décembre 5, 2020

Lords of Black – Icons of the New Days

Avis :

S’il y a bien un sous-genre du métal où il y a une pléthore de groupes, c’est le Heavy. Il faut dire que de nos jours, on range un peu tout et n’importe dans la case Heavy, mettant finalement tout ce qui ne rentre pas dans les autres cases. De ce fait, pour se faire un nom là-dedans, il faut trouver une identité forte, que ce soit dans la musique ou encore dans les textes abordés. Et c’est dans cette veine sur-représentée que se faufile Lords of Black, un tout jeune groupe espagnol, formé en 2014 et qui, après ce troisième opus dont on va parler, va connaître un changement de line-up, puisque le chanteur a décidé de quitter le groupe pour aller faire un tour du côté de Rainbow. Mais là n’est pas le propos, puisqu’il faut remonter en 2018 pour découvrir ce troisième effort des madrilènes qui officient dans un Heavy pur jus, parfois teinté de Power, mais avec un gros travail sur la technique et la complexité de certains titres. Icons of the New Days n’est pas un album à prendre à la légère car il est long, ponctué de pistes intéressantes, mais qui parfois, manque d’originalité et se vautre un peu dans la facilité. En clair, il s’agit-là d’un album plutôt réussi, mais qui va avoir du mal à concurrencer les vieilles pointures. Voyons pourquoi.

Le skeud débute avec World Gone Mad et d’entrée de jeu, les espagnols nous sortent le grand jeu. Dépassant aisément les six minutes, avec une longue introduction qui ne fait qu’augmenter une tension déjà palpable, Lords of Black montre qu’il n’est pas là pour rigoler et lorsque les riffs entament la mélodie globale du morceau, c’est très entrainant et franchement plaisant. Le chanteur, qui possède une voix légèrement éraillée, va s’en donner en cœur joie dans le surjeu, marque de fabrique du Heavy. Quoi qu’il en soit, le morceau est bon, mais il lui manque un petit truc en plus, le côté entêtant et percutant d’un titre qui reste en tête. Et ce sentiment va devenir récurrent durant tout l’album. On se rend bien compte que les morceaux sont ultra travaillés, qu’il y a vraiment une envie de proposer un Heavy de qualité, mais ça manque d’inventivité. Icons of the New Days en sera un autre exemple flagrant, même si les riffs sont plus saturés et que le clavier prend un peu plus d’importance. Not in a Place Like This incorpore quelques éléments électro grâce au clavier, mais on reste dans une zone de confort qui manque d’impact. C’est bien, mais on aurait aimé un peu plus d’innovation. When a Hero Takes a Fall aura quelques éléments plutôt Power, notamment dans l’introduction et les paroles, alors que Forevermore aura un petit côté Epic plutôt agréable. Mais est-ce que cela suffit ? Pas sûr.

Ce n’est pas sûr car le monde du Heavy est rude et que pour se faire connaître en cette période difficile pour la musique « extrême », il faut faire plus. Lords of Black en a-t-il les épaules ? Certainement, car au travers de cet album, il y a de très bonnes choses et le sentiment global est une réussite, mais rien ne reste vraiment en tête. The Way I’ll Remember débute comme une petite ballade un poil gothique sur les bords avec son piano tout doux, mais lorsque les guitares lâchent les riffs, ça devient vraiment puissant. Le piano revient alors pour les couplets, c’est joli, c’est bien fichu, mais là aussi, ça manque d’un petit plus pour en faire un hit en puissance. Fallin’ se rapprochera vraiment du morceau qui restera le plus en tête et dont le refrain est une vraie réussite. Le final prouve la qualité vocale indéniable du chanteur. King’s Reborn sera aussi un véritable bon titre. Long, très travaillé, parfois un peu complexe dans sa structure, le groupe lâche une petite bombe qui démontre tout le talent technique de la team. Long Way to Go démarre sur les chapeaux de roues sur une rythmique presque thrash avant de prendre un petit rythme de croisière et The Edge of Darkness aura de petits relents très 80’s qui ne sont pas déplaisants. Wait no Prayers for the Dying est peut-être le titre le plus violent de l’album, du moins dans son introduction et on aurait aimé des titres plus de cet acabit, qui vont à l’essentiel et lâche des riffs bien gras. Enfin, le groupe se permet une œuvre fleuve sur le final avec All I Have Left. Dépassant les onze minutes, cette conclusion est maîtrisée à la perfection et conclure de la plus belle des façons l’album.

Au final, Icons of the New Days, le dernier album de Lords of Black, est peut-être l’album le plus abouti du groupe, même si on ne peut s’empêcher de penser qu’il lui manque un petit quelque chose. Dans le monde du Heavy, la lutte est rude et il est dommage que le groupe reste dans une zone de confort qui ne lui permet pas forcément d’avoir une belle identité. En l’état, on fait face à un album de très grande qualité technique, alignant de longs morceaux parfaitement exécutés, mais l’ensemble manque de hits en puissance et c’est peut-être le seul regret que l’on peut émettre. Reste à savoir comment le groupe va gérer le départ du chanteur et avec quel remplaçant ils vont bien pouvoir continuer l’aventure.

  • World Gone Mad
  • Icons of the New Days
  • Not in a Place Like This
  • When a Hero Takes a Fall
  • Forevermore
  • The Way I’ll Remember
  • Fallin’
  • King’s Reborn
  • Long Way to Go
  • The Edge of Darkness
  • Wait no Prayers for the Dying
  • All I Have Left

Note: 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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