septembre 22, 2020

Il Était une Seconde Fois

D’Après une Idée de : Guillaume Nicloux et Nathalie Leuthrau

Avec Gaspard Ulliel, Freya Mavor, Steve Tran, Patrick d’Assumçao

Pays: France

Nombre d’Episodes: 4

Genre: Drame, Romance, Science-Fiction

Résumé :

Vincent Dauda, la trentaine, rêve de reconquérir son ex, l’envoûtante Louise. Il traîne son chagrin jusqu’au jour où un livreur lui remet un colis qu’il n’a pas commandé. Une boîte étrange, sans fond, au travers de laquelle il expérimente un voyage temporel qui le ramène… aux côtés de Louise avant leur séparation.

Avis :

Parmi les auteurs français, je ne cesse de dire qu’il y en a un qui s’éloigne de ce que la production habituelle française veut. Un auteur qui est un électron libre depuis plus de trente ans maintenant. Un auteur qui fait ce dont il a envie et surtout qui n’est jamais là où on l’aurait attendu et imaginé. Cet auteur, c’est Guillaume Nicloux et rien que sur une année, il vient encore une fois de le prouver avec pas moins de trois projets en l’espace de huit mois. Trois projets qui sont tous au diapason les uns des autres, avec un film de guerre comme rarement on en a vu, une comédie burlesque avec Depardieu et Houellebecq et maintenant une série qui s’arrête sur un style que Nicloux n’avait jamais encore essayé, le romantisme et bien entendu, il va le faire à sa sauce.

La romance, s’il y avait bien un style où l’on n’aurait pas forcément vu Guillaume Nicloux s’y attaquer, c’est bien celui-là. Après, quand on regarde de plus près, on peut se dire qu’après sa trilogie sur la mort, l’homme avait besoin de plus léger, surtout lorsqu’on s’attarde sur le synopsis de la série, « Il était une seconde fois » pouvait laisser croire à une comédie romantique même. Alors bien sûr, Nicloux fait bien une romance ici, mais cette dernière ne va rien avoir de comique, puisque comme à son habitude, Guillaume Nicloux nous offre de l’inattendu et une chose est sûre, ce voyage temporel, cette quête d’un amour perdu, va en dérouter plus d’un et c’est très bien comme ça.

Vincent et Louise se sont aimés très fort, mais voilà plusieurs mois qu’ils ne sont plus ensemble et Vincent a beaucoup de mal à admettre cette rupture. Un matin, parmi les colis qu’il se faisait livrer, il y en a un qui ne lui était pas destiné. Dans ce colis, il y a un grand cube en bois et quand Vincent, intrigué, regarde à l’intérieur de celui-ci, il y découvre un passage qui va lui faire remonter le temps de neuf mois. Ainsi, quand Vincent ressort du cube, il est encore avec Louise. Vincent comprend alors qu’il peut avoir une seconde chance et décide tout faire pour récupérer l’amour de sa vie.

Envie d’une petite comédie romantique qui glisserait avec la romcom. Une petite comédie romantique qui rappellerait peut-être « Un jour sans fin« . Et bien passez votre chemin, car malgré son titre qui résonne comme un conte de fée, « Il était une seconde fois » est un cauchemar méta qui hante l’âme d’un homme qui essaie tant bien que mal de récupérer un amour impossible.

Mystérieuse, prenante, atypique, ambitieuse, « Il était une seconde fois » est une série qui donne le ton dès ses premières scènes. Si le pitch de départ est peut-être déjà vu, Guillaume Nicloux nous entraîne dans une mini-série qui va être pleine de surprises et surtout qui va être un redoutable choc esthétique, et même émotionnel, tant on est touché par cet homme qui refuse de voir l’être aimé s’en aller.

Tenu par un scénario précis et riche, à travers ces quatre épisodes, Guillaume Nicloux s’aventure aussi bien sur les sentiers de la romance que du drame humain, ou encore sur les sentiers du fantastique. Cauchemar éveillé, rêve, réalité, hallucination, « Il était une seconde fois » envoûte, questionne, et surtout pique notre intérêt en permanence, si bien qu’on ne voit pas passer ces quatre épisodes qui appellent très vite à une saison deux. Le final est même une torture des plus jouissives.

Après, on pourra reprocher à la série de s’éparpiller, notamment quand elle ouvre des sentiers avec le voisin de Vincent. Des sentiers qu’on ne comprend pas bien, et l’on espère que la deuxième saison répondra à certaines questions à ce sujet, car à première vue, ces derniers n’ont rien à faire ici. Ou si, mais ils apparaissent comme bien compliqué pour amener une chose, une réflexion en fin de saison. Chaque événement a ses conséquences un jour ou l’autre, mais bon, c’est quelque peu tiré par les cheveux, si l’on peut dire.

Du côté visuel, « Il était une seconde fois » est magnifique, et surtout elle démontre encore une fois que Guillaume Nicloux est un auteur à part, qui est bourré d’ambition. Adaptant son format quand son personnage est d’un côté ou de l’autre du cube, plongeant son spectateur dans une ambiance sombre, tendue et en même temps une ambiance qui arrive à être très lumineuse, laissant monter la tension et les émotions, tout comme il sait gérer très bien son mystère. Bref, Guillaume Nicloux sait résolument où il va, et il sait quel chemin il a envie de prendre pour nous tenir. Après, ça reste du Guillaume Nicloux, c’est-à-dire que les amoureux et les habitués du réalisateur se laisseront cueillir et ses détracteurs ne devraient pas changer d’avis sur le réalisateur. Quoi qu’il en soit, qu’on entre dans la série ou qu’on reste en dehors, il est certain qu’elle ne laissera pas indifférent et ça, dans un sens comme dans l’autre, c’est très bien.

Côté du casting, Guillaume Nicloux retrouve Gaspard Ulliel et il lui offre un très joli rôle, celui d’un homme qui se bat contre le passé, celui d’un homme qui a une quête, un espoir, et qui doit comprendre et apprendre à vivre sans. Ulliel est touchant et juste et il trouve en face de lui une partenaire extraordinaire, Freya Mavor. La comédienne trouve un personnage plein de lumière malgré le drame qui la touche. Un personnage qui est un souffle d’air frais au milieu de toute cette noirceur, ces drames et ces névroses. Pour le reste du casting, même si les comédiens qu’a choisis Guillaume Nicloux sont bons, il est vrai qu’on déplore qu’il n’y ait pas vraiment d’autres personnages plus développés que cela.

Cette première saison est donc, malgré ses maladresses, une jolie réussite. Belle ouverture, ces quatre premiers épisodes ont piqué profondément notre curiosité et en plus d’avoir été touché par les destins de ces personnages, on quitte la série avec des questions et des réflexions plein la tête et l’on a très hâte de voir la deuxième saison arriver pour qu’elle puisse répondre aux nombreuses interrogations qu’on se pose. Entre mystère, fantastique, drame humain et romance cauchemardesque, décidément, Guillaume Nicloux est un auteur à part.

Note : 17/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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