The Mandalorian Saison 1

D’Après une Idée de : Jon Favreau

Avec Pedro Pascal, Gina Carano, Giancarlo Esposito, Carl Weathers

Pays: Etats-Unis

Nombre d’Episodes: 8

Genre: Science-Fiction

Résumé:

Après les aventures de Jango et Boba Fett, un nouveau héros émerge dans l’univers Star Wars. L’intrigue, située entre la chute de l’Empire et l’émergence du Premier Ordre, suit les voyages d’un chasseur de primes solitaire dans les contrées les plus éloignées de la Galaxie, loin de l’autorité de la Nouvelle République.

Avis :

Produit par Jon Favreau, ce nouveau show Star Wars a quelque chose d’inédit. Déjà, car c’est la première série live centrée sur cet univers, ensuite car elle se concentre sur un Mandalorian. C’est un peuple dont les plus célèbres représentants demeurent la lignée des Fett. Jango dans la prélogie et Bobba dans la trilogie originale.

Il s’agit de la série la plus streamée de 2019, alors que Disney + n’est même pas encore sortie dans le monde entier. Un succès qui s’explique finalement assez simplement. Jon Favreau sait que les fans veulent un retour aux sources. Exit les abus d’images de synthèse de la prélogie, on veut du crasseux, du roots, et un véritable retour aux utilisations de costumes, de marionnettes et d’animatronics. Jon Favreau a compris qu’il devait ramener Star Wars dans son univers originel : celui de la galère. Ici, pas de sabres lasers (enfin presque pas), pas de propositions visuelles extravagantes, pas de combats abusés, mais une représentation simple et rafraîchissante de l’univers Star Wars. Tandis que le protagoniste arpente la galaxie, c’est l’occasion pour le spectateur de redécouvrir un univers extrêmement fourni, et pourtant parfois mal exploité au cours des propositions cinématographiques. Jon Favreau veut remettre en exergue le potentiel infini de cet univers sans limite.

La série doit évidemment beaucoup à son personnage principal. Un chasseur de primes taciturne et mystérieux, extrêmement charismatique, tout en parvenant à être attachant. L’absence de jeu visuel et d’expression faciale distille une ambiance inédite. Ce personnage est un héros imparfait, stylisé et impressionnant de par sa simplicité. C’est un héros captivant et envoûtant, en grande partie grâce au mystère qu’il partage, mais également par sa réputation. Après tout, c’est un Mandalorian, et la lignée des Fett demeure des personnages extrêmement appréciés des spectateurs et des fans de l’univers Star Wars. Cette série est l’occasion de leur donner une deuxième vie.

Malheureusement, cette série a quelques points faibles. L’idée de balader le personnage d’épisode en épisode dans des lieux différents, avec des personnages différents, est à double tranchant. Si ce concept est assez novateur et permet aux spectateurs de visiter l’univers Star Wars, c’est un procédé avec lequel il est difficile d’imposer des enjeux dramatiques. Les épisodes proposés sont assez téléphonés, le happy-end est attendu, et le suspense est inexistant. Après deux premiers épisodes superbes ; une ouverture magistralement maîtrisée, jusqu’au final qui propose un twist renversant dès le début de la série, et un second épisode en contre-emploi, volontairement non spectaculaire, taiseux au possible, où l’action s’exprime par le calme et le peu de mots, la série commençait sérieusement à s’encroûter dans un rythme de croisière répétitif. Les épisodes 3, 4 et 5 sont passablement ennuyeux et ne servent concrètement à rien. Ils ne font pas avancer l’histoire, ne proposent pas réellement d’émotions, et sont aisément oubliables. Des épisodes de transition qui démontrent les limites scénaristiques de Jon Favreau, qui n’a pas d’idées pour faire tenir son récit sur huit épisodes.

Et c’est à cet instant précis qu’interviennent les trois derniers épisodes. Jon Favreau met un coup d’accélérateur qui fait du bien au show. Il magnifie son personnage dans un épisode 6 à l’écriture simpliste mais à l’efficacité redoutable. Le protagoniste gagne encore un peu plus en charisme et tient la série sur ses épaules. Puis vient les deux derniers épisodes qui concluent cette première saison comme elle a commencé : dans une simplicité revigorante. Pas d’énorme twist final, pas d’énorme retournement, juste une histoire simple, parfois trop mécanique, mais plutôt bien racontée.

Évidemment, le show doit également beaucoup à Baby Yoda. Bien sûr, ce personnage est un excellent filon pour vendre des produits dérivés, amadouer les foules et séduire les plus jeunes spectateurs, surtout en cette période de Noël. Mais Baby Yoda n’est pas qu’un simple argument de vente. C’est un personnage qui a un background intéressant. C’est une représentation universelle de ce qu’est Star Wars : le recommencement, l’opposition du bien et du mal, la force, etc… Il est devenu instantanément une icône. Scénaristiquement, il a un impact inédit. Puisque le show se déroule entre Star Wars : Le Retour du Jedi, et Star Wars : Le Réveil de la Force, c’est une modification inédite de l’histoire dans sa globalité et certainement très importante pour l’avenir de la franchise. Alors que le spectateur pense que le seul Jedi restant est Luke à la fin de Star Wars VI, un Baby Yoda s’est greffé à l’histoire. Un changement inédit et passionnant qui aura sans aucun doute des répercussions sur l’avenir de la saga.

Pour la deuxième saison, déjà prévue pour l’automne 2020, on espère quand même que Jon Favreau va sévèrement accélérer les choses. On espère que le cinéaste va continuer d’explorer des pistes méconnues de l’univers Star Wars comme il l’a fait dans cette première saison. On sait que les connexions vont être plus nombreuses avec les autres œuvres de la franchise, mais il faut que The Mandalorian garde son indépendance, parce qu’il faut qu’il conserve son identité propre et ses choix de narration. Il faut qu’il cultive son approche un peu différente, plus simple, mais également plus authentique, malgré ses défauts de rythme, qui peuvent par ailleurs être corrigés. Bref, The Mandalorian est très inégal dans sa première saison mais a un potentiel monstre pour la suite.

Note : 14/20

Par Aubin

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Facebook : Lavisqteam.fr – Contact: lavisqteam@laposte.net