Nico

Titre Original : Above the Law

De : Andrew Davis

Avec Steven Seagal, Pam Grier, Sharon Stone, Henry Silva

Année: 1988

Pays: Etats-Unis

Genre: Action, Policier

Résumé :

Expert en arts martiaux, Nico Toscani est recruté par la CIA mais suite à des différends avec son supérieur Zagon, il démissionne. Devenu simple policier à Chicago, il se lance sur les traces d’un trafiquant de drogue mais lors de son arrestation, les services secrets exigent sa libération. Se doutant de quelque chose, Nico décide de suivre l’affaire de près et se retrouve très vite confronté à un complot commandité par le FBI.

Avis :

Parmi les stars de films d’action des années 80, certaines vieillissent mieux que d’autres. Si Stallone, Schwarzenegger et même Dolph Lundgren semblent plutôt bien vieillir, d’autres commencent à accuser le poids des ans et de mauvais choix de carrière. Ce fut le cas pour Jean-Claude Van Damme, même s’il remonte doucement la pente, mais surtout pour Steven Seagal, dont l’égo démesuré n’a pas aidé à trouver des rôles. Un égo, mais aussi un charisme d’huître et un regard de veau dans la luzerne qui ne lui auront pas permis de tourner dans des films au mieux sympathique. Pour autant, Steven Seagal possède une base de fans assez solide et semble avoir un capital sympathie assez fort, même lorsqu’il joue dans des DTV complètement fauché, où son rôle se limite à celui de mentor mangeant une carotte. Sa carrière commence véritablement en 1988 avec son premier film, Nico (Above the Law en version originale) dont il coécrit le scénario et qui va être mis en scène par Andrew Davis qui sortait de Sale Temps Pour un Flic avec Chuck Norris. Et on sent bien venir la finesse du projet.

Ici, on va suivre Nico Toscani, un ancien membre de la CIA qui va démissionner suite aux méthodes plus de douteuses d’un certain Zagon et qui va se retrouver comme simple flic dans la ville de Chicago. Avec des méthodes expéditives, Nico va arrêter un trafiquant de drogue qui sera par la suite relâché par le FBI qui semble subir l’influence d’une personne haute gradée. Sentant une magouille au niveau de la politique, et une certaine corruption, Nico continue de mener l’enquête, malgré les menaces qui pèsent sur lui et sa famille. Alternant le film de policier avec le film d’action, Nico est un métrage qui ne va pas chercher bien loin et qui semble même déjà-vu si on le regarde de nos jours. Un flic zélé, une histoire de corruption politique avec prise de pouvoir, des méchants très méchants et des gentils, plutôt naïfs, c’est le cocktail un peu manichéen de ce film qui ne cherche pas midi à quatorze heures, hormis divertir son public en lui présentant un nouveau action héros en la présence de Steven Seagal. Et c’est peut-être bien ce héros qui va être le principal problème de ce film.

Etant coécrit par l’acteur en question, on a clairement l’impression de ne voir que lui à l’écran. Et non pas parce qu’il irradie de charisme à chaque apparition, mais simplement parce qu’à chaque plan, on voit Seagal. Il est omniprésent, presque omnipotent et cela se révèle être assez dérangeant. Dans le sens où il écarte les autres acteurs, les ramenant à un simple rôle fonction pour lesquels on ne ressentira rien. Pam Grier tentera d’exister sans avoir un rôle important, et pourtant, c’est l’acolyte de Nico. Sharon Stone n’aura qu’un rôle de potiche, de mère au foyer qui doit se réfugier chez un type durant l’affaire pour se protéger, elle et son fils. Quant à Henry Silva, il a tellement une tête de méchant qu’il est identifiable tout de suite et il ne fera par la suite que quelques apparitions pour montrer qu’il existe un peu dans le film. De ce fait, Steven Seagal s’approprie le film à un tel point que les autres personnages n’ont pas de fond, et l’impact émotionnel n’aura aucun effet sur non. A titre d’exemple, lors d’une fusillade, Pam Grier se fait toucher, on pense qu’elle est morte, mais on s’en fout royalement. Le film manque de profondeur dans ses personnages, la faute à un héros trop étouffant, qui ne laisse rien vivre autour de lui.

Et puis soyons honnête quelques secondes, mais Steven Seagal est un acteur absolument horrible. Il ne dégage rien, il a toujours le même regard qui n’exprime que du vide et lorsqu’il faut faire un peu d’humour, il bouge uniquement ses sourcils dans l’espoir de faire rire. C’est d’une tristesse… Par contre, le film fonctionne parfaitement dans son ambiance. On nage en pleine intrigue policière assez sombre, avec du trafic de drogue, bien entendu, mais au sein d’un environnement qui n’est pas sain. Parmi les malfrats, ils sont tous menteurs, manipulateurs et très sûrs d’eux. La rue représente aussi un danger permanent pour le héros, qui va devoir faire marcher ses poings plus d’une fois pour se faire respecter ou même sauver sa vie. Les chorégraphies sont étonnamment simplistes, Steven Seagal répétant inlassablement les mêmes gestes durant les bagarres de rue, désarmant avec une certaine facilité de pauvres bougres complètement à côté de leurs pompes. Cette insécurité crée alors un climat assez froid malgré la chaleur palpable du film et c’est plutôt bien vu. On regrettera par contre l’absence de moments marquants, de scènes vraiment iconiques pour l’acteur principal qui, même s’il s’accapare tout le film, n’arrive pas à imposer une image massive et nerveuse. Et puis ça manque de gros bras, l’acteur faisant presque peine lorsqu’il se met en débardeur. Reste alors la mise en scène classique d’Andrew Davis qui, sans faire des étincelles, se tient sans en faire des caisses.

Au final, Nico est un film qui a lancé la carrière de Steven Seagal est on peut comprendre pourquoi. Non pas que le film soit extraordinaire, même s’il demeure sympathique, mais c’est surtout que l’acteur est omniprésent dans ce film, et ne laisse que des miettes à d’autres célébrités talentueuses qui n’auront que des rôles fonctions. Pas étonnant que par la suite, l’acteur ait choppé un melon énorme, au point de ruiner sa carrière et d’être aujourd’hui cantonné aux bacs de DVD à 1 euro… Bref, un film classique, sans surprise, peut-être un poil réac sur les bords, mais qui n’a pas trop vieilli, et c’est déjà ça de pris.

Note : 13/20

Par AqME

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