septembre 22, 2020

The Laundromat – L’Affaire des Panama Papers

De : Steven Soderbergh

Avec Meryl Streep, Gary Oldman, Antonio Banderas, James Cromwell

Année: 2019

Pays: Etats-Unis

Genre: Drame

Résumé:

Après s’être fait extorquer l’argent de son assurance, une veuve en colère enquête jusqu’au Panama, où deux avocats rusés dissimulent de l’argent pour les super riches.

Avis:

Steven Soderbergh est un électron libre dans le paysage du cinéma américain. Soderbergh, c’est un mec qui ose, qui expérimente, quitte à se planter. Soderbergh, dans un sens, c’est un mec qui va là où on ne l’attend pas. Alors qu’il avait pris sa retraite, alors qu’il était sur le petit écran, réalisant tous les épisodes de la série « The Knick » sur deux saisons, Steven Soderbergh a fait son retour au cinéma en 2017 avec « Logan Lucky« . Par la suite, il oscille entre télé, la série « Mosaic » avec Sharon Stone en tête d’affiche et le petit film « Paranoïa« , qu’il a entièrement tourné avec un I Phone. Depuis cette dernière sortie au cinéma, Steven Soderbergh s’est exporté sur Netflix. En Janvier dernier, il proposait assez discrètement « High Flying Bird« , un film sur l’univers du Basket Ball.

Loin des discrétions de son premier film Netflix, Steven Soderbergh revient encore cette année avec un film politique, « The Laundromat, l’affaire des Panama Papers » et il suffit juste de lire ce titre pour que le projet donne envie. Soderbergh qui s’attaque à l’affaire des Panama Papers, franchement, comment ne pas vouloir voir ce film, surtout qu’en prime, le réalisateur ne se paye plus un casting, mais un hall de stars, Banderas, Oldman, Streep, Stone, Patrick, Cromwell, Schoenaert, Wright … Bref, ça ne s’arrête plus. Mais voilà, si l’idée était belle sur le papier, à l’écran « The Laundromat … », se trouve être un film confus et compliqué. Un film dans lequel, bien souvent, on se sent largué et devant lequel, finalement, on finit par décrocher… Dommage.

Ellen Martin est une sexagénaire qui vient de perdre son mari dans un accident de bateau. Alors qu’elle pensait être largement indemnisée, elle découvre que l’assurance de la compagnie qui est responsable de la mort de son mari s’est faite arnaquer. Ellen ne touchera finalement pas grand-chose. En colère, elle décide d’enquêter et remonte ainsi jusqu’au Panama, ou deux avocats véreux dissimulent beaucoup d’argent pour leurs clients fortunés.

« The Laundromat, l’affaire des Panama Papers« , c’est le genre de film qui m’intéressait presque uniquement pour découvrir la vision de son auteur, car même si Steven Soderbergh n’a pas toujours su me convaincre, il fait partie de ces réalisateurs dont je suis toujours curieux de découvrir un nouveau métrage.

Avant de m’arrêter sur ce qui est l’objet des déceptions de ce deuxième Soderbergh made in 2019, j’ai envie de commencer par ses bons côtés, car le film de Soderbergh en a, à commencer par son casting qui est impeccable de bout en bout. Si beaucoup trop de personnages ne sont pas développés, on ne peut pas dire qu’ils soient mal campés, c’est même tout le contraire, Soderbergh s’étant offert la crème de la crème. Plus particulièrement, on retiendra le duo Gary Oldman et Antonio Banderas, géniaux en narrateurs de cette histoire. Narrateurs qui bien souvent brisent le quatrième mur, ce qui dans un sens peut nous perdre, mais dans un autre, est assez génial. On retiendra évidemment Meryl Streep, parce que l’actrice est excellente et son final est parfait. Quelques rôles par-ci par-là se détachent du lot, mais restent très secondaires au final.

Autre bon point, « The Laundromat … » est très bien filmé. Si le montage est une leçon de confusion, Steven Soderbergh nous livre encore une fois un beau film visuellement parlant. Un film qui a de l’énergie et des idées à revendre.

Mais voilà, derrière ces quelques bons éléments, pour le reste, c’est plus compliqué. Le premier souci qui vient en tête quand on repense à « The Laundromat … », c’est le fait qu’on ne comprenne pas grand-chose à ce qui s’y passe. Le scénario est très confus, passant d’un personnage à l’autre, d’une situation à l’autre, sans cohérence et sans lien. Steven Soderbergh a bien du mal à nous convaincre par ce qu’il raconte et bien souvent, pendant le film, on se demande ce que tel ou tel événement vient faire ici et plus largement, on se dit que Steven Soderbergh se complique bien la tâche pour un tel résultat. De plus, on ne comprend pas vraiment où le réalisateur a envie d’aller, et si l’on connaît le sujet que Soderbergh veut mettre en avant, bien souvent on se retrouve à se demander pourquoi il en parle de telle ou telle façon, ou pire, où il veut aller. Soderbergh étant un mec intelligent, on s’accroche alors, espérant qu’enfin le film trouve son sens, mais rien n’y fait et finalement, plus les intrigues se déroulent et se croisent, plus l’on se retrouve à suivre son film du coin de l’œil, attendant on ne sait plus trop quoi… Dans la même catégorie, avec autant de complexité, Adam McKay et son « The Big Short » arrivait à faire d’un film complexe un film ludique, ce qui n’est clairement pas le cas ici.

C’est tellement dommage donc, car sur le papier le projet faisait rêver, mais le résultat est bien loin de cette idée. N’avançant pas, s’embrouillant tout seul, « The Laundromat, l’affaire des Panama Papers » est une belle déception. On n’y comprend pas grand-chose et l’on se demande en permanence où Steven Soderbergh veut en venir. Reste alors un casting top et une belle imagerie, malheureusement, l’un comme l’autre ne sauve pas un film.

Note : 08/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.