octobre 30, 2020

Les Proies

Titre Original : The Beguiled

De : Sofia Coppola

Avec Nicole Kidman, Elle Fanning, Colin Farrell, Kirsten Dunst

Année: 2017

Pays: Etats-Unis

Genre : Drame

Résumé :

En pleine guerre de Sécession, dans le Sud profond, les pensionnaires d’un internat de jeunes filles recueillent un soldat blessé du camp adverse. Alors qu’elles lui offrent refuge et pansent ses plaies, l’atmosphère se charge de tensions sexuelles et de dangereuses rivalités éclatent. Jusqu’à ce que des événements inattendus ne fassent voler en éclats interdits et tabous.

Avis :

Sofia Coppola est une réalisatrice dont j’aime beaucoup le cinéma. La réalisatrice s’est fait maîtresse dans un genre, ou plutôt un cinéma étrange mais qui se trouve être aussi étrangement passionnant, l’ennui. À travers ses films, Sofia Coppola n’a fait que filmer l’ennui de ses personnages. L’ennui des adolescents dans « Virgins Suicide« , « The Bling Ring« , l’ennui de « Marie-Antoinette » à Versailles, l’ennui d’un auteur dans un hôtel avec « Somewhere » ou encore l’ennui de Scarlett Johansson au Japon dans « Lost in translation« . Il n’y a que « A Very Murray Christmas« , que je n’ai pas encore vu, disponible sur Netflix pourtant depuis 2015, qui est totalement passé inaperçu, mais quand on s’attarde sur le synopsis de ce dernier, l’ennui a l’air encore une fois au rendez-vous.

Son dernier film en date est « Les proies » et je dois dire que j’ai tout entendu à son sujet, allant du chef-d’œuvre à l’ennui profond. Pour ma part, tout film signé Sofia Coppola attire toujours ma curiosité et comme celui-ci jouissait d’un casting en or, je me suis donc enfin plongé dedans, et après « The Bling Ring » qui fut une petite déception, je dois bien avouer que ce sentiment se reproduit ici face à un film long et surtout plat, avec lequel on trouve peu d’accroche avec ses personnages ou encore avec la non tension qu’on pensait y trouver. Il reste alors des éléments intéressants et des interprétations plus que correctes, mais rien de quoi nous tenir totalement et c’est bien dommage.

La guerre de sécession a commencé il y a trois ans de cela. Dans le Sud profond, dans un pensionnat de jeunes filles, les pensionnaires recueillent un soldat blessé à la jambe. Alors qu’elles s’occupent de lui et le soignent du mieux qu’elles peuvent, l’atmosphère devient de plus en plus lourde et sans le savoir, sans le voir, des rivalités se mettent insidieusement en place. Alors quand un événement, une nuit, survient, l’ordre du pensionnat vole en éclats…

Je ressors donc assez déçu des « … proies« , dernier né de Sofia Coppola et ce qui est assez agaçant avec ce film, c’est qu’il a presque tout bon, malheureusement pour lui, c’est dans le plus important qu’il se plante et passe à côté.

Si on regarde du côté de la « technique », franchement, on ne peut rien lui reprocher, la photographie est à tomber par terre, les cadres sont parfaits, donnant bien souvent des allures de peinture en mouvements au film, les décors sont superbes, les costumes c’est la même, et les comédiens sont très bons et l’on trouve une BO toujours signée Phoenix, intéressante. Bref, de ces côtés-là, Sofia Coppola a tout bon.

Mais voilà, malgré tous ces bons éléments, ça ne suffit pas vraiment à « sauver » le film de l’ennui. Le souci avec ces « … proies« , c’est qu’il traîne et traîne en longueur et il n’arrive pas vraiment à créer l’ambiance et la tension nécessaire qui aurait permis de nous accrocher. La mise en scène, si belle soit-elle visuellement parlant, demeure toutefois très classique et surtout elle est sans relief. Si dans un sens Sofia Coppola filme (encore une fois) l’ennui de ces femmes qui se voit troublé par l’arrivée impromptue d’un homme au sein de cette demeure, elle n’arrive jamais à faire décoller son film et nous spectateur, on reste dans l’attente qu’enfin le film s’envole, qu’enfin il se passe quelque chose qui serait bousculant et marquant. Alors bien entendu, la cinéaste y arrivera l’espace d’une bonne dizaine de minutes, mais premièrement, elle y arrive trop tard et deuxièmement, elle le fait pratiquement sur sa fin et la résultante de ces quelques minutes de tension fait retomber le film et finalement, on reste devant cette conclusion déçu, avec une sensation presque amère de « tout ça, pour ça ».

En plus d’une réalisation plate, Sofia Coppola n’arrive pas vraiment à nous accrocher avec ses personnages, car si ces derniers sont bien campés, il demeure que finalement, ils sont aussi lisses que la mise en scène, et tout comme cette dernière, on reste dans l’attente qu’ils prennent vie, qu’ils aient des émotions, un réel désir et au-delà de ça, qu’ils existent vraiment. Alors bien entendu, ils ont des sentiments et ils finissent par exister à l’écran, mais là encore, ça reste très peu pour nous convaincre et c’est bien dommage.

Je ressors donc assez déçu de ces « … proies« . Certes, le film a de très bons éléments, mais sur l’ensemble, le tout reste plat, lisse, sans relief, et ça traîne en longueur pour pas grand-chose et ça, c’est vraiment dommage, car il est vrai que quand on survole le pitch, « Les proies » a tout pour s’inscrire parfaitement dans la filmographie de la cinéaste américaine, mais rien n’y aura fait et tout comme ses personnages, finalement, on se sera ennuyé. Dommage.

Note : 07/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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