octobre 29, 2020

Les Nouvelles Aventures de Sabrina Partie 3

D’Après une Idée de : Roberto Aguirre-Sacasa

Avec Kiernan Shipka, Ross Lynch, Miranda Otto, Lucy Davis

Pays: Etats-Unis

Nombre d’Episodes: 8

Genre: Fantastique

Résumé:

Un nouveau chapitre glaçant commence alors que Sabrina s’aventure un peu plus dans l’univers obscur et impitoyable de la sorcellerie.

Avis:

Ce démarrage de saison deux ne s’annonce malheureusement pas aussi réjouissant que celui de la saison un. Effectivement, l’intrigue principale de cette partie trois souffre d’incohérences et de facilités scénaristiques, qui nous détachent complètement de la série, à des moments pourtant clés. De plus, la toute dernière scène manque d’éléments pour que le spectateur comprenne réellement l’impact, de ce qui est en train de se dérouler sous ses yeux. Les hurlements finaux ne nous donnent ainsi aucun frisson particulier, étant donné que nous ne comprenons pas quel mal a été libéré. Au contraire d’autres passages, qui fournissent plus d’informations que nécessaire, appuyant sur des points visionnés seulement quelques minutes auparavant. Les rares flashbacks effectués sont maladroits, et n’apportent rien au téléspectateur. Bien qu’utiles pour les personnages dont il est question, ils auraient mérité d’être mieux amenés pour s’intégrer à l’histoire. Le thème de la chute de Lucifer reste bien exploité et, bien que le scénario ne soit pas à la hauteur, d’autres éléments le sont.

Certains personnages changent pour prendre plus de place. Le personnage de Nick, par exemple, suit une évolution plutôt captivante. Dans ces nouveaux épisodes, on le retrouve changé, meurtri, brisé de l’intérieur à cause de la présence de Lucifer qui a outrepassé les limites de son intimité. Il se perd dans les méandres des drogues et de l’alcool, accompagné par un Dorian Gray moins éblouissant, mais toujours aussi égoïste et vicieux. Bien que l’idée de cette déchéance soit cohérente et crédible, elle manque de profondeur pour que l’on y adhère complètement. En effet, la série appuie davantage sur sa liaison avec Sabrina au lieu d’exacerber ses souffrances infernales, ce qui aurait été plus incisif, et nous aurait montré un personnage aussi sombre que l’ambiance glauque de la série.

Sabrina reste finalement égale à elle-même, même si ce début de saison deux la montre telle qu’elle est véritablement. La sorcière trompe son monde, du début à la fin, et s’avère avide de pouvoir. Le trône des Enfers lui fait de l’œil, au point qu’une partie d’elle en oublie ses amis et sa famille. Le personnage subit lui-aussi une évolution intéressante, qui est cependant vite mise à mal par une boucle temporelle incompréhensible finale, qui renverse complètement la donne. Cette facilité scénaristique déçoit.

Le dernier stratagème ourdi par Sabrina reste original. La série se clôt sur un message positif, qui met la famille au centre de tout, et qui s’aligne avec ce que l’on connaissait déjà sur les Spellman, sans que les scénaristes ne prennent beaucoup de risques. Les intérêts du coven se voient également mis au premier plan. La sous-intrigue concernant leur culte constitue des passages de qualité, entre perte de pouvoir, réunion de sorcières à travers le monde, chasse à l’homme et rites traditionnels, les femmes de pouvoir nous subjuguent par leurs charismes. Il est dommage que les sorcières appelées à la rescousse soient finalement aussi peu utiles, si ce n’est la pratiquante du vaudou, dont les danses et les paroles emplissent les derniers épisodes d’une atmosphère mystique.

Cette partie trois comporte de multiples chansons, et donnent une impression de « trop », notamment quand les scènes associées s’avèrent peu passionnantes. Celles lors des rites traditionnels passent mieux, étant donné que le chant constitue également une partie du rituel. Le thème de la pom-pom girl, repris par le poster officiel, n’est que peu ou mal exploité, même si cela nous transporte dans le quotidien d’une lycéenne américaine. Une des scènes finales essaie de nous émouvoir en utilisant des pom-pom girls que l’on connaît à peine, et cela ne fonctionne pas très bien. C’est dommage. On ne sent pas emportés dans le tourbillon de la danse, et la série n’installe pas vraiment de suspense. On sait, dès les premières images, que la saison se terminera bien. Cela ne pouvait en être autrement.

Comme la dernière saison, Les nouvelles aventures de Sabrina allient vie adolescente et monde des ténèbres. L’alliance continue de fonctionner, même si les histoires de cœur se multiplient de manière incessante dans cette nouvelle partie. Harvey et Rosie rencontrent quelques problèmes, notamment après un sortilège lié à Aphrodite ; Théo fait la connaissance d’un garçon timide et ouvert d’esprit, aux secrets aussi mignons que ses mimiques, mais peu exploité, et Sabrina et Nick se disputent régulièrement. Les problèmes adolescents prennent le pas sur l’histoire lors de certains épisodes, et peuvent finir par lasser certains téléspectateurs qui souhaitent plus d’action et d’avancée dans l’histoire.

Les épreuves que doit accomplir Sabrina pour accéder au trône constituent des instants où le suspense reste présent. On ne sait pas si la jeune fille l’emportera sur son nouvel ennemi démoniaque Caliban, maléfique d’entrée, mais qui perd en charisme au fur et à mesure des épisodes, pour rebondir enfin lors des dernières minutes. Personnage assez décevant au final, même s’il prend de l’ampleur aux ultimes instants. Ces épreuves nous font voyager, dans le temps et dans l’espace, et offrent de beaux paysages, comme des monstres efficaces.

En termes de voyages, les premiers épisodes s’avèrent bien réalisés, quand nous devons suivre Ambrose et sa compagne démoniaque alors qu’ils pourchassent le père de cette dernière. Le passage en Ecosse apporte une fraîcheur bienvenue, notamment à cause des pierres levées, et des costumes traditionnels portés par les acteurs. De plus, on assiste à un rituel étonnant, lié à des divinités de l’eau, et à propos desquelles on ne sait rien. On retrouve également Judas et Judith sous une forme étonnante. Ces deux enfants auraient mérité plus de place dans la série.

Certains objets servent plus d’une fois dans la série, pour ne plus servir, puis pour se voir utiliser à nouveau, quand les explications données restent bancales. Ces usages répétitifs perdent de leur intérêt à la longue, surtout lorsque le premier usage s’était montré original. Le spectateur se montre las de constater que ce sont toujours les mêmes solutions qui sont envisagées. L’originalité s’efface.

Au niveau des sortilèges, le même problème se retrouve. Leurs usages, parfois en latin, parfois en langue contemporaine, s’avèrent toujours fonctionner, n’étonnant plus du tout le téléspectateur, qui ne s’inquiète plus de rien, alors que les personnages doutent de leurs propres stratagèmes. Le spectateur est complètement déconnecté, alors que l’ambiance sombre reste plaisante, avec des personnages comme Hilda et Zelda qui tiennent la route.

Les nouvelles aventures de Sabrina perdent quelque peu de leur saveur. Il est à espérer que la suite se montrera plus dynamique, plus noire encore, en continuant d’utiliser le monde des Enfers et ses rouages, qu’un seul épisode met en avant dans ce début de saison, rappelant des séries comme Dead like me. Le personnage de Sabrina est de qualité, comme l’actrice qui la joue. On lit dans ses yeux toute sa noirceur, comme sa candeur. Espérons que la prochaine intrigue principale soit plus captivante, même si l’univers de la fête foraine fait toujours son effet.

Note : 12/20

Par Lildrille

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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