avril 15, 2021

Jojo Rabbit – Taika Wainazi

De : Taika Waititi

Avec Roman Griffin Davis, Thomasin McKenzie, Scarlett Johansson, Taika Waititi

Année : 2020

Pays : Etats-Unis

Genre : Guerre, Comédie, Drame

Résumé :

Jojo est un petit allemand solitaire. Sa vision du monde est mise à l’épreuve quand il découvre que sa mère cache une jeune fille juive dans leur grenier. Avec la seule aide de son ami aussi grotesque qu’imaginaire, Adolf Hitler, Jojo va devoir faire face à son nationalisme aveugle.

Avis :

Réalisateur néo-zélandais, Taika Waititi s’est peu à peu imposé comme l’un des réalisateurs les plus en vue d’Hollywood. Après avoir peu à peu réussi à s’imposer comme un cinéaste à part, Taika Waititi surprend tout le monde en 2017 en réalisant « Thor Ragnarok« , film qui proposait enfin quelque chose de neuf au sein du Marvel Cinematic Universe.

Entre deux films « Thor« , puisque c’est lui qui réalisera « Thor: Love And Thunder » qui sortira en 2021, Taika Waititi s’est arrêté sur la Seconde Guerre mondiale avec un film qui laissait entrevoir une comédie survoltée et totalement décalée. Avec « Jojo Rabbit« , Taika Waititi nous entraîne au plus près d’un enfant éduqué par la haine que les adultes lui ont insufflé. Si le film se pose comme une comédie dans un premier temps, le cinéaste néo-zélandais nous entraîne avant tout dans un beau drame parsemé de comédie. Quelque part entre « Le Dictateur » de Chaplin et « Moonrise Kingdom » d’Anderson, Taika Waititi pose un ovni beau, tendre, triste, sombre et plein d’espoir. Bref, un très joli coup de cœur qui n’a pas encore fini de distiller toutes ses nuances.

Jojo, dix ans, participe aux camps de formation pour devenir un parfait petit soldat du IIIème Reich, mais malheureusement pour lui, cette aventure va très vite se finir après l’explosion d’une grenade. Même si Jojo ne pourra plus être soldat, il continue à adorer la croix gammée et Adolf Hitler, qu’il voit d’ailleurs en ami imaginaire. Jojo se propose comme bénévole auprès de la mission locale. Un matin, tous ses amours pour le IIIème Reich vont être mis à mal, quand Jojo découvre que sa mère cache une Juive dans les murs de la chambre de sa défunte sœur.

En allant voir « Jojo Rabbit« , le nouveau film de Taika Waititi, je m’attendais à voir une comédie folle, et c’est devant un très joli drame teinté de comédie que je me suis retrouvé pour mon plus grand bonheur et la surprise, tout comme les émotions, furent de taille.

« Jojo Rabbit« , c’est l’histoire d’un enfant élevé à la haine, qui va finalement s’ouvrir. Ce qui est magnifique avec « Jojo Rabbit« , c’est le parti pris de son réalisateur, c’est-à-dire de nous entraîner dans la Seconde Guerre mondiale à travers le regard d’un enfant de dix ans. Ainsi, à travers ce regard, la guerre et toute la propagande qui est faite par l’armée allemande prennent une autre dimension. Avec ce postulat, Taika Waititi nous entraîne dans un film aux confins de l’imaginaire, un film qui s’avère autant totalement déjanté et absurde dans sa première partie, qu’intelligent et touchant dans sa deuxième.

« Jojo Rabbit« , c’est tout d’abord une qualité d’écriture sublime. Une écriture pleine d’invention, de suggestion, de subtilité et de profondeur. C’est bien simple, le film n’a pas fini de distiller toutes ses merveilles et l’on prend le pari que le film de Taika Waititi se laissera redécouvrir encore et encore au fur et à mesure des visionnages qu’on fera de lui.

Si l’on se marre bien devant les touches d’humour que le réalisateur injecte dans son récit, il est vrai que l’essentiel du film se joue dans sa deuxième partie, à partir du moment où notre Jojo découvre cette petite fille dans les murs de sa maison. Sans en faire trop, sans tomber dans la lourdeur d’une leçon de morale, même si le film délivre un beau message important et actuel, l’ignorance amène bien souvent à l’intolérance, Taika Waititi nous livre tout simplement un film juste, qui fait côtoyer fun et drame dans son sujet, ses personnages et plus largement son histoire.

Avec « Jojo Rabbit« , encore une fois Taika Waititi démontre qu’il a beaucoup d’idées et surtout qu’il est un grand réalisateur, capable d’offrir un film qui conjugue l’absurde aux émotions, qui arrive à offrir de l’humour, du déjanté, tout en ne tombant jamais dans la vulgarité ou le trop. « Jojo Rabbit« , c’est un film qui sait quand il doit être drôle, et quand il doit être plus dans la retenue pour créer une émotion et surtout offrir le drame à hauteur d’enfant qu’on n’avait pas vu venir. Plusieurs scènes d’ailleurs ne sont pas prêtes de quitter nos esprits, tant Taika Waititi a su, en un instant, retourner son film et nos émotions par la même occasion.

« Jojo Rabbit« , c’est aussi un très joli casting, tenu principalement par le jeune Roman Griffin Davis qui est tout simplement bluffant de justesse pour son jeune âge. Si Taika Waititi est hilarant en Führer imaginaire, si Scarlett Johansson est merveilleuse et tient même dans son film l’un des plus jolies scènes de sa carrière, si Sam Rockwell, Alfie Allen et Rebel Wilson composent un trio hilarant, si la jeune Thomasin McKenzie est très touchante, ce jeune garçon, dont c’est le premier rôle, bluffe, étonne, et au-delà de ça, finit par bouleverser.

Pour son sixième film, Taika Waititi revient là où on ne l’attendait pas et il fait des merveilles. S’il fallait oser en rire des jeunesses Hitlériennes, si « Jojo Rabbit » laissait entrevoir une comédie absurde et déjantée, Taika Waititi nous livre surtout un beau drame, qui fut un moment de cinéma intelligent et surtout très touchant. Bravo.

Note : 17/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.