L’Ombre du Vampire

Titre Original : Shadow of the Vampire

De: E. Elias Merhige

Avec John Malkovich, Willem Dafoe, Cary Elwes, Eddie Izzard

Année: 2000

Pays: Etats-Unis, Angleterre, Luxembourg

Genre : Drame, Horreur

Résumé :

1921, quelque part en Europe de l’Est, le réalisateur allemand Friedrich Wilhelm Murnau tourne « Nosferatu », un film de vampires inspiré du « Dracula » de Bram Stoker. Il fait appel à Max Schreck pour tenir le rôle principal, celui du terrifiant comte Orlock. Les membres de l’équipe du film, menés par le génial démiurge, se prêtent de plus ou moins bonne grâce aux étranges facéties de Schreck.

Avis :

E. Elias Merhige est un réalisateur américain qui est apparu et qui a disparu tout aussi vite. Venant du clip, il traverse d’ailleurs les années 80 et 90 dans cet univers, on notera pour ses plus connus qu’il a fait quelques clips pour le chanteur Marilyn Manson. Puis à la fin des années 90, E. Elias Merhige se voit la chance de faire un premier film, « L’ombre du vampire« . Si le film passe quelque peu inaperçu, E. Elias Merhige réalisera toutefois un deuxième film, « Suspect Zero » et ce sera tout. Le réalisateur refera quelques clips et courts-métrages, mais peu à peu, il va disparaître et l’on n’aura plus de nouvelles.

Pour son premier film donc, E. Elias Merhige a décidé de s’arrêter sur un sujet qui est aussi intéressant qu’il est assez difficile, voire même casse-gueule, puisque le cinéaste américain a décidé de parler du tournage du plus que culte « Nosferatu » de Murnau. Tenu par John Malkovich et un Willem Dafoe incroyables, « L’ombre du vampire » est un film aussi intéressant qu’il est amusant. Mais reste la condition d’avoir vu le film de Friedrich Wilhelm Murnau et d’avoir un peu de second degré.

1921, alors que le réalisateur allemand Friedrich Wilhelm Murnau se voit refuser les droits d’adapter « Dracula« , il se lance alors dans son propre Dracula, qui sera Nosferatu. Après quelques prises à Berlin, Murnau et son équipe se déplacent en Tchécoslovaquie dans un petit village et c’est là que Murnau fait entrer en scène Max Schreck, un comédien trouvé sur place. C’est lui qui tiendra le rôle du vampire. Très vite, sa présence sur le plateau de tournage gêne et commence alors un étrange sentiment, et si Max Schreck était un véritable vampire ?

Il y a des films qui sont tombés dans l’oubli presque instantanément et malheureusement « L’ombre du vampire » est dans ce cas-là et c’est bien dommage. Plutôt mal reçu, pas vraiment aimé, le premier film de E. Elias Merhige est une étrangeté qui mérite qu’on s’arrête sur elle.

Basé sur un récit de tournage de Murnau lui-même, « L’ombre du vampire » se base sur la légende selon laquelle l’acteur qui incarnait Nosferatu était un véritable vampire et avec cette idée-là, E. Elias Merhige va donc donner naissance à un film qui amuse de par le malaise que l’acteur provoque sur le plateau, ainsi que toutes les étrangetés qui se seraient déroulées pendant le tournage de ce film.

Bien avant le scénario qui est intéressant, la première chose qui me frappe à la découverte du film de E. Elias Merhige, c’est sa réalisation. Si cette dernière à quelques soucis de rythme, il n’en demeure pas moins qu’elle est intéressante, parce qu’elle sait parfaitement employer et surtout conjuguer cinéma contemporain et cinéma muet. « L’ombre du vampire« , c’est une plongée dans la construction d’un film, dans ses idées et ses envies et E. Elias Merhige a très bien su passer d’un style à l’autre, de la couleur au noir et blanc, de l’hommage à la déclaration d’amour, et ceci plus cela fait que son film a un charme fou, qui touche parfois à la poésie. « L’ombre du vampire » est plaisant à suivre pour le plaisir des yeux, plusieurs cadres d’ailleurs sont incroyables, notamment quand le cinéaste s’arrête sur son acteur principal, mais en plus de cela, « L’ombre du vampire » est un plaisir de découverte, pour son histoire, son tournage, son culte et son surprenant humour.

Partant sur l’idée que son acteur est un véritable vampire, derrière tout le sérieux que peut développer le film, il y a un second degré assez génial qui s’élève de l’ensemble de l’œuvre. Si certains pourront être agacés par les drôleries qui s’échappent du film, E. Elias Merhige tient parfaitement son cap, sachant où il veut aller et personnellement, j’avoue avoir beaucoup apprécié cette idée et son humour. Un humour qui est aussi apporté par un Willem Dafoe qui s’en donne à cœur dans le rôle de l’acteur vampirisé (ou non). D’ailleurs, malgré la présence d’acteurs aussi connus que John Malkovich, Udo Kier, Gary Elwes, ou Catherine McCormack, on ne voit et l’on ne retient que Willem Dafoe, qui pour le coup, malgré l’échec du film, reçu plusieurs de récompenses toutes plus méritées les unes que les autres.

Amusant et très intéressant, amoureux tout en n’en faisant pas trop, oscillant entre le drame et la comédie absurde, tenu pas un acteur bluffant de bout en bout, pour son premier film, E. Elias Merhige n’a pas choisi la facilité et ça s’est vu, puisque vingt ans après sa sortie, « L’ombre du vampire » est quasi anonyme et c’est bien dommage, car on passe un bon moment devant et il nous donne envie de revoir (ou découvrir peut-être) le « Nosferatu » de Murnau. Il est donc bien dommage qu’il reste dans l’ombre…

Note : 15/20

Par Cinéted

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