octobre 24, 2020

7 Weeks – Sisyphus

Avis :

En mythologie, le mythe de Sisyphe, cet homme condamné à pousser une pierre au sommet d’une montagne, d’où elle finissait toujours par retombée, est l’exemple même de la résilience face à l’adversité et à l’éternel commencement. Et de la résilience, il en fallu au groupe 7 Weeks qui a failli tout arrêter en 2016, lassé par les problèmes de label et de line-up. Une remise en cause compréhensible mais qui aurait laissé un vide car 7 Weeks est la meilleure chose qui nous soit arrivé de Limoges avec l’équipe de basket reconnue et la porcelaine. Formé en 2006, le groupe sort un an après B(l)ack Days, premier EP solide montrant de belles dispositions. En 2009, c’est le premier album All Channels Off qui déboule avec pour influences Queens Of The Stone Age, Foo Fighters ou encore le Metallica de Load et Re-Load, impressionnant de maturité et condensé de bombes comme All Channels Off, Submarine, On the Run ou encore Whisper (Dig The Ground). Ne faisant rien comme tout le monde, 7 Weeks enchaine avec l’album le plus couillu, le plus audacieux et original de 2011 : une BO alternative du Mort-Vivant (Dead of Night), film d’horreur sorti en 1974. En 2013, ils sortent Carnivora, retour à un stoner séminal et hyper efficace. L’EP Bends sorti un an plus tard marque une parenthèse plus rock avant le quatrième album A Farewell to Dawn qui marque une nouvelle évolution dans le style du groupe.

Après quatre ans d’attente et d’incertitude, 7 Weeks revient tel un phénix ; un groupe marqué par les embûches mais prêt à en découdre. Autour du noyau dur historique du groupe composé de Julien Bernard le chanteur et bassiste et du batteur Jérémy Cantin-Gaucher, deux membres ont rejoint l’aventure, à savoir le guitariste Fred Mariolle et le claviériste-guitariste PH Marin. L’apport de ce dernier est non négligeable et fait de Sisyphus un nouveau marqueur dans la discographie des limougeauds. Dès les premières notes de Gone, on a l’impression de redécouvrir 7 Weeks. Un titre plus solaire, aux riffs tout en légèreté qui donne son ton à l’album, tout comme Idols riche en nuances, soulignant le savoir-faire du batteur comme le timbre de voix chaleureux du chanteur (même constat pour le superbe Magnificent Loser). Solar Ride, morceau énergique sonne comme la cavalcade dans l’espace d’un mec qui chevaucherait une fusée. C’est jouissif, efficace en diable, communicatif, ça donne envie de bouger la nuque et le combo américain Monster Magnet n’aurait pas renié ce morceau. Sisyphus, plus mélancolique et émouvant, met en relief la résilience du groupe. Avec Breathe, on ressent l’influence de Queens of the Stone Age et ce titre, par son architecture, n’aurait pas dépareillé sur l’album Songs for the Deaf. Le rentre-dedans Insomniac et le bluesy The Crying River avec son petit riff de guitare bien senti (et son refrain qui reste en tête) mettent en avant les sonorités abrasives bien fuzzy.  667-Off termine Sisyphus avec un bouquet final grandiose et varié semblant résumer toute la carrière de 7 Weeks.

Au terme des 36 minutes, comme un réflexe, on active le mode repeat de manière compulsive, encore et encore. Comme une évidence. Habitué à nous livrer des pépites, 7 Weeks nous offre avec Sisyphus une œuvre magistrale, passionnante de bout en bout, riche et généreuse en diable, marquée par une profonde détermination décuplée par les années de galère. Alors, on s’assoie, on écoute, on met les gaz tout droit vers l’horizon, et surtout on ne s’arrête pas.

  • Gone
  • Idols
  • Solar Ride
  • Sisyphus
  • Magnificent Loser
  • Breathe
  • Insomniac
  • The Crying River
  • 667-Off

Note : 19/20

Par Nikkö

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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