décembre 2, 2020

L’Esprit de Famille – Fantôme à la Masse

De : Eric Besnard

Avec Guillaume de Tonquédec, François Berléand, Josiane Balasko, Isabelle Carré

Année : 2020

Pays : France

Genre : Comédie

Résumé :

Alexandre s’embrouille une nouvelle fois avec son père Jacques. A priori, il ne devrait pas, car ce dernier vient de décéder, mais Jacques, ou plutôt son esprit, est bien là, à râler à ses côtés. Et comme Alexandre est le seul à le voir et donc à lui parler, sa mère, sa femme et son frère commencent à s’inquiéter de son étrange comportement.

Avis :

Eric Besnard est un réalisateur dont j’apprécié plutôt le cinéma. Même s’il n’a jamais été un très grand réalisateur, il demeure un cinéaste qui arrive sans mal sur ces derniers projets à capturer une tendresse et une humanité qu’il retranscrit dans de jolies petites histoires. Si l’on prend les films qu’il nous a offerts pendant la dernière décennie, alors on peut être amusé par le couple Balasko/Jugnot dans « Mes héros« , et l’on sera touché magnifiquement par son dernier « Le goût des merveilles » qui reste à ce jour le petit bijou du cinéaste.

Il est parfois difficile de passer à autre chose quand on a livré le meilleur, et c’est ce qui vient d’arriver au réalisateur Eric Besnard qui avait surpris tout le monde il y a cinq ans de cela avec « Le goût des merveilles« . Depuis ce petit bijou, on n’avait plus de nouvelles du cinéaste. Puis, il y a un bon mois de cela, une bande-annonce est tombée, officialisant le retour d’Eric Besnard.

Revenant donc avec une comédie familiale, « L’esprit de famille » est un film qui laissait entrevoir déjà une déception, tant celui-ci ne serait pas aussi touchant, malgré son sujet intéressant, que le précédent film d’Eric Besnard. Mais qu’importe, appréciant son cinéma, je suis donc entré en salle confiant, et c’est bel et bien une déception que j’ai trouvé là.

Alexandre, la quarantaine, est un homme terne qui a bien du mal à communiquer avec les siens, enfin, c’est l’impression qu’il donnait. C’est bien simple, à écouter les siens, on a toujours l’impression de l’ennuyer. Un jour, alors que son père essaie de lui parler, ce dernier ne l’écoute pas, plongé dans son travail et alors que rien ne laissait supposer le décès imminent du patriarche, celui-ci s’écroule. Coupable, affecté, pour ne pas dire détruit, Alexandre se met alors après l’enterrement à voir le fantôme de son père partout et tout le temps. Une question survient alors, comment s’en défaire ?

Quelle déception que cet « … esprit de famille« . Pour son sixième film, Eric Besnard a décidé de s’aventurer dans la comédie fantastique, et il avait là de la matière pour nous livrer un petit bout de cinéma aussi drôle que touchant dans un sa réflexion, car si l’on résume le film à son extrême, le réalisateur a choisi de nous parler d’un fils qui n’arrive pas à dire au revoir à son père et quoi de plus touchant que cette base-là. Et d’ailleurs, sur cette stricte ligne, « L’esprit de famille » est plutôt touchant. Le regard que pose Guillaume de Tonquédec est joli, et son évolution est certes très classique et sans surprise, mais à sa manière, elle est jolie et touchante.

Mais malheureusement pour nous et pour cette histoire, « L’esprit de famille« , c’est plus que cette trame, enfin, c’est surtout un film qui tient plus de personnages que ces deux-là et si, le film explore de belles pistes quand il s’arrête sur le deuil, il faut dire qu’entre comédie et drame, le réalisateur s’embourbe les pieds et il ne sait pas vraiment quoi faire et comment faire avec ces personnages. On se retrouve donc avec de petites saynètes qui se veulent drôles, amusantes et décalées, mais finalement, elles viennent surtout gâcher les fêtes, car assez souvent, le film tombe dans le ridicule, ou encore l’inconsistance, puisque l’on se demande ce que tout ceci vient faire dans tout cela. On ira même jusqu’à parler de personnages insupportables, tant ces derniers sont à la ramasse (si quelqu’un a compris le personnage tenu par Marie-Julie Baup, on attend des explications, car c’était gênant…).

Si le film réserve bien des moments touchants pour ses personnages, le regret d’un frère, le sentiment d’être seul ou encore cet amour absolu d’une veuve, sur l’ensemble, malgré les bons comédiens qui les incarnent, le film ne fonctionne pas vraiment et l’on se retrouve à attendre d’être enfin emporté. Ce constat est tellement dommage, car avec la matière et l’idée que le film avait au départ, on aurait pu avoir un vrai bon film, qui oscillerait entre drame et cinéma fantastique, mais Eric Besnard n’en fait rien, ou très peu.

Après, tout n’est pas raté non plus. Comme toujours chez Besnard, c’est superbement filmé, même si l’ensemble est très classique et n’offre rien de neuf. Le film a un bon rythme, et même si l’on n’adhère pas à ces personnages, il n’empêche qu’on ne s’ennuie pas vraiment. L’ennui est aussi repoussé grâce à ces comédiens qui demeurent bons. Ok, ils ont des personnages qui ont tendance être agaçants, ou vides, mais les acteurs en eux même sont bons, et l’on trouve notamment dans les surprises, un très bon Jérémy Lopez, qui tient peut-être, après de Tonquédec, le meilleur personnage du métrage.

Entre qualités et beaucoup de défauts, le nouveau film d’Eric Besnard peine à convaincre. Le réalisateur nous revenait avec un thème et un genre intéressant et si par moments son film est chouette, bien souvent, il s’enlise tout seul, car ses personnages ne sont pas fournis et surtout ils donnent la sensation qu’Eric Besnard s’est dit qu’avec des personnages décalés, ça ferait son film. Malheureusement non et c’est bien dommage.

Note : 08/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.