Le Temps d’un Week-End

Titre Original : Scent of a Woman

De: Martin Brest

Avec Al Pacino, Chris O’Donnell, James Rebhorn, Gabrielle Anwar

Année : 1993

Pays : Etats-Unis

Genre : Drame

Résumé :

Charles, un étudiant aspirant à entrer à Harvard, accepte un petit boulot comme garde pour personne handicapée. Il est chargé de s’occuper du retraité colonel Slade, devenu aveugle, mais qui est surtout un homme irascible et associable. Pourtant, Charles découvre vite que Slade est un véritable homme à femmes qui les choisit à l’odorat mais qu’il cache surtout une terrible souffrance.

Avis :

Martin Brest, dans les années 80/90, était un des réalisateurs qu’on aimait suivre de très près, tant ce dernier avait réussi à nous amuser et à nous toucher en même temps. Il faut dire que sa filmographie parle pour lui, « Le flic de Beverly Hills« , « Midnight Run » ou encore « Rencontre avec Joe Black » furent de sacrés moments de cinéma. Après avoir passé les années 80 à nous divertir, Martin Brest entre dans les années 90 avec un changement de cap, celui de l’émotion. Il va alors ressortir deux films, « Rencontre avec Joe Black » en 1999 et ce très beau « Le temps d’un week-end« , film qui verra offrir de manière méritée l’Oscar du meilleur acteur pour Al Pacino, qui est tout simplement magistral ici.

Émouvant, subtil, juste, attachant, ce cinquième film pour Martin Brest est une très belle réussite, doublée de l’un de ses meilleurs métrages. « Le temps d’un week-end« , c’est deux heures et demi de film qu’on ne voit pas passer. Mieux encore, c’est deux heures et demi de film qu’on aurait bien aimé ne pas voir s’arrêter finalement, tant Martin Brest nous bouleverse avec cette rencontre aussi facile qu’elle est évidente. Bref, « Le temps d’un week-end » est un petit bijou qui fait du bien.

Charles est un étudiant qui fait ses études au Lycée de Blair. Venant d’une famille peu aisée, Charles doit travailler en parallèle, et c’est ainsi qu’il se retrouve, le temps d’un week-end, à s’occuper de d’un vieux colonel à la retraite, le Colonel Slade. Cet homme est dur, froid et aigri, surtout depuis qu’il a perdu la vue, mais pourtant, très vite, le courant passe entre les deux hommes et bientôt, le Colonel Slade propose à Charles de passer le week-end à New York. Enfin, il lui propose, c’est un bien grand mot, car il ne lui laisse pas vraiment le choix…

« Le temps d’un week-end« , c’est le beau film par excellence. C’est le film Hollywoodien juste, simple, fragile, touchant et divertissant, comme on aimerait en voir plus souvent. Je ne savais pas grand-chose, en me lançant dans ce « … temps d’un week-end« , si ce n’est q’Al Pacino y jouait un aveugle et qu’il avait décroché un Oscar pour cette prestation. Oscar amplement mérité tant Pacino transcende son personnage.

La première chose qui me frappe à la pensée de ce film, c’est la beauté et la simplicité de cette histoire et de cette rencontre. Si l’on regarde bien, « Le temps d’un week-end« , c’est un scénario assez simple qui n’apporte que peu de surprises dans l’ensemble. L’intrigue est presque cousue de fil blanc, et pourtant, malgré tout ça, le film fonctionne à merveille, car il sait créer des moments de cinéma merveilleux (le tango, la scène de la Ferrari, un retour dans une chambre, et ce final !), en plus de tenir des personnages beaux et intéressants. Le film de Martin Brest est parcouru de scènes magiques où tout se conjugue à merveille, séquence, mise en scène, acteur, BO, tout est distillé avec justesse. Martin Brest sait comment nous toucher avec cette histoire, qu’il pose quelque part entre drame et humour, entre voyage initiatique et quête existentielle. Bref, dans un sens, « Le temps d’un week-end » réussit de la plus belle des manières tout ce qu’il entreprend. On ajoutera qu’à travers cette histoire, le film aborde de beaux sujets, notamment l’acceptation d’un handicap et comment le dépasser, ou encore la morale et le sens de cette dernière.

Du côté de la mise en scène, si le rythme est très bon, si le film est impeccablement filmé et si le divertissement est au rendez-vous, « Le temps d’un week-end » est un film qui doit avoir tendance à « se bonifier » avec les années, dans le sens où il s’en dégage indiscutablement ce charme ravageur que certains films des années 90 peuvent avoir. Certes, l’ensemble est classique mais ça ne l’empêche pas de dégager un joli caractère, et surtout ça ne l’empêche pas de nous entraîner et nous tenir.

Enfin, il est vrai qu’au-dessus de toutes les qualités que le film peut avoir, « Le temps d’un week-end« , c’est avant tout Al Pacino dans un rôle qui lui est taillé sur mesure. Pacino est incroyable, fabuleux et surtout, il est bouleversant dans la peau de cet homme de carrure qui cache plus qu’une fragilité finalement. Pacino m’a fait vibrer et il m’a tenu en émotion pendant tout le film. En face de lui, le jeune Chris O’Connell tient bien la route et il se dégage une belle alchimie dans ce duo. Ensemble, ils sont aussi drôles qu’ils sont touchants et on adore les suivre dans ces errances new-yorkaises. On notera de petits rôles pour de tout jeunes Philippe Seymour Hoffman, Ron Eldart, Frances Conroy ou encore Bradley Whitford.

Classique mais magnifique, « Le temps d’un week-end » est une sacrée belle découverte. Indiscutablement parmi les meilleurs films de Martin Brest, je n’ai absolument pas vu passer ces deux heures et demi et c’est avec un soupçon d’impatience que j’ai déjà envie de m’y replonger. C’est dire !

Note : 16/20

Par Cinéted

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