Sepultura – The Mediator Between Head and Hands Must Be The Heart

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Avis :

S’il y a bien un groupe que l’on peut traiter de survivant, c’est Sepultura. Créé en 1984, il s’agit d’un groupe de Thrash Métal brésilien qui fut fondé par un certain Max Cavalera avec son frère, Igor. Fort d’un grand succès sur la scène métal, le groupe, grâce à des albums percutants mélangeant des percussions sud-américaines, s’est taillé une réputation de fer. D’autant plus qu’un groupe brésilien n’est pas commun. Mais alors en plein succès, Max Cavalera décide de partir du groupe en 1996, à cause de désaccords personnels, et fonde dans son coin Soulfly. C’est alors la panique, mais le groupe décide de continuer sa musique, cherche et trouve un chanteur en la personne de Derrick Greene, seul membre non brésilien, provenant de la scène hardcore. C’est dix ans plus tard que le frère de Max, Igor, le batteur, quitte à son tour le groupe pour fonder avec son frère Cavalera Conspiracy. Néanmoins, le groupe survit encore à ce départ et enchaîne les albums. Malheureusement, le succès est moins au rendez-vous et les critiques sont relativement négatives sur les derniers albums. Mais quel groupe de thrash métal peut se targuer d’avoir sorti treize albums et d’avoir survécu trente ans ? Oui, hormis Metallica, mais c’est plus grand public. Le dernier album en date possède un nom long comme le sboob de Rocco Sifredi, The Mediator Between Head and Hands Must be the Heart, mais que vaut-il réellement ? Retour donc sur le dernier Sepultura.

Le skeud s’ouvre sur Trauma of War, avec une introduction graisseuse où le son est particulièrement mauvais. La suite est très violente, sans grandes variations et proposant quelque chose qui n’a pas de réel intérêt. On sent surement une volonté de bien faire et de marquer le coup, genre, on n’est pas mort, mais cela reste trop linéaire. Heureusement, le deuxième titre, The Vatican est beaucoup mieux. Avec une introduction calme, à base de cloches et de sonorités digne d’un film d’épouvante, le groupe propose l’un des meilleurs morceaux de l’album. Lourd avec un tempo qui varie du rapide au plus lent, on est face à un morceau très intéressant. Le chanteur s’en donne à cœur joie sur les moments où il doit brailler et on entend bien le grésillement si caractéristique de sa voix. Par contre, le troisième morceau est dans la continuité du premier. Impending Doom est très violent et ne marquera pas les esprits si ce n’est dans sa rupture qui ne montre pas forcément tout le talent d’Andreas Kisser mais qui a le mérite de montrer de la variation dans le morceau. Manipulation of Tragedy débute par une introduction hyper rapide à la batterie et à la guitare, pour ensuite partir en vrille dans une violence exacerbée dans le refrain. Néanmoins, d’un point de vue technique, le morceau tient bien la route et montre l’osmose entre les musiciens pour proposer quelque chose de cohérent, contrairement à Trauma of War par exemple. La rupture, avec des percussions brésiliennes est excellente et renoue avec les débuts de Sepultura, ce qui fait fortement plaisir. Tsunami marque le milieu de l’album et s’inscrit dans la veine de Impending Doom avec quelque chose de violent et de puissant. Mais encore une fois, le morceau n’entre pas forcément dans la tête, ce qui est dommage.

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The Bliss of Ignorants démarre comme un bon vieux Sepultura, avec des percus exotiques et une guitare en fond qui ne demande qu’à partir en vrille. Ce qu’elle ne tarde pas à faire. Elle permet aussi au chanteur d’étaler toute sa palette de cris et à Andreas Kisser de montrer tout son talent à la gratte. Un morceau au final très sympathique. Mais la meilleure vient juste après avec Grief, d’une profonde mélancolie et qui surprend le fan de Sepultura. La guitare pleure, le rythme est doux et lent, et le chanteur montre qu’il peut aussi chanter en chant clair, donnant une vraie dimension au titre. Résolument l’un des plus réussi de l’album. The Age of the Atheist est le morceau le plus hardcore dans sa construction et ne marquera pas forcément les esprits, malgré un chant crié un peu différent lors de phase plus calme au niveau des instruments. Heureusement, le solo du guitariste vient sauver le titre d’un certain ennui. Obssessed fait partie des morceaux largement dispensables, car il part dans tous les sens, n’a ni queue ni tête et ne sert que de bouche-trou. Enfin, Da Lama Ao Caos est un morceau très différent des autres car il fait un peu plus punk dans son chant et sa vitesse, mais c’est aussi le seul titre à être chanté en portugais. Il reste bien sympathique même s’il n’est pas vraiment dans l’esprit d’un Sepultura. Il ne faut pas aussi manquer le solo de batterie bonus durant 7 minutes et qui est phénoménal.

Au final, The Mediator Between Head and Hands Must be the Heart, le dernier album en date de Sepultura est très inégal. Certains morceaux sont vraiment très bons alors que d’autres sont beaucoup trop violents et ne mènent nulle part. Mais le plus dommageable c’est qu’aucun titre ne possède le charisme d’un Sepultura d’antan et rien ne reste en tête. Un album moyen.

  1. Trauma of War
  2. The Vatican
  3. Impending Doom
  4. Manipulation of Tragedy
  5. Tsunami
  6. The Bliss of Ignorants
  7. Grief
  8. The Age of the Atheist
  9. Obssessed
  10. Da Lama ao Caos

Note : 11/20

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Par AqME

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