Un Justicier Dans la Ville 2

Titre Original : Death Wish 2

De : Michael Winner

Avec Charles Bronson, Jill Ireland, Vincent Gardenia, Laurence Fishburne

Année : 1982

Pays : Etats-Unis

Genre : Thriller, Action

Résumé :

L’architecte Paul Kersey vit à Los Angeles avec sa nouvelle compagne, Geri. Mais sa fille est violée par des voyous et se suicide. Paul va à nouveau se faire justice lui-même…

Avis :

Certains films se suffisent à eux-mêmes et n’ont pas vraiment besoin de suite. Ce fut le cas pour le film de Michael Winner, Un Justicier Dans la Ville, sommet du polar en mode vigilante movie, qui se voulait assez réac mais avec un message sous-jacent plus intelligent qu’il n’y paraissait. Enorme succès à l’époque, c’est logiquement que les producteurs Menahem Golan et Yoram Globus voulurent une suite, voire plusieurs, surfant alors sur la mode des vigiliante et des polars un peu hard boiled. C’est donc huit ans plus tard que déboule le deuxième opus des mésaventures de Paul Kersey, ce pauvre architecte qui a perdu sa femme après une agression par des voyous complètement cinglés, et qui a refait sa vie à Los Angeles. Plus grandiloquent, encore plus réac que le premier, mais sans le message ambigu, Un Justicier Dans la Ville 2 sera plus efficace en termes d’action, mais beaucoup moins sur sa finalité et sur ce qu’il veut véhiculer comme image. Bref, un polar d’action décérébré dans lequel Charles Bronson survole tout le casting.

Il a dû être très difficile pour les producteurs et scénaristes de trouver une suite logique à un film qui n’en avait pas besoin. En effet, la fin du premier opus proposait de voir un Paul Kersey à l’aéroport d’une nouvelle ville prêt à entamer une nouvelle vie. Arrivant à Los Angeles, il va devoir faire face à de nouveaux voyous qui vont cette fois-ci violer et tuer sa femme de ménage, puis kidnapper et violer sa fille qui va alors se suicider en sauter par une fenêtre. Le message est clair, on n’est pas là pour rigoler, le sort s’acharne sur ce pauvre architecte et les voyous ont passé une nouvelle étape dans la violence. Une violence toujours aussi crue, aussi dure et aussi réaliste. Michael Winner ne fait pas dans la dentelle ou dans le lyrisme, il montre tout, même du nu frontal et choque ainsi le spectateur, provoquant un dégoût profond pour ces salopards accros au crack. Binaire comme ce n’est pas permis, le film va encore prouver que les forces de l’ordre sont incapables de gérer des affaires sordides et que le système est corrompu jusqu’à la moelle. Un système judiciaire aux fraises, qui va jusqu’à enfermer en hôpital psychiatrique des tarés qui jouent avec les jugements et les maladies mentales. Bien loin de l’intelligence du premier opus, ici, on va voir qu’il n’y qu’une seule solution pour faire diminuer la délinquance, c’est de tuer tous les fumiers qui trainent dans les rues. Une solution radicale qui n’a aucune demi-mesure dans ce film.

De plus, si le message n’est pas présent dans ce film, il suit les mêmes rails que le premier opus, à un tel point que cela en devient gênant. A titre d’exemple, le départ ne change que sur la façon de trouver l’adresse de Paul Kersey. Si dans le premier, c’est à cause d’un sac de courses avec l’adresse à l’intérieur, ici, il se fait voler son portefeuille. Dans le premier film, il sauve un homme de trois malfrats et il refuse alors de décrire le physique de son sauveur. Dans cette suite, il sauve un couple qui fait exactement la même chose. Seule la résolution finale va changer, et le point de vue des policiers aussi. Franck Ochoa, le flic qui poursuivait Paul dans le premier film, devient ici son complice et approuve finalement les méthodes expéditives du justicier. Si, sur la fin, il quittait New York pour une autre ville, ici, il va rester à Los Angeles, mais sa compagne découvre le pot aux roses et prend une décision importante. Bref, hormis quelques légers changements, ce deuxième métrage sur des rails bien trop connus et les similitudes entrainent une certaine lassitude. Le seul point qui change vraiment dans ce film, c’est que cette fois-ci, Paul Kersey ne tue pas au hasard. Il est bien décidé à se venger et à faire payer aux cinq tarés qui ont tué sa fille. De ce fait, le film ne réprimande pas la vengeance, on pourrait même croire qu’il valide cet idéal de justice un brin fumeux.

Cependant, difficile de s’ennuyer face à un tel film. En effet, malgré le côté régressif de l’intrigue et certaines facilités dans le scénario (le héros trouve à chaque fois, au fil de ses pérégrinations dans Los Angeles, les cinq voyous qu’il recherche, alors que L.A., c’est grand), Michael Winner peaufine sa mise en scène, et rend l’ensemble relativement nerveux, même plus que le premier. La scène du début est d’une rare cruauté, mais elle va de pair avec le viol de la fille du héros, qui se laisse faire dans une séquence lugubre et même dérangeante. Quant aux règlements de compte, ils sont bien plus vindicatifs et violents. On navigue dans le trafic de drogues, mais aussi le trafic d’armes à feu et cela donne lieu à des fusillades relativement bien maîtrisées. Le film est aussi plus gore, offrant par exemple une mort digne de ce nom à un tout jeune Laurence Fishburne aux lunettes improbables. Plus rythmé, mais aussi plus calibré dans son scénario où cette fois-ci la vengeance prend le pas sur la régulation des « méchants », Un Justicier Dans la Ville 2 dérange, mais se veut aussi plus rentre-dedans que le premier opus, qui lui reste largement au-dessus.

Au final, Un Justicier Dans la Ville 2 est une suite totalement dispensable même si elle est divertissante et qu’elle s’avère maîtrisée au niveau de la mise en scène. Charles Bronson est charismatique et semble s’amuser en reprenant le rôle de cet homme torturé et à qui la vie n’a pas fait de cadeau. On regrettera cependant une vision malhabile sur la vengeance, justifiant la peine de mort et défendant même l’auto-défense. Si on retrouvera un message acerbe sur les politiques et la justice américaine, visiblement trop laxiste, on reste sur un film bas du front et qui n’arrive pas à retrouver la dichotomie du premier film, qui reste le meilleur des deux.

Note : 11/20

Par AqME

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