I Spit on Your Grave III – Vengeance is Mine

De : R.D. Braunstein

Avec Sarah Butler, Jennifer Landon, Doug McKeon, Gabriel Hogan

Année : 2015

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Jennifer Hills est toujours tourmentée par l’agression sexuelle dont elle a été victime des années auparavant. Entre nouvelles identités et déménagements incessants, elle éprouve des difficultés à tourner la page et commencer une nouvelle vie. Quand le meurtrier de sa nouvelle amie échappe à la prison, Jennifer se met en tête de traquer et faire payer les hommes qui n’ont pas été punis pour leurs crimes.

Avis :

A la toute fin des années 70, un dénommé Meir Zarchi va proposer un film sulfureux, Day of the Woman, qui va établir les bases de ce que l’on va appeler le Rape and Revenge. Sous-genre bien graveleux où une femme victime de viol va ensuite se venger de ses agresseurs, Day of the Woman va inspirer que tardivement certains producteurs pour en faire un remake. Mettant un peu de sous dans le projet, Meir Zarchi va alors lancer une mode sans trop le savoir avec la trilogie des I Spit on Your Grave, initié par Steven R. Monroe pour un résultat toujours aussi crapoteux dans son fond, mais relativement efficace en son genre. Malheureusement, qui dit succès, dit suite et autre film qui lorgne sur le filon. C’est ainsi qu’un deuxième opus va sortir, où une nouvelle nana va se faire prendre au piège pour tomber dans un trafic de femmes en Europe de l’Est. Suivant le schéma tracé par le premier volet, la surprise n’est plus au rendez-vous et on va gentiment s’ennuyer face à un métrage qui manque de fond. C’est alors qu’un troisième opus fait son apparition, toujours avec Meir Zarchi à la production, reprenant l’héroïne/victime du premier opus, qui va alors se transformer en ange exterminateur pour tous les violeurs qu’elle croise. Réalisé par R.D. Braunstein, qui semble bien aimé les jeunes femmes un peu torturées (Trafic de Femmes étant son premier film), ce troisième volet va tenter de faire des choses, mais va échouer quasiment à chaque fois.

Le but ici n’est pas de présenter un nouveau viol et une nouvelle vengeance, mais plutôt de voir l’évolution de la mentalité de Jennifer. Cette dernière va donc à des réunions où plusieurs victimes de viol témoignent et elle va devenir très proche d’une nana un peu déjantée qui va l’entrainer dans un tourbillon de violence sans pour autant en venir au meurtre. Intimidation et menaces sont au rendez-vous, jusqu’à ce que sa copine se fasse tuer par son ex petit-ami. A partir de là, Jennifer va se transformer en justicière qui piège les hommes ayant tendance à trop s’approcher des filles. Pour choisir ses proies, elle écoute ses voisines de table ronde et décide alors de la sentence à appliquer. Sur le fond, c’est plutôt bien vu de prendre cet axe plutôt que de faire dans la redite. Il y a une vraie volonté de montrer l’évolution du personnage afin de créer du sens avec le premier opus et donc de voir comment on peut combattre un tel choc. Mais le problème, c’est que le film traite cela avec une vulgarité qui frôle l’imbécilité. C’est-à-dire que la reconstruction de Jennifer passe forcément par la violence et une auto-justice plus ou moins validée par le scénario.

Déjà, le film va vouloir se la jouer plus intelligent que ce qu’il est. On aura droit à des passages chez une psychologue où Jennifer exprime son mal-être puis son besoin de se faire justice toute seule, puisque la justice est injuste. On ne saura jamais si ces moments se passent dans une temporalité linéaire, ou si le film joue la carte du twist final. Bien évidemment, lorsque la réponse viendra, on ne sera guère surpris et on va vite comprendre que le film essaye de faire quelque chose de complexe là où il n’y en avait pas besoin. L’autre point vraiment négatif, c’est le personnage principal. Jennifer est tout simplement imbuvable. Dès le départ, on la déteste, non pas parce qu’elle est apeurée ou semble fragile, mais simplement parce qu’elle est véhémente avec n’importe quel homme. Elle refoule tout le monde et semble même prête à changer d’orientation sexuelle. Histoire d’enfoncer le clou, tous les hommes qu’elle rencontre sont des connards finis. Jusqu’au clochard qui lui dit qu’elle a de jolis seins et un beau cul. Tout cela devient lourd et sans intérêt. A un tel point que l’on ne croit plus ce que l’on voit et que l’on voit bien que l’ensemble est terriblement forcé. Du coup, cela devient improbable et on ne croit plus en ce personnage.

Si le message est aux fraises et que le personnage principal est insupportable, qu’en est-il de la réalisation ? Là aussi, ce n’est pas la joie. Forcément, il s’agit d’un film sorti directement en DTV et donc, il n’a pas la prétention d’être un grand film d’horreur ou de rape and revenge. Pour autant, on a vu beaucoup mieux, notamment le premier opus. Ici, la photographie est grise, morne, sans vie. Même si le propos n’est pas jouasse, on était en droit d’attendre un travail plus soigné. Les décors se limitent à deux ruelles, trois hangars et un bureau de police. Quant à la mise en scène, elle n’est pas inspirée, n’utilisant que des champs/contre-champs ou des plans larges lambda. La seule chose qui peut à la rigueur sauver le film, ce sont les effets gores, qui sont au nombre de deux. Les mises à mort sont ridicules et sont finalement comme le message du film, vulgaire et sans aucune finesse. Si on peut prendre un malin plaisir à voir des obsédés sexuels s’en prendre plein la couenne, ici, c’est constamment en dessous de la ceinture. On aura droit à une bite coupée dans le sens de la longueur, puis à un type qui va mourir sodomisé avec une barre en fer. Rien de très fin, toujours filmé de façon quasi frontale histoire de choquer un peu, mais cela reste superficiel et vraiment sans intérêt.

Au final, I Spit on Your Grave III : Vengeance is Mine est une purge totale. Si l’on excepte deux scènes gores qui peuvent être amusantes sur l’instant, tout le reste du film tourne à vide. Les acteurs sont mauvais (pauvre Sarah Butler contrainte de mettre une robe rouge pour trimballer son cul famélique afin d’attirer le chaland innocent au lieu de traquer les vraies bêtes), la mise en scène est d’une vacuité proche d’une sitcom et le message est crapoteux au possible, justifiant le meurtre et attirant parfois même des innocents un peu lourds, certes, mais qui n’ont certainement pas mérité un tel sort. Bref, nauséabond dans tous les sens du terme.

Note : 02/20

Par AqME

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