Life of Agony – The Sound of Scars

Avis :

La vie de groupe, c’est quelque chose de très complexe et il faut savoir vivre les uns avec les autres, que ce soit dans un studio ou lors de tournées. Life of Agony se forme à la toute fin des années 80 autour de trois membres qui font rester jusqu’au bout, à savoir Mina Caputo, Alan Robert et Joey Z. Alors que le groupe change souvent de batteur, il recrute Sal Abruscato, qui a joué notamment avec Type-O Negative. Avec cette formation, le groupe enregistre alors plusieurs albums. Mais au bout de dix ans, la séparation est annoncée, Mina Caputo ne supportant plus la direction artistique prise par le groupe. Pour autant, trois ans plus tard, les membres se réconcilient et décident de reformer Life of Agony… pour une durée de dix ans. Ce qui ressemble à un cycle vient en fait de Mina Caputo, que l’on appelait Keith jusqu’alors et qui annonce son transgenre et décide de vivre pleinement sa vie de femme. Mais au bout de deux ans, le groupe se reforme au détour d’un concert, et la flamme revient. Une flamme qui va aboutir sur plusieurs albums dont le dernier en date est The Sound of Scars, un album concept qui répond à leur tout premier album sorti en 1993, River Runs Red. Mais était-ce une bonne idée ?

Il faut savoir que Life of Agony n’a plus trop bonne presse, notamment depuis leur reformation en 2014. L’album précédent fut accueilli tièdement par la presse spécialisée, et il semblait que le groupe n’avait plus grand-chose à offrir. Mais The Sound of Scars va raviver la flamme, du moins pour les sites spécialisés, annonçant un excellent album et un doux retour aux sources pour Life of Agony. Est-ce vraiment le cas ? Non. Après un prelude qui reprend là où on avait laissé la fin du premier album, le groupe lance Scars, et on va vite trouver les faiblesses de l’album dans sa globalité. L’introduction est percutante, les riffs sont assez lourds, c’est même assez rythmé, mais la chanteuse s’endort un peu sur ses lauriers, et offre un chant timide qui semble même transformé pour donner plus d’effet à l’ensemble. C’est étrange et c’est même dérangeant par moment. Alors ce premier titre fonctionne tout de même un peu, notamment grâce à un joli solo, mais ça reste très simpliste sur la forme. Black Heart va continuer sur cette lancée, en prônant un métal lourd au niveau des instruments, mais faiblard sur la voix, avec des modifications qui sont de mauvais goût. La structure même du titre est calibrée au possible, et la violence que l’on attend avec les riffs ne viendra jamais. Lay Down sera du même acabit avec tout de même quelques améliorations au niveau du refrain, même si ça reste binaire et que ça répète inlassablement la même chose. Il manque clairement quelque chose pour que les morceaux éclatent et surprennent. D’autant plus qu’ils sont souvent entrecoupés pour des interludes qui tentent de raconter une histoire, basique au possible su un homme qui fait des tentatives de suicide, et cela casse tout le rythme que l’album veut imposer.

Empty Hole promet un morceau tonitruant avec une introduction bien nerveuse, avant de tout casser lorsque la voix de Mina Caputo intervient avec un genre de vocoder qui vient tout dénaturer. Les riffs se calment et on se retrouve face à un titre qui enchaine les couplets façon fillette dans l’espoir de briser des nuques sur les refrains, mais il n’en sera rien, tant le morceau sera basique au final. My Way Out, comme tous les autres titres finalement, vaudra le coup pour les riffs assez brutaux et une ambiance un peu dark, mais cela ne s’accorde pas vraiment avec la voix de la chanteuse, qui manque de poigne, de hargne et reste dans un registre trop gentillet, où les cris sont bien trop absents. D’autant plus que comme pour le titre précédent, le refrain est composé de seulement deux phrases répétées inlassablement, et ça montre une écriture un peu paresseuse. Eliminate et sa ligne de basse sortent un peu du lot, essayant de livrer un titre un peu plus punk dans l’âme, plus concis, plus direct, mais qui manque de punch et d’une réelle énergie. Dans tout ce marasme, on ne pourra pas compter sur Once Below, Stone ou encore Weight of the World, trois titres qui se suivent et qui ne marquent pas, la faute à des accointances trop prononcées… Reste alors I Surrender, le meilleur titre de l’album, plus long, pus construit, plus poignant sur son final grandiloquent, mais c’est malheureusement peu de chose sur tout un album.

Au final, The Sound of Scars, le dernier album de Life of Agony, n’est pas vraiment une réussite comme on peut le lire sur quelques sites. S’il répond au premier skeud du groupe, il n’en demeure pas moins fainéant et même pénible par moment, à cause des arrangements vocaux de la chanteuse, dénaturant finalement les titres et manquant de spontanéité et de justesse. En bref, il s’agit-là d’un album concept conçu pour les fans, mais qui laissera sur le carreau les amateurs de métal, le vrai, celui qui tabasse et laisse effectivement des cicatrices.

  • Prelude
  • Scars
  • Black Heart
  • Lay Down
  • Then
  • Empty Hole
  • My Way Out
  • Eliminate
  • Now
  • Once Below
  • Stone
  • Weight of the World
  • When
  • I Surrender

Note : 08/20

Par AqME

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Facebook : Lavisqteam.fr – Contact: lavisqteam@laposte.net