décembre 2, 2020

Lola Vers la Mer

De : Laurent Micheli

Avec Benoit Magimel, Mya Bollaers, Els Deceukelier, Sami Outalbali

Année : 2019

Pays : Belgique, France

Genre : Drame

Résumé :

Alors que Lola, jeune fille transgenre de 18 ans, apprend qu’elle va enfin pouvoir se faire opérer, sa mère, qui devait la soutenir financièrement, décède. Afin de respecter ses dernières volontés, Lola et son père, qui ne se sont pas vus depuis deux ans et que tout oppose, sont obligés de se rendre jusqu’à la côte belge. En chemin, ils réaliseront que l’issue du voyage n’est peut-être pas celle à laquelle ils s’attendaient…

Avis :

Jeune réalisateur Belge, Laurent Micheli a tout d’abord commencé sa carrière sur les planches. Comédien pendant une bonne dizaine d’années, Laurent Micheli joue aussi bien du théâtre classique que du théâtre moderne. Puis, peu à peu la réalisation l’appelle et après un atelier scénario à la Fémis en 2016, Laurent Micheli sort en 2017 son premier long-métrage, « Even Lovers Get the Blues« , film qui demeure encore inédit chez nous.

Deux ans après ce premier film, Laurent Micheli est alors de retour avec un métrage qui est loin d’être facile, puisque le réalisateur a voulu s’arrêter sur la trans-identité. Faire un film qui aborde la tans-identité n’est pas une chose aisée, et l’on compte beaucoup de films où les réalisateurs et autres acteurs se sont cassé les dents, cédant aux sirènes de la facilité ou du cliché mal placé. « Lola vers la mer« , dans sa bande-annonce, avait l’air loin de ça, Laurent Micheli donnant la sensation qu’il voulait offrir plus et c’est bien ce que l’on va découvrir, le réalisateur nous entraînant dans un drame humain, beau et sensible. Empruntant les chemins du road movie, de réconciliation, du dialogue ou encore de la quête de soi, « Lola vers la mer » se pose comme un joli moment de cinéma qui fait du bien.

Lionel est aujourd’hui Lola. À dix-huit ans, Lola vit dans un foyer, car elle fut mise à la porte par son père. Aujourd’hui, c’est un jour très particulier pour Lola, car sa mère est morte et elle va revoir son père pour la première fois depuis des années. Malheureusement pour elle, son père n’assumant pas, il lui fait rater volontairement la cérémonie d’adieu de sa mère. Lola, de tristesse, vole alors l’urne qui contient les cendres de la défunte. Très vite, son père la retrouve, et ces retrouvailles exacerbées vont bientôt donner lieu à un road trip entre père et fille, afin d’aller vers la mère jeter les cendres de leur amour dans sa maison d’enfance…

En voici donc une jolie surprise que ce « Lola vers la mer ». Pour son deuxième film, Laurent Micheli nous invite à suivre une intrigue riche et intense. Une intrigue qui ne se limite pas à son sujet de base.

« Lola vers la mer« , c’est avant tout un scénario très bien écrit par tous les scénaristes qui ont bossé dessus. Il y a dans ce film un fort désir de parler de la transsexualité au travers d’une famille normale. Officiant sur plusieurs fronts, le film de Laurent Micheli arrivera aussi bien à parler de son sujet, de l’analyser sans jamais y émettre un jugement. Mais finalement, plus que le personnage de Lola elle-même, ici, ce qui est le mieux traité, et surtout le plus intéressant, c’est le personnage du père tenu par un Benoit Magimel vraiment touchant. Laurent Micheli a su capturer cette envie de comprendre, de se rapprocher, cette envie d’effort, d’aller vers l’autre, de découvrir sa fille, tout en étant freiné par lui-même, par son éducation, par ses valeurs, ou encore l’idée parfaite de la vie qu’il s’était faite. Laurent Micheli, avec cette intrigue, parlera aussi du deuil, de l’importance des parents, tout comme il parle de l’homosexualité. L’écriture est d’une infinie nuance et bien souvent, l’intrigue rebondit sur elle-même, passant d’un sentiment à l’autre en un claquement de doigt, ce qui apporte encore plus d’intérêt à l’œuvre.

On ajoute à cela que du côté de la mise en scène, « Lola vers la mer » tire sur le road trip, nous offrant un voyage en terre belge des plus agréables et émouvants. Puis au-delà de ça, « Lola vers la mer » est un film qui dégage beaucoup de charme. Que ce soit le choix des cadres, du rythme, de la photo ou encore l’ambiance, Laurent Micheli fait de jolis choix et démontre qu’il est un réalisateur qui a autant à dire qu’à montrer.

Ce voyage vers la mer se fait en compagnie de deux très bons comédiens. On regrettera cependant qu’il n’y ait pas de rôle secondaire important. Sur l’heure et demie de film, seule une tenancière de bordel, incarnée divinement par Els Deceukelier, arrive à tirer son épingle du jeu. Pour les autres, ils ne font qu’aller et venir et finalement, « Lola vers la mer« , c’est avant tout la révélation Mya Bollaers, parfaite en tout point dans la peau de cette jeune femme qui se cherche encore tout en sachant ce qu’elle est. Puis comme dit plus haut, il y a Benoit Magimel qui est impérial dans un rôle qui est loin d’être évident.

Sorti en toute discrétion, le deuxième film de Laurent Micheli est une jolie surprise. Tendre, beau, intéressant, fort, finalement la seule chose qu’on aurait à reprocher à « Lola vers la mer« , c’est de se couper trop rapidement et de nous laisser là, en étant certes très touchant, mais avec l’envie impossible finalement d’avoir une suite, histoire de prolonger les sentiments ressentis face à ces personnages.

Note : 16/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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