aux femmes dans le métal, mais maintenant, on les retrouve au sein de formations Death avec des voix de bonhomme qui vous font passer l’envie de vous moquer d’elles. Entre Arch Enemy, The Agonist, Jinjer, In This Moment et consorts, les femmes sont devenues une plus-value non négligeable au sein de la musique métal. Et chose nouvelle, on trouve maintenant des formations qui sont 100% féminines, mettant même à l’amende quelques groupes composés d’hommes. On peut citer comme cela les brésiliennes de chez Nervosa, mais aussi les japonaises de chez Mary’s Blood. Fondé en 2009 autour des anciennes membres de Destrose, Mary’s Blood mélange allègrement les genres et les langues pour parvenir à un Power Métal sympathique, parfois drôle, mais souvent incisif et technique. Revenant est le quatrième album du groupe et même s’il demeure agréable à l’écoute, une chose ne passe pas, la sensation d’entendre à chaque fois le générique d’un animé.

Le skeud débute pourtant de la meilleure des façons avec World’s End. Dense dans son intro, puissant dans le choix des riffs et grandiloquent dans l’orchestration, le morceau ne baisse jamais de rythme et même dans le refrain, la batteuse doit faire de gros efforts pour continuer de taper sur ses fûts. Le seul problème, et qui va revenir sans cesse dans cet album, c’est la sensation d’entendre bien souvent des génériques d’animés. Certes, cela est certainement dû à la langue, mais aussi au rythme et à cette sensation d’assister à des titres calibrés et presque générique. Tsuki Yomi, qui arrive juste après, a des relents un peu plus Heavy, voire même Thrash par moments, mais dès que la chanteuse entame le chant, on nage en plein délire fantasy et on voit défiler dans notre subconscient des images de Dragon Ball ou de Naruto. Cela est aussi la faute à un refrain trop pop, trop facile et qui manque de mordant, même s’il permet à la mélodie de repartir de plus belle sur le deuxième couplet. On aura aussi droit à un titre qui va manquer de souffle à cause d’une promesse non tenue. It’s Alright débute avec un beat surpuissant qui donne envie de sauter dans tous les sens, mais ce ne sera pas le cas et le refrain tombe dans de la J-Pop du plus mauvais goût, avec une chanteuse qui pousse sa voix jusqu’à chanter faux et c’est moche. Believe me redressera un peu la barre malgré son manque évident de mordant. Et On The Rocks sera un hommage à ce bon vieux Hard des familles à la AC/DC mais ce sera terriblement surjoué et donc un peu pénible à l’écoute.

Alors ce n’est pas la faute de faire varié, et il faut saluer le groupe pour cela, qui prend des risques et propose des titres dans des genres différents, mais c’est tellement surjoué que cela en devient presque insupportable. Rolling Start est un morceau qui fait écho au Hard des années 70/80 et ce n’est pas vraiment original. Rajoutons à cela une langue qui se prête mal au métal et on obtient un résultat mitigé, étonnant, mais aussi assez lassant. Halcyon Days sera la ballade de l’album, ce qui prouve bien que le groupe enfile un peu des perles et se contente du minimum syndical, tout en essayant de varier les plaisirs. En fait, cela a beau être diversifié, ça reste dans des codes connus et ce n’est pas novateur pour un sou. Reste alors Megami no Sabaki – Death Queen’s March, qui a un vrai potentiel métal. Le titre possède une vraie atmosphère, une bonne construction et monte crescendo. D’autant plus que le japonais et la voix de la chanteuse collent parfaitement à cet exercice plus grandiloquent et plus maîtrisé par le groupe. Il s’agit-là du meilleur titre de l’album et on en vient à regretter que le groupe n’ait pas fourni plus de titres comme celui-ci. Parce que la suite, ce n’est pas reluisant. R.I.P. est un titre punk dans l’âme mais qui manque cruellement d’idées. Say Love est un titre plus pop rock qui sent la guimauve avec un refrain à moitié en anglais qui ne tient pas la route. Et Take a Chance est le summum du J-Rock, lorgnant du côté de Dragonforce pour le rythme, mais tout cela manque d’impact et de poids. Bref, ça reste du survolage.

Au final, Revenant, le quatrième album de Mary’s Blood, est une légère déception. Sorte de Power Métal japonais qui brasse divers styles et genres, l’album manque de mordant, et ce n’est pas parce que ça bouffe à tous les râteliers que c’est forcément bien. Sortant quasiment un album par an, il serait bien que le groupe se calme sur les sorties et soigne plus ses albums, essayant de construire un univers plus cohérent et de fournir des titres plus travaillés et non pas des sortes d’hommage à tout ce qu’elles aiment. Bref, si ce n’est pas mauvais, ce n’est pas non plus la panacée…

  • World’s End
  • Tsuki Yomi
  • It’s Alright
  • Believe Me
  • On the Rocks
  • Rolling Start
  • Halcyon Days
  • Megami no Sabaki – Death Queen’s March
  • R.I.P.
  • Say Love
  • Take a Chance

Note: 11/20

https://www.youtube.com/watch?v=Mn0FOxbqCis

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.