Le Saboteur – Paul Kix

Auteur : Paul Kix

Editeur : Le Cherche-Midi

Genre : Historique

Résumé :

L’histoire d’un héros français : quand la réalité dépasse la fiction !
Juin 1940. Robert de La Rochefoucauld a 16 ans lorsque l’Allemagne nazie envahit la France. Farouchement décidé à défendre son pays, il gagne Londres, y rencontre le général de Gaulle avant d’être recruté par la branche action des services secrets anglais. Après un entraînement commando, il est parachuté en France. Multipliant les fausses identités, il y accomplit de nombreuses missions, il est capturé à plusieurs reprises par les Allemands, s’évade à chaque fois, dans des conditions souvent rocambolesques. À partir de centaines d’heures d’entretiens, de recherches inédites dans les dossiers officiels, Paul Kix a reconstitué la vie romanesque et palpitante de ce héros peu ordinaire. Avec un sens de l’intrigue et de la construction digne des plus grands romanciers, il nous offre ici un document exceptionnel qui se lit comme un véritable thriller.

Avis :

Le saboteur raconte une histoire vraie, celle de Robert de La Rochefoucauld, une figure de la résistance française. Le roman prend les allures d’un documentaire historique et nous plonge dans ces années difficiles, lors desquelles être résistant n’avait rien de glorieux, bien au contraire. Souvent mal aimés, décriés, ils n’avaient pas forcément les moyens nécessaires pour accomplir toutes leurs bonnes idées. Le saboteur se souvient de ces Hommes qui ont combattu dans l’ombre et rend un bel hommage à ces nombreux défenseurs de la Nation.

Les premières pages nous transportent au sein du quotidien de Robert lorsqu’il était tout jeune. On le suit, ainsi que sa famille, dans les premiers instants de l’invasion du pays par les nazis. L’auteur alimente cette partie de dialogues bien écrits, de scènes émouvantes et de descriptions précises qui démontrent toutes les recherches effectuées pour rendre compte aux lecteurs de l’atmosphère de l’époque terrifiante. Et c’est réussi. On se prend au jeu, et on tremble avec les personnages, de rage de voir leur liberté ainsi souillée.

Par la suite, quand Robert quitte ses proches, le roman change de ton et s’appuie davantage sur des descriptions que sur de la narration, ce qui est dommage. En effet, le récit perd un peu de son intérêt en termes d’intrigues, et s’appuie seulement sur l’Histoire. Bien que cela reste un roman historique, la partie romanesque a autant la part belle que le côté historique. L’auteur nous inonde d’anecdotes et d’explications sur chacun des personnages croisés par Robert, et cela devient lourd quand, après la mention du général Intel par exemple, la suite de la rencontre ne reprend qu’après plusieurs pages d’explications sur ce personnage.

Ce parti pris coupe complètement le rythme et ne permet pas au lecteur de rester immergé dans l’action. Il se détache ainsi du personnage principal et ne le suit plus que comme un simple observateur, sans empathie ou émoi. Le suspense s’évapore également, et seule reste l’Histoire envahissante, qui ne semble plus laisser place à une autre histoire plus intime. L’auteur supprime même les dialogues qui rendaient le texte vivant, et préfère les voix passives où la personnalité de Robert ne parvient plus à se faire une place. On a l’impression de lire un documentaire plutôt qu’un roman historique, ce qui est quelque part un gâchis, surtout quand on sait que cela avait pourtant très bien commencé.

Les acteurs de ce roman appartiennent tous à l’Histoire, et on ressent la difficulté des choix de l’auteur quant au fait de devoir choisir de s’appesantir ou non sur telle ou telle figure authentique. Même si les données et chiffres sur la guerre restent aussi poignants qu’intéressants, et même si les multiples lignes de présentation des acteurs de la guerre constituent de belles biographies, ces passages manquent d’émotions. De plus, ils sont rarement utiles à l’intrigue, qui pourrait très bien se passer des anecdotes de tous ces personnages, notamment quand on en croise certains seulement pendant un unique chapitre.

La lecture s’allonge inutilement et perd en sens. Le saboteur ne rend plus seulement hommage à Robert mais à tous les résistants, ainsi qu’à tous ceux ayant combattu sur tous les fronts. Bien que le message soit noble et la cause prenante, le titre du livre ne se retrouve plus dans les pages du récit. Robert apparaît effectivement parfois rarement, à l’instar d’autres figures marquantes qui prennent le relais, le temps qu’il retrouve sa place d’héros principal après coup.

Le rythme décousu a du mal à prendre, et seuls les lecteurs les plus curieux et les plus fascinés par la seconde guerre mondiale s’y retrouveront certainement. Pour les autres, simplement curieux de découvrir la figure du gentleman qui a défié les nazis, ils en ressortiront probablement déçus, déçus de ne savoir finalement pas décrire ce personnage qu’ils ont suivi au fil des pages, qui est devenu une figure perdue au sein d’un amas empli de nombreuses autres personnalités, qui lui échappent tout autant.

Le saboteur rend tout de même bien compte du climat ambiant et des enjeux de la guerre, comme de la mortalité qui a touché les pays, ou de la souffrance des citoyens et des soldats. L’auteur nous donne l’occasion de revivre cette période dramatique, et rétablit la vérité sur certains faits encore sombres de notre Histoire. Il est dommage que le roman perde en substance, pour devenir un documentaire sans âme.

Note : 09/20

Par Lildrille

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Facebook : Lavisqteam.fr – Contact: lavisqteam@laposte.net