octobre 24, 2020

La Religieuse

De : Guillaume Nicloux

Avec Pauline Etienne, Isabelle Huppert, Martina Gedeck, Louise Bourgoin

Année : 2013

Pays : France, Allemagne, Belgique

Genre : Drame

Résumé :

XVIIIe siècle. Suzanne, 16 ans, est contrainte par sa famille à rentrer dans les ordres, alors qu’elle aspire à vivre dans « le monde ». Au couvent, elle est confrontée à l’arbitraire de la hiérarchie ecclésiastique : mères supérieures tour à tour bienveillantes, cruelles ou un peu trop aimantes… La passion et la force qui l’animent lui permettent de résister à la barbarie du couvent, poursuivant son unique but : lutter par tous les moyens pour retrouver sa liberté.

Avis :

Guillaume Nicloux est un auteur très atypique dans le paysage du cinéma français. Nicloux a passé les années 2000 en grande partie à réaliser sa trilogie noire. Les années 2010 vont être consacrées à sa trilogie sur la vie, la mort et la résurrection. Mais entretemps, Guillaume Nicloux a fait quelques petits essais et après une incursion ratée dans la comédie barrée avec « Holiday« , le réalisateur a fait un tour intéressant à la télévision pour « L’affaire Gordji, histoire d’une cohabitation« .

Après s’être fait une nouvelle peau, Guillaume Nicloux se lance alors dans le drame en costume, en adaptant le roman de Diderot. Porté par un très beau casting, « La religieuse » est un film qui pousse les portes des monastères pour filmer la vie de religieuses et plus particulièrement l’une d’entre elles, dont la vie fut loin d’être facile. Secrets, châtiments, injustices, repentances, dérapages et des prières silencieuses vont être au programme du film de Guillaume Nicloux qui livre un très bon film comme lui seul finalement en a le secret.

XVIIIe siècle, Suzanne, seize ans, est la benjamine de la famille. Alors que ses sœurs sont mariées, ses parents lui réservent un tout autre destin. Comme Suzanne est aimée de Jésus, pour eux, il ne fait aucun doute que la jeune fille doit enfiler le voile et faire ses vœux. Ce n’est pas ce que souhaite Suzanne, qui porte Jésus dans son cœur, mais elle ne souhaite pas lui consacrer sa vie. Pourtant, malgré ses réticences, Suzanne fera ce que veulent ses parents et la vie monacale va être un enfer pour la jeune fille.

Pour son nouveau film « La religieuse« , Guillaume Nicloux a décidé de s’aventurer sur un sujet des plus périlleux, la religion et surtout sa rigidité à une certaine époque. En suivant le parcours d’une jeune fille de seize ans qui se révolte contre ce que l’on attend d’elle, Guillaume Nicloux nous entraîne dans une œuvre carcérale, pleine d’envie de liberté. Il est parfois très complexe d’oser aller là où peu vont, et ouvrir les portes d’un monastère de sœurs au XVIIIe siècle fait partie de ces instants complexes, surtout quand son auteur a décidé d’en faire ressortir toutes ses tortures.

Livrant un scénario intense et précis, Guillaume Nicloux nous enferme au plus près de son personnage et à travers elle, le cinéaste va peindre une époque, une société, une façon de penser. Que ce soit dans la vie monacale qu’il met en scène, ou dans la vie en dehors, il y a quelque chose dans ce film qui passionne. Conventions sociales et rigueurs de l’église s’associent, s’entrechoquent, et se renvoient la balle. « La religieuse » est un film impitoyable aussi bien pour son personnage, qu’il va torturer de bien des manières, que pour son spectateur, car cette séance de cinéma, si intéressante et intense soit elle, nous bouscule profondément et Guillaume Nicloux nous tient comme Suzanne est accrochée à son envie de liberté, à son envie de tout renier, de quitter les ordres et sortir de ces prisons cachées aux yeux de tous.

« La religieuse« , c’est un film très austère, un film qui allie une lumière presque éblouissante à l’horreur et la tension de l’enfermement. Très soigné, doté d’un très bel esthétisme, Guillaume Nicloux nous offre un très beau film en costume où tout respire le souci du détail. Que ce soit les décors, les costumes, la précision des cadres, le rythme lent qui fait parfaitement ressortir l’enfermement et l’enfer que cette jeune fille subit… Bref, Guillaume Nicloux sait parfaitement où il veut aller, il a son idée en tête et il l’exécute de la meilleure des façons.

Enfin, comme je le disais plus haut, Guillaume Nicloux a réuni ici un casting assez fabuleux. Si l’on ne peut que citer des actrices et des acteurs comme Françoise Lebrun, Alice De Lencquensaing, Gilles Cohen, Marc Barbé, ou Fabrizio Rongione, « La religieuse » est tenu surtout par un trio d’actrices assez inattendues dans leurs rôles. Premièrement, il y a Louise Bourgoin, fascinante et terrifiante de sadisme dans la peau d’une mère supérieure glaciale. Ensuite, il y a Isabelle Huppert, en mère supérieure au bord de la folie. Et enfin et surtout il y a Pauline Etienne, sublime, superbe, émouvante, passionnante dans la peau de cette jeune fille qui se dresse contre ses vœux et finalement contre l’idée de vie qu’on lui impose.

Excellent cru, Guillaume Nicloux se rattrape très haut la main après le désastre de « Holiday« . Fascinant et « malaisant » à la fois, Guillaume Nicloux pousse les portes de plusieurs couvents et il en résulte un très beau portrait de femme qui n’aspire qu’à une chose, retrouver sa liberté, et garder le Christ dans son cœur. Bref, Guillaume Nicloux n’a vraiment pas fini de surprendre.

Note : 18/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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