octobre 30, 2020

Play – Focus sur la Vie

De : Anthony Marciano

Avec Max Boublil, Alice Isaaz, Malik Zidi, Arthur Perier-Pillu

Année : 2019

Pays : France

Genre : Comédie

Résumé :

En 1993, Max a 13 ans quand on lui offre sa première caméra. Pendant 25 ans il ne s’arrêtera pas de filmer. La bande de potes, les amours, les succès, les échecs. Des années 90 aux années 2010, c’est le portrait de toute une génération qui se dessine à travers son objectif.

Avis :

Anthony Marciano, c’est le mec qui a baroudé avant d’en venir au cinéma. Puis dans sa vie, il y a une rencontre déterminante, celle avec le comédien et humoriste Max Boublil. Après l’écriture de sketchs, Anthony Marciano fait une jolie entrée dans le monde de la réalisation avec « Les gamins » sorti en 2013. Le film porté par Max Boublil et Alain Chabat trouvera son public, et même un peu plus. Toujours avec son pote Max Boublil, Marciano adapte « Robin des bois » et pour son deuxième film, le réalisateur déçoit grandement.

Il aura alors fallu attendre quatre ans avant de revoir le duo sur grand écran. Revenant avec un petit projet, Anthony Marciano nous livre « Play« , qui est sûrement l’un des projets qui a le plus de charme pour cette fin d’année. Doté d’une bande-annonce qui dégage énormément de cachet, ce petit film filmé façon journal intime nous entraîne avec humour, émotion, humanité et surtout nostalgie dans la vie d’un mec lambda. On en ressort le sourire aux lèvres, l’esprit ailleurs, le cœur touché, et surtout on en ressort avec l’envie de se repasser d’anciens petits films de potes qu’on pourrait détenir. « Play » donne l’envie de se replonger dans des souvenirs, ce qui a fait nos vies. Bref, « Play » est beaucoup trop de bien !

En 1993, pour ses treize ans, Max a reçu comme cadeau d’anniversaire une caméra. Cette dernière a pris énormément de place dans sa vie, et tout fut prétexte à filmer. Sa bande de potes, ses amoureux, son quotidien, ses parents, le permis, l’an 2000… Bref, tout est prétexte à être filmé. Max a trente-huit ans et aujourd’hui est un jour un peu spécial pour lui, et il a besoin de tout revoir.

Il y a des projets qui charment dès les premières images que l’on voit. On peut même dire qu’il y a des projets qui charment dès la naissance de leur idée, et le nouveau film d’Anthony Marciano fait clairement partie de ceux-là.

Dans le paysage de la comédie française où cartonnent des « Qu’est-ce qu’on a encore fait au bon dieu« , cela fait du bien de voir des auteurs prendre des risques et proposer autre chose. Le souci avec un film tel que « Play« , c’est que si l’idée est charmante, le fait de revivre la vie de quelqu’un à travers de brefs moments pas forcément bien filmés, pouvait très vite tourner à vide et pire, son réalisateur aurait pu tomber dans le piège de filmer sans vraiment de justification. Il aurait été facile qu’on reste à se demander pourquoi Anthony Marciano décide que son personnage fasse telle ou telle action. Heureusement pour nous, le réalisateur va éviter tous les pièges tendus de ce genre de film.

La caméra, c’est la grande force de « Play« . Anthony Marciano incruste cette caméra pourtout et tout le temps. Elle a une présence, il la fait exister si bien qu’elle en devient un véritable personnage dans ce film.

Jouissant d’une écriture précise et remarquable, une écriture qui parlera à tous, qui jouera forcément avec une fibre nostalgique de chacun, puisque la vie de Max, dans un sens, c’est aussi la nôtre, Anthony Marciano va aussi beaucoup étonner, car pour en revenir à cette caméra, tout ce qui va être filmé par son personnage ou ses personnages, trouvera toujours un sens dans son récit. Tout ce qui est montré sert à approfondir ce récit, ça sert à lui donner du relief, de l’affecte, de la spontanéité et de la véracité, et ce qui est encore plus fort, c’est que malgré les courtes, très courtes, périodes montrées, malgré l’absence de suite dans la vie de son personnage (beaucoup de scènes vont être coupées), tout reste compréhensible, tout sonne juste, et l’on se retrouve à suivre la vie de ce mec avec beaucoup d’intérêt.

En plus de cette écriture géniale donc, il faut aussi saluer le travail impeccable, irréprochable même, qui est fait sur le montage. Franchement, tant de fluidités à travers tant d’époques, tant de moments intimes ou délirants, tant d’humanité, de spontanéité, tant de justesse, d’amour, de rires, puis tant de caméras différentes, puisque les années, les décennies passant, la technologie change… Tant de choses diverses et variées qui se retrouvent au sein même d’une œuvre de cinéma et qui chacune s’accorde avec l’autre, c’est un sacré travail qui est fourni ici et on ne peut que le saluer.

Si « Play » fonctionne si bien aussi, c’est parce qu’Anthony Marciano a réuni un joli casting qui donne un corps magnifique à son film. Se déroulant sur trois décennies on va dire, tenu donc par trois générations de comédiens, Anthony Marciano étonnera encore une fois, car il a réussi à donner une cohérence à ses acteurs pour qu’ils ne fassent qu’un avec les générations suivantes. Si Alice Isaaz, Max Boublil, Malik Zidi ou encore Arthur Perier-Pillu qui est une très belle révélation (c’est son premier film et il se fait grandement remarquer) sont bons, il faut saluer les jeunes acteurs qu’on ne connaissait pas forcément comme Alexandre Desrousseaux, Gabriel Caballero, Jules Poirier, Camille Lou, Babriel Brunet, ou encore Mathias Barthélémy. Tous sont excellents, tous étonnent et tous sont surtout très attachants. C’est bien simple, on aurait encore envie de les suivre partout et tout le temps. À noter aussi la formidable Noémie Lvovsky, et une petite apparition pour Alain Chabat.

« Play« , c’est donc une très belle surprise. « Play« , c’est un film qui nous ressemble, c’est un film qui nous touche autant qu’il nous amuse. « Play« , c’est un film qui démontre bien qu’on a encore beaucoup de talents à revendre chez nous et quand on voit l’état actuel de la comédie française, « Play » se pose comme un film qui fait beaucoup de bien, et ça, à plus d’un titre.

Note : 17/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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