septembre 22, 2020

Je Voudrais que Quelqu’un m’Attende Quelque Part – Chronique de Famille

De : Arnaud Viard

Avec Jean-Paul Rouve, Alice Taglioni, Benjamin Lavernhe, Camille Rowe

Année : 2020

Pays : France

Genre : Drame, Romance

Résumé :

Dans la belle maison familiale, à la fin de l’été, Aurore fête ses 70 ans, entourée de ses 4 enfants, tous venus pour l’occasion. Il y a là Jean-Pierre, l’aîné, qui a endossé le rôle de chef de famille après la mort de son père ; Juliette, enceinte de son premier enfant à 40 ans et qui rêve encore de devenir écrivain ; Margaux, l’artiste radicale de la famille, et Mathieu, 30 ans, angoissé de séduire la jolie Sarah.
Plus tard, un jour, l’un d’eux va prendre une décision qui changera leur vie…

Avis :

Comédien, Arnaud Viard est de ces acteurs qui ont une petite carrière, mais qu’on ne connaît pas forcément. Il débute dans les années 90, il est dirigé par la crème du cinéma français, Robert Hossein, Patrice Chéreau, Tonie Marshall, Jean-Pierre Améris, Étienne ChatiliezArnaud Viard passe à la réalisation au milieu des années 90 et après trois courts-métrages, il livre un sublime premier film, « Clara et moi« . Depuis, Arnaud Viard navigue entre le métier de comédien et celui de réalisateur. « Je voudrais que quelqu’un m’attente quelque part » est son troisième film.

Pour son troisième film donc, Arnaud Viard a décidé d’adapter des nouvelles d’Anna Gavalda qui furent réunies dans son premier livre publié. « Je voudrais que quelqu’un m’attente quelque part » est un film qui tenait à cœur à son réalisateur et il est la résultante de dix années de travail. Film inégal sur bien des points, il n’en reste pas moins que le récit de cette presque vie normale est touchant, voire plus pour les plus sensibles. En une heure et demi, Arnaud Viard, malgré de petites maladresses, nous fait passer du rire aux larmes et l’on quitte la salle avec le cœur lourd, les yeux humides, mais surtout avec la sensation d’avoir passé un joli moment de cinéma.

C’est la fin de l’été et Aurore fête ses soixante-dix ans entourée de ces quatre enfants. Ces enfants, c’est Jean-Pierre, l’aîné, qui est vu comme le chef de la famille depuis la mort de leur père. Il y a Juliette, la quarantaine, qui se rêve écrivaine. Ensuite, il y a Margaux, qui elle veut être photographe et elle est l’artiste rebelle de la famille. Et enfin, il y a Benjamin, le petit dernier, trente ans, qui rêve de séduire l’un de ses collègues. Tous mènent une vie paisible, cherchant simplement à être heureux et pourtant parmi eux, l’un ne va pas bien…

« Je voudrais que quelqu’un m’attente quelque part« , derrière ce titre interminable, se cache un film qui dresse de manière humaine et sublime le portrait et surtout le quotidien d’une famille française presque comme les autres.

Film choral, Arnaud Viard nous livre là un objet de cinéma qui est une très belle source à émotions. Et si le film a ses défauts et surtout ses lourdeurs, notamment quand il s’écoute parler, ou lorsqu’il fonce les deux pieds devant dans un certain cliché du cinéma Français, ou quand il en fait un peu trop dans la noirceur, il n’en demeure pas moins que sur l’ensemble, le nouveau film d’Arnaud Viard est beau, tendre, amusant et surtout touchant, très touchant.

Ce qui est le plus plaisant ici, c’est l’écriture de ces personnages qui ont tous du fond. Des personnages avec lesquels le film peut aborder bien des sujets qui parleront à tous. Et à travers ces personnages, « Je voudrais que quelqu’un m’attente quelque part » est un film riche. C’est un film qui abordera la famille, l’amour, l’envie de s’accomplir, le désir de vivre de ses rêves et de s’en donner les moyens. C’est un film qui parle de la vie, de ses regrets, ses remords, la maladie, l’envie de faire autrement ou encore de la mort. Puis enfin, et c’est peut-être ce qui est le plus touchant, c’est un film qui parle du regard. Du regard qu’on pose sur l’autre, ou celui qu’on ne pose pas. C’est un film qui à travers ce regard aborde la dépression, le mal-être, le mal vivre. Arnaud Viard, si parfois en fera un peu trop, au point que certains passages sont plombants, arrive néanmoins à tout conjuguer, et la plupart du temps, il sait comment doser son film et surtout comment nous faire passer du rire aux larmes en une scène.

Ce qui fait évidemment qu’on passe aussi un joli moment de cinéma devant ce film, c’est bien entendu son casting qui est impeccable. Si Alice Taglioni, Camille Rowe, ou encore Aurore Clément sont parfaites, il faut bien avouer que les plus touchants sont bel et bien Jean-Paul Rouve, parfait en père de famille scolaire qui se fissure petit à petit, Elsa Zylberstein, merveilleuse en actrice qui se remet en question, et surtout Benjamin Lavernhe, déconcertant de naturel, d’humour, de tendresse et d’amour.

Si le film a bien des arguments du côté de son scénario, il est vrai que du point de vue de sa mise en scène, « Je voudrais que quelqu’un m’attente quelque part » est un film qui demeure très classique, voire déjà vu. Si le tout est très bien mis en scène, si malgré des lourdeurs l’ensemble est plutôt bien géré, et malgré des ascenseurs émotionnels très bien menés, il manque au film d’Arnaud Viard ce petit quelque chose en plus dont je n’arrive pas forcément à savoir quoi, pour rendre l’ensemble éblouissant. Après, on appréciera le voyage, les émotions, ses surprises, puisque le film, commençant comme une petite comédie lambda, s’aventure sur le chemin d’un beau drame qui ne laisse pas indifférent. On notera aussi la superbe BO de Clément Ducol qu’on avait déjà remarqué avec « Les chatouilles« .

Bref, entre maladresses et merveilleux, le nouveau film d’Arnaud Viard est un beau moment de cinéma. On rit, on pleure, on s’attache à cette famille, on aime suivre ces personnages, on peut être surpris, on peut aussi s’ennuyer, mais au final, on ressort de la séance plutôt conquis, avec même l’envie, d’ici quelques temps, d’y revenir, alors au final, oui, ce n’est pas parfait, mais les petits soucis ici et là s’oublient vite.

Note : 13/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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