octobre 29, 2020

Les Traducteurs – Inferno

De : Régis Roinsard

Avec Lambert Wilson, Olga Kurylenko, Eduardo Noriega, Riccardo Scamarcio

Année: 2020

Pays: France

Genre: Thriller

Résumé:

Isolés dans une luxueuse demeure sans aucun contact possible avec l’extérieur, neuf traducteurs sont rassemblés pour traduire le dernier tome d’un des plus grands succès de la littérature mondiale. Mais lorsque les dix premières pages du roman sont publiées sur internet et qu’un pirate menace de dévoiler la suite si on ne lui verse pas une rançon colossale, une question devient obsédante : d’où vient la fuite ?

Avis :

Régis Roinsard a fait une entrée très remarquée dans le monde du cinéma en 2012 avec son premier film, l’excellent « Populaire« . Mais depuis ce film, on n’avait plus de nouvelles du réalisateur. En fait, ce dernier, après avoir fait le tour du monde pour la promotion de son film, est tombé sur un sujet qui l’a passionné. Tombant sur plusieurs articles qui abordaient le fait que pour la traduction d’ »Inferno » de Dan Brown, plusieurs traducteurs avaient été enfermés dans un bunker, Régis Roinsnard s’est dit qu’il y avait peut-être matière à faire quelque chose. Il lui aura fallu presque sept ans pour écrire, et peaufiner cette histoire.

Après la comédie « Populaire« , Régis Roinsard brise enfin le silence dans lequel il s’était enfermé et il nous revient en ce début d’année avec un film qui s’aventure dans un multi-genre. A la fois thriller, film d’arnaque, huis clos, et plus encore, « Les traducteurs » fait partie des films que j’attendais le plus en ce début 2020 et même si le film manque parfois de subtilité, il a une façon de s’amuser avec son spectateur qui passionne et surtout qui nous tient en suspens jusqu’à sa dernière révélation.

Dedalus tome 3 est le roman qui est le plus attendu de l’année. Enfin, après des années, tous les lecteurs et fans de l’œuvre vont enfin avoir le fin mot de cette histoire. Comme l’évènement est grand, Eric Angstrom, l’éditeur, a vu les choses en plus grand, et pour que le livre puisse sortir en même temps, partout dans le monde, il a loué un manoir dans lequel se trouve un bunker et il a engagé neuf traducteurs, pour un travail de traduction simultané. Les conditions sont extrêmes, et tout est mis en œuvre pour qu’aucune fuite n’arrive et pourtant, après trois semaines d’enfermement, les dix premières pages du livre fuitent sur Internet. Et pire encore, un chantage se met en place. Comment est-ce possible ? L’un des traducteurs est forcément le coupable, mais lequel ?

L’idée de base est terrible, neuf traducteurs enfermés, un roman à traduire, dix pages qui fuitent et tout le monde devient suspect. Franchement, comment ne pas avoir envie de jeter un coup d’œil à ces « … traducteurs« , surtout quand on sait qu’on retrouve Régis Roinsard à la réalisation. À la sortie de ma séance, je dois dire que je n’ai pas été déçu, tant Régis Roinsard livre-là un film brillant, malgré ses défauts.

Car oui, avant de m’arrêter sur ses très nombreuses qualités, « Les traducteurs » est un film qui tient quelques petits défauts et autres maladresses. Le défaut principal de l’œuvre, c’est qu’elle manque parfois de subtilité dans le sens où certains passages quand le film fait du flashback sont assez lourds. Je parle notamment d’un petit morceau, peu avant un rebondissement, qui résume tout ce qui vient de se passer pendant la première heure et quart du film. On se demande ce que ce petit bout de cinéma vient faire ici. Le film a bien aussi quelques petites maladresses qui laissent deviner un ou deux éléments, mais au fond, face au reste du métrage, c’est finalement peu de chose. Car oui, le reste des « … traducteurs » est impeccable.

Le premier élément qui frappe, c’est l’idée de ce film et derrière celle-ci, c’est la qualité de son scénario, qui ne cesse de nous surprendre. Maîtrisant son histoire de bout en bout, étant très bien pensé, malgré les petites maladresses qui jalonnent le film, Régis Roinsard s’amuse avec nous, nous emportant sur de fausses pistes, révélant des éléments essentiels en milieu de métrage, ce qui provoque des ascenseurs émotionnels, passant d’un registre à l’autre, abordant aussi bien le thriller oppressant que le huis clos tendu, passant du film d’arnaque à un rebondissement absolument brillant qui fait basculer l’intrigue dans une autre dimension, « Les traducteurs« , en termes d’intrigue et de cinéma finalement, est un pied monstre.

En plus de ce scénario qui nous tient, « Les traducteurs » est aussi un film qui aborde les questions de l’œuvre, du droit de regard des traducteurs, sont-ils des co-auteurs quand ils se lancent dans un travail d’adaptation ? Le film questionne aussi sur jusqu’où peut-on aller pour garder une confidentialité. Jusqu’où peut-on protéger une œuvre. Que peut-on accepter en termes de condition de travail, comme ici, se faire enfermer sans aucun lien avec le monde extérieur. Bref, en plus de son suspens, « Les traducteurs » a un petit fond qui n’est pas déplaisant.

Côté mise en scène, Régis Roinsard nous offre un thriller tendu, qui sait parfaitement où aller et comment tenir jusqu’au bout. Si le montage manque parfois de subtilité, et si on aurait aimé une ambiance plus forte sur certains instants, avec ce film, Régis Roinsard confirme qu’il est un réalisateur de talent et d’ambition, et surtout qu’on pourra compter sur lui dans les années à venir (avec une petite touche d’espoir qu’il ne mette pas autant de temps à revenir sur nos écrans de cinéma).

Enfin, « Les traducteurs« , c’est une ouverture sur le monde avec un casting international parfaitement choisi. Que ce soit Lambert Wilson, Olga Kurylenko, Ricardo Scamarcio, Alex Lawther, Sidse Babett Knudsen, Eduardo Noriega, Maria Leite, Sara Giraudeau, Frédéric Chau, tous sont excellents, tous tiennent des personnages qui apportent quelque chose et tous arrivent à créer un mystère, et un suspens autour d’eux.

Il aura fallu l’attendre ce deuxième long-métrage de Régis Roinsard et franchement l’attente valait le coup. Original, tendu, prenant, bien pensé, même si le film est imparfait, il n’en reste pas moins un sacré bon moment de cinéma français qui mérite un succès.

Note : 15/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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