octobre 24, 2020

Blue Rising – Ghosts and Monsters

Avis :

Le monde de la musique est un monde de requins, ce n’est pas une nouveauté, et pour sortir du lot, soit on s’abaisse aux volontés des maisons de disques, soit on essaye de faire un truc populaire, un tube qui va permettre au groupe de se faire connaître. Avec internet, les choses sont parfois un peu plus faciles, mais fondamentalement, rien ne change vraiment. Les musiques populaires font le buzz, les maisons de disques ne prennent pas de risques pour engranger de l’argent et globalement, on reste enfermé dans une spirale infernale où les talents ne sont pas mis en avant. Blue Rising fait partie de ces groupes quasiment inconnus, qui possèdent pourtant ce don pour la musique, cette faculté à créer des mélodies et des titres qui méritent vraiment le coup d’oreille. Fondé en 2010, les américains de Blue Rising sortent leur premier album en 2015 et vont en sortir deux autres coup sur coup année après année. Ghosts and Monsters est donc leur troisième effort et depuis près de trois ans, c’est le silence radio pour ce groupe très prometteur qui ne cache pas ses influences, comme Alter Bridge, pour ne citer que le groupe de Myles Kennedy et Mark Tremonti. Mais Blue Rising a-t-il les épaules pour se comparer à un tel mastodonte ? Oui et non, même si on penche plus vers le positif.

Le skeud démarre très fort avec Ice Cold. Démarrant de suite avec le titre poussé par le chanteur, les riffs sont impeccables et laissent ensuite plus de place à des couplets doux mais qui s’insèrent parfaitement dans la rythmique voulue. Le refrain est puissant et montre aussi toute la qualité vocale du chanteur qui possède un grain très plaisant et qui ne peut faire que du rock. Une voix peut-être moins modulable que celle de Myles Kennedy, qui possède une chaleur, une identité. Si Ice Cold est finalement assez classique dans sa structure, pour de l’auto-production, c’est du travail d’orfèvre et c’est assez impressionnant. C’est même une belle réussite. On sera plus circonspect sur le titre suivant, Supernatural, moins puissant, moins marquant, malgré la volonté du groupe de faire autre chose et de sortir de sa zone de confort. Si globalement c’est agréable, il manque vraiment ce truc en plus dans ce morceau pour être vraiment intéressant. Fort heureusement, la formation se reprend avec ce qui est, à mon sens, le meilleur morceau de l’album, Metamorphosis. Dépassant les six minutes, la plage commence lentement avec un souffle qui laisse présager une montée en pression, et c’est exactement ce que va être ce titre, une belle montée vers quelque chose d’épique, de puissant et qui démontre la qualité des musiciens, mais aussi du chanteur et de sa belle voix. Avec Say Goodbye, le groupe va s’assagir encore une fois pour proposer un joli titre qui détient tout de même un fond assez hargneux. Si le titre est moins bien que le précédent, il n’en demeure pas moins intéressant bien qu’un poil trop Hard FM.

Pour entamer la seconde moitié de l’album, Blue Rising propose un morceau bien hard et puissant avec Piece by Piece. S’il demeure assez classique dans sa structure et dans sa mélodie, il impressionne surtout par la prestation vocale du chanteur, Austin Frink, qui ne relâche jamais la pression et reste sur un chant continu puissant et juste. C’est bien simple, il dévore le titre à un tel point que l’on reste baba devant tant de maîtrise alors que le groupe n’a pas la prétention de ses illustres aînés. Avec These Shoes, on retombe un peu vers un rock plus classique, et peu moins marquant, mais globalement, cela reste d’une haute qualité. Le morceau démarre tout doucement pour aller ensuite vers un refrain plus puissant, plus lourd et qui demeure assez catchy. Un mélange très juste et qui démontre, si besoin l’en est, toute la qualité d’un groupe malheureusement trop méconnu. You sera la ballade de l’album, une sorte d’immanquable et si cela reste assez anecdotique dans l’album, c’est bien fait et plutôt joli, notamment grâce à la voix du chanteur, encore une fois, qui arrive à aller vers des aigus insoupçonnés. Les deux derniers titres seront assez différents, puisque Monsters est un gros morceau bien lourd qui plonge dans le métal alternatif façon Alter Bridge, alors que Ghosts est plus un titre d’ambiance, avec des voix enregistrées et pas de chant.

Au final, Ghosts and Monsters, le dernier album en date de Blue Rising, est une belle réussite pour quelque chose d’autoproduit et sans maison de disques. Il est même impensable qu’une telle formation, avec de telles qualités, ne trouve pas de contrat pour faire des albums plus grandiloquents. Car oui, la faiblesse de ce skeud, c’est qu’il est bien trop court, ne dépassant pas les quarante minutes pour neuf titres et on aimerait bien en prendre un peu plus. Bref, encore un groupe qui n’a pas l’éclat qu’il mérite et on espère un quatrième album…

  • Ice Cold
  • Supernatural
  • Metamorphosis
  • Say Goodbye
  • Piece by Piece
  • These Shoes
  • You
  • Monsters
  • Ghosts

Note : 15/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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