octobre 24, 2020

Scarlean – Soulmates

Avis :

Le Sud-Est de la France n’est pas forcément le premier lieu auquel on pense quand on évoque des groupes de métal. Il faut dire que la cité phocéenne et ses alentours proposent plus de rap que de riffs de guitare assassins et pourtant, certaines formations proviennent de ce petit coin-là de la France. Outre feu Eths ou encore Tripod (paix à leurs âmes), si on remonte un peu et que l’on s’arrête entre la Drôme et le Vaucluse, on trouve quelques formations forts sympathiques, comme Breed Machine qui trouve leurs racines entre l’Ardèche et la Drôme, ou encore Scarlean. Fondé en 2013 à Valence autour du chanteur Alexandre Soulès, le groupe déménage alors sur Avignon où la plupart des membres sont originaires afin de faciliter les enregistrements. Très vite, un EP voit le jour, mais ne plait pas aux membres du groupe qui décident alors de faire un vrai album avec de nouvelles compositions. Ghost aura une très bonne presse à défaut d’avoir une bonne distribution, comme c’est malheureusement souvent le cas avec le métal en France. Trois ans plus tard sort alors le deuxième effort du groupe, Soulmates et va rapidement naviguer en terrain connu, le groupe allant toujours vers un rock/métal alternatif relativement plaisant, où le refrain catchy est plus important que la technique ou le solo percutant. Il en résulte pour autant une saveur particulière, un bon moment porté par des morceaux entêtants et parfaitement maîtrisés.

Le skeud débute avec Next to the Maker et rapidement, on va en prendre pour notre grade. Les riffs sont puissants, la rythmique scandée par la batterie est relativement efficace, et on aura même droit à un petit scratch façon Nu Métal. Durant le couplet, la basse claque bien, on aura quelques phrasés un poil rapés et l’arrivée du refrain ne se fait pas trop attendre, donnant à celui qui écoute une forte envie de chanter avec Alexandre. Si l’ensemble est plutôt simple d’un point de vue structurel, il n’en demeure pas moins que tout cela est efficace et possède un petit goût de reviens-y. Avec Haters, l’ambiance sera plus lourde, le rythme plus lent et les arrangements sonores aériens donnent au titre une aura presque malsaine. D’ailleurs, le refrain rappellera aux plus vieux un peu de Adema, le groupe du frère de Jonathan Davis, leader de Korn. C’est encore une fois bien fichu, même si ce n’est pas là-dessus que l’on headbangera, mais ce n’est pas le but de ce titre. Wasting my Time sera dans le même moule que les deux titres précédents et ne trouvera de nouveauté que dans le break où l’on peut entendre des horloges avec un solo de basse plutôt bien fichu. Cependant, le vrai morceau intéressant, c’est Perfect Demon, qui s’avère plus complexe que les autres titres précédemment cités et qui peaufine une ambiance délétère très jolie et même mélancolique. Le titre marche à plein régime, Alexandre joue plus avec sa voix et il se dégage une vraie personnalité de ce morceau, même si, encore une fois, ce n’est pas lui qui va faire sauter dans les pits. Et au risque d’être méchant, je n’ai pas du tout envie d’évoquer la reprise de Wonderful Life, en duo avec Anneke Van Giersbergen (The Gathering), car de base, je déteste ce titre et si cette reprise est sympathique, elle a du mal à passer et semble un peu hors sujet dans cet album.

Fort heureusement, la seconde moitié de l’album débute sur les chapeaux de roues avec Treat me Bad qui lorgne carrément du côté du Groove Métal avec ses riffs puissants et lourds d’entrée de jeu. Le seul petit point négatif viendra des couplets, qui baissent la rythmique pour mieux poser la voix, et il aurait été peut-être plus judicieux de livrer un morceau pêchu du début à la fin pour taper du poing sur la table. En l’état, c’est vraiment bien, mais du coup, l’effet violence est un peu amoindri. You Will Never Know fait partie de ces morceaux agréables à l’écoute mais qui manque de mordant et qui ne marque pas forcément les esprits, ce qui est dommage puisque la fin nous offre un beau moment de solo et de puissance vocale, deux choses un poil trop rare dans cet album. Our World Will Surely Stop suit la même cadence pour le même constat. C’est bien, très même, mais ça imprime moins que certains autres titres de l’album. En fait, c’est un peu générique et ça se ressemble parfois un peu trop, que ce soit sur la rythmique ou la structure du titre. A Lie to Remember jouera plus sur un petit côté Korn avec une atmosphère plus aérienne et délétère qui n’est pas pour nous déplaire. Quant à Ego, il va lorgner du côté de Sidilarsen pour l’introduction, avant de livrer des riffs parfaits qui donnent très vite envie de sauter dans tous les sens. La batterie a une bonne patate et le morceau est très plaisant. Enfin, Avec The Smell of the Blood, le groupe amène une montée crescendo bien orchestrée pour conclure en beauté cet album.

Au final, Soulmates, le dernier album en date de Scarlean, est un agréable moment ponctué de titres plus percutants que d’autres. Le seul fait vraiment dommageable pour le groupe, c’est de proposer des titres qui ont une même base structurelle et qui, de ce fait, manque de variété et de prise de risque. Mais ne boudons pas notre plaisir, entre une belle voix, des riffs souvent percutant et des refrains catchy, Scarlean est promis à un bel avenir et c’est tout ce qu’on leur souhaite. En tous les cas, pour les avoir vus jouer à leurs débuts dans la MJC de mon bled, les progrès sont tout bonnement incroyables.

  • Next to the Maker
  • Haters
  • Wasting my Time
  • Perfect Demon
  • Wonderful Life
  • Treat me Bad
  • You Will Never Know
  • Our World Will Surely Stop
  •  A Lie to Remember
  • Ego
  • The Smell of the Blood

Note: 15/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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