octobre 30, 2020

Bad Boys

De : Michael Bay

Avec Martin Lawrence, Will Smith, Tchéky Karyo, Téa Leoni

Année: 1995

Pays: Etats-Unis

Genre: Action

Résumé:

Si Mike Lowrey est un séducteur invétéré, héritier d’une fortune et policier par passion, son collègue et ami Marcus Burnett est un homme rangé, marié et père de famille. Leur amitié ne les empêche pas d’avoir des méthodes parfaitement différentes. Mais la disparition de cent kilos d’héroïne, dérobés dans les locaux mêmes de la brigade des stups, va leur faire oublier leur concept sur la façon d’exercer leur métier, pour se lancer à la poursuite des voleurs.

Avis:

Si aujourd’hui tout le monde connait Michael Bay grâce à ses super productions explosives (Transformers, Rock, Armageddon, Pearl Harbor), au milieu des années 90, il était encore un jeune premier inconnu du grand public. Alors qu’il sort d’une sorte de documentaire sur le groupe de métal Meat Loaf, il enchaine avec Bad Boys, un buddy movie doté d’un budget de 23 millions de dollars et qui met en avant un duo qui va devenir culte, Martin Lawrence, alors en pleine ascension, et Will Smith, lui aussi jeune nouveau dans le domaine du cinéma. Si personne n’aurait pu prédire l’engouement autour de ce film, le public va pourtant se ruer en masse dans les salles, permettant alors de faire de grosses recettes, 140 millions à l’internationale, et de lancer, sans le vouloir, une licence de cinéma. Une licence qui va tout de même prendre du temps à sortir, puisque le deuxième volet verra le jour huit ans plus tard, et que ce n’est qu’en 2020 qu’un troisième opus va arriver sur les grands écrans, sans Michael Bay derrière la caméra. Mais revenons plutôt à nos moutons, et à ce premier film, premier d’une licence, mais aussi premier d’un réalisateur qui va se lâcher par la suite, en atteste son imbuvable 6 Underground sur Netflix. Pourtant, avec Bad Boys, le cinéaste fait preuve de retenue, livrant un film assez classique, mais qui a un joli cadre et qui pose les jalons d’un réalisateur qui aime les feux d’artifice.

Le film démarre en nous présentant les deux personnages principaux. On va y découvrir un Mike relativement riche, qui explique qu’il a reçu un héritage et que c’est pour cela qu’il roule en Porsche. Son partenaire, Marcus, est un père de famille qui essaye de conjuguer son travail avec sa femme et ses trois enfants, mais ce n’est pas toujours facile, surtout qu’il est un peu maladroit. En faisant comme cela, Michael Bay s’assure une certaine adhésion de la part du public envers son duo. Il permet de les voir se chamailler et de s’entraider lors d’un carjacking qui tourne mal pour les méchants. On va vite ressentir de l’empathie pour ces deux compères qui sont un peu en dehors des clous et qui ont parfois la gâchette facile. Si c’est très malin dans la façon de faire, le scénario quant à lui ne vole pas bien haut. Des malfrats vont voler de l’héroïne au sein même de la brigade des stupéfiants et l’enquête va se transformer en vengeance personnelle pour Mike qui va perdre sa meilleure amie. Une façon de montrer que malgré la richesse et l’égo du bonhomme, il éprouve aussi des sentiments envers des gens qui ne sont pas de sa catégorie sociale. Et lorsque une femme est prise pour cible par les malfrats car elle a été témoin du meurtre, il va falloir la protéger tout en lui soutirant des informations pour retrouver ce gang si violent.

Le script est relativement simple et finalement, ce qui importe le plus dans ce premier film, c’est que l’on s’attache aux personnages, tout du moins à ce duo improbable, qui s’aime profondément, mais qui ont aussi de nombreux différends. Bien évidemment, ces disputes donneront lieu à des séquences assez drôles, et à des quiproquos plutôt loufoques. Michael Bay le sait bien, il faut divertir le public en lui proposant de l’action, de jolies femmes et de l’humour parfois un peu en-dessous de la ceinture. Un tel scénario va lui permettre alors de faire mumuse avec ses personnages, et de créer des situations qui jouent constamment sur l’identité du duo et les différences de caractère. Tout comme il joue avec l’amour de Marcus pour sa femme, qu’il craint plus que tout, ou encore avec cette jeune femme prise pour cible, qui semble parfois totalement désintéressée par ce qui lui arrive. Si l’humour est parfois un peu lourd, voire grotesque, Michael Bay arrive à bien le distiller dans son métrage, de telle sorte que les scènes d’action ne soient pas dénaturées par des moments cocasses qui dédramatisent l’ensemble. C’est plutôt bien dosé et on pourra craindre pour les protagonistes, notamment sur la fusillade finale, bien maîtrisée et totalement lisible.

Cependant, si le film demeure assez réussi et plutôt plaisant même 25 ans plus tard, il possède aussi ses petits défauts. Et chose étonnante pour un film de Michael Bay, c’est le rythme qui a pris un petit coup dans l’aile. Si l’action est présente, c’est surtout sur la fin du métrage, lors de la bataille finale, et quelques fois quand il y a une course-poursuite ou une petite fusillade. C’est peu de choses, et le film s’évertue à placer les protagonistes dans des situations gênantes, tout en essayant, parfois, de faire avancer l’intrigue. Une intrigue qui piétine beaucoup car le film s’attarde beaucoup trop sur le quiproquo entre Marcus et la fille secourue, mettant ainsi en danger sa relation avec sa femme. Si l’humour est présent, il n’est pas un moteur pour l’action et encore moins pour l’intrigue. Ensuite, le métrage a certes le charme des années 90, mais les personnages secondaires sont vraiment inintéressants. Tchéky Karyo en bad guy (il est en pleine période thriller d’action dans lesquels il ronronne gentiment) n’est pas vraiment crédible et il n’a aucun background. S’il demeure assez cruel et sans cœur, il lui manque de l’épaisseur pour en faire un vrai méchant culte. Il en va de même avec la belle Tea Leoni, qui campe une ingénue pénible qui aurait pu avoir un rôle dans les autres films, mais son rôle est tellement anecdotique qu’il n’en sera rien. Fort heureusement, Will Smith et Martin Lawrence forment un bon duo, qui nous rendrait presque nostalgique aujourd’hui.

Au final, Bad Boys, le premier film de Michael Bay qui donnera lieu à une vraie licence, est un buddy movie relativement classique qui vaut le coup d’œil pour son duo d’acteur et pour un final explosif parfaitement maîtrisé. Mais entre un rythme assez lent et une intrigue qui manque de profondeur, on voit bien les limites d’un tel projet, qui va prendre de l’ampleur par la suite. De ce fait, et malgré les points faibles, Bad Boys reste un film sympathique, à l’ambiance chaude et à la bonne humeur communicative, ce qui est déjà pas si mal.

Note: 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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