septembre 22, 2020

Le Conte de la Princesse Kaguya

Titre Original : Kaguya-Hime no Monogatari

De: Isao Takahata

Avec les Voix Originales de Aki Asakura, Kengo Kora, Takeo Chii, Nobuko Miyamoto

Année : 2014

Pays : Japon

Genre : Animation

Résumé :

Adapté d’un conte populaire japonais « Le couper de bambou », un des textes fondateurs de la littérature japonaise, Kaguya, « la princesse lumineuse », est découverte dans la tige d’un bambou par des paysans. Elle devient très vite une magnifique jeune femme que les plus grands princes convoitent : ceux-ci vont devoir relever d’impossibles défis dans l’espoir d’obtenir sa main.

Avis :

Ce qui est assez étonnant dans le milieu de l’animation japonaise et particulièrement quand on s’arrête sur les studios Ghibli, c’est que trop souvent, on pense à Hayao Miyazaki. Bon, il faut dire que Miyazaki a une sacrée filmographie et pourtant il n’est pas seul chez Ghibli et alors que ses films sont très souvent plébiscités et qu’il est considéré comme l’un des plus grands maîtres de l’animation japonaise, le nom de Isao Takahata est bien moins connu et c’est dommage, car tout comme Miyazaki, sa filmographie regorge de merveilles. Il se trouve aussi que le nom de Isao Takahata est moins connu car le cinéaste est moins prolifique que son compère, d’ailleurs, entre « Mes voisins les Yamada » et ce film-là, il s’est écoulé pas moins de quatorze ans et Takahata n’a plus fait de films depuis.

Si bien souvent quand on pense au cinéma de Isao Takahata, on pense au culte « Le tombeau des lucioles« , il est bien dommage de ne pas penser d’emblée à ce « … conte de la Princesse Kaguya« , car le film de Takahata se pose comme l’un des plus beaux chefs-d’œuvre de son réalisateur et même des Ghibli. Fou, incroyable visuellement parlant, beau, fort, intense, poétique, « Le conte de la Princesse Kaguya » est une merveille qui vous fend le cœur en deux. En adaptant ce conte de la culture japonaise, Isao Takahata livre là un chef-d’œuvre qui s’impose de minutes en minutes ! Bref, je me suis pris une sacrée claque et j’ai adoré ça.

Un matin, un paysan japonais trouve dans la jeune pousse d’un bambou une petite fille qui ressemble à une petite princesse. Le paysan va alors l’élever comme sa propre fille, puis alors que la jeune princesse grandit plus vite que la moyenne des autres enfants, le paysan découvre le but de sa venue, et des présents qui lui ont été offerts au travers des bambous. Le paysan doit faire de sa fille une princesse que tous les nobles voudraient connaître et dont ils tomberaient amoureux. Après avoir fait construire une belle demeure dans Tokyo, cinq nobles se présentent à la princesse, qu’on appelle aujourd’hui Kaguya.

Les mots manquent pour dire à quel point ce « … conte de la Princesse Kaguya » fut une expérience de cinéma unique en son genre. Peu de films peuvent se vanter de n’avoir rien à se reprocher et le dernier-né d’Isao Takahata peut prétendre à cette très haute distinction haut la main.

Que ce soit dans ce qu’il nous raconte, ou comment il nous le raconte, le réalisateur japonais a absolument tout compris et remplit toutes les cases pour que son film scintille comme le plus beau des chefs-d’œuvre.

L’intrigue qu’il nous raconte est un petit bijou d’histoire et d’émotion. Alors que le film d’Isao Takahata fait presque deux heures vingt, ce qui en fait le plus long film des Studios Ghibli, Takahata jamais ne nous ennuie ou ne nous perd, bien au contraire. Ce conte plein de poésie et de drame est hypnotique. Une fois commencé, une fois pris dans cette histoire, il est impossible d’en décrocher, tant le film est enivrant, tant son histoire est aussi belle qu’elle est tragique. Toujours utile, toujours en train de s’enrichir et de développer l’univers, Isao Takahata sait parfaitement ce qu’il veut et surtout comment nous le faire ressentir.

Ce qui est magnifique avec ce film, c’est qu’il nous présente un conte japonais et à travers ce conte, c’est aussi le Japon à cette époque-là dont le film parle. Puis à travers cette histoire, on suit une jeune fille qui essaie tant bien que mal de s’émanciper, qui s’oppose à la vie qu’on s’est imaginé pour elle. Et le tout est livré entre drame, voire tragique et humour, ce qui fait du bien.

Si le film est du point de vue scénaristique formidable, il l’est tout autant dans son image, dans sa mise en scène flamboyante, ou encore la poétique redoutable qui se dégage de l’œuvre. Très différent de ce que propose Ghibli habituellement, Isao Takahata prend des risques et ose l’aquarelle animée et c’est tout simplement renversant du début à la fin. Que dire, si ce n’est qu’on reste subjugué par la beauté et le caractère du spectacle. Le film imprègne même notre esprit avec des scènes, des moments, des montées en puissance qui nous collent la chair de poule et nous humidifient les yeux comme rarement. La fin fut d’ailleurs assez rude à regarder, tant toutes les émotions ressenties pendant le film se bousculent en nous. Le voyage et le spectacle sont aussi sensoriels avec une BO signée Joe Hisaishi. Là encore, c’est somptueux, les notes du compositeur accompagnent et soulignent parfaitement le film.

Enfin, « Le conte de la Princesse Kaguya« , ce sont des personnages magiques, féeriques, et en même temps très humains. Même si le conte est souligné de mystère, de mystique, de légende, le film d’Isao Takahata veut surtout s’arrêter sur le côté humain de ses personnages. Sur leur façon d’exister, sur leur façon d’aimer et croire. Bref, les personnages sont tous magnifiques et tous intéressants.

Chef-d’œuvre incroyable, claque puissante qui m’a déchirée le cœur, le dernier film d’Isao Takahata est une merveille de sa première à sa dernière scène. Poétique, fantastique, terrible, extraordinaire, envoûtant… Bref comme je le disais, les mots me manquent pour exprimer à quel point « Le conte de la Princesse Kaguya » fut un chamboulement et l’une des plus belles séances de cinéma que j’ai pu vivre !

Note : 20/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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