Seules les Bêtes – Moll Dans le Dur

De : Dominik Moll

Avec Denis Ménochet, Laure Calamy, Damien Bonnard, Nadia Tereszkiewicz

Année : 2019

Pays : France, Allemagne

Genre : Thriller

Résumé :

Une femme disparaît. Le lendemain d’une tempête de neige, sa voiture est retrouvée sur une route qui monte vers le plateau où subsistent quelques fermes isolées. Alors que les gendarmes n’ont aucune piste, cinq personnes se savent liées à cette disparition. Chacune a son secret, mais personne ne se doute que cette histoire a commencé́ loin de cette montagne balayée par les vents d’hiver, sur un autre continent où le soleil brûle, et où la pauvreté́ n’empêche pas le désir de dicter sa loi.

Avis :

Dominik Moll est un cinéaste à l’univers très marqué. Depuis le début des années 90, l’homme creuse le drame et le thriller avec beaucoup d’assurance, et même s’il n’a pas toujours su convaincre, il a su imposer une patte et quelque chose d’audacieux. On n’avait plus vraiment de nouvelles du réalisateur depuis l’échec de « Des nouvelles de la planète Mars« , film qui était sorti en 2016. Dominik Moll, avant de revenir sur le grand écran, s’est essayé à la série télé, réalisant la mini-série « Eden » qui, si elle a de bons échos, est passée plutôt inaperçue.

Après trois ans d’absence sur les écrans, voici donc que Dominik Moll revient au cinéma avec un nouveau thriller. Quand on découvre la bande-annonce, il est certain que « Seules les bêtes » apparaît comme un film sans grande surprise, peut-être même convenu, tant le cinéma a déjà brassé ces histoires-là. Mais bon, une affaire de disparition sous l’œil de Dominik Moll , forcément, la curiosité est plus que présente et à la sortie de la salle, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on s’attendait à tout sauf à ça. Ingénieux, surprenant et audacieux, « Seules les bêtes » est bien plus qu’une surprise et il est même passionnant de bout en bout à force de réinventer de son histoire. Bref, « Seules les bêtes » s’impose comme le meilleur film de son réalisateur !

Une femme disparaît sans laisser de traces. Sa voiture est retrouvée par la gendarmerie, mais le mystère est entier. Plusieurs personnages qui se connaissent ; ou pas, sont liées à cette histoire sans même le savoir. Une histoire qui commence bien loin des montagnes enneigées de la France.

Adapté du roman de Colin Niel, « Seules les bêtes« , sur le papier, s’annonçait peut-être sombre, thriller obligé, mais il s’annonçait surtout tranquille et c’est avec plaisir qu’on a découvert un film tout autre. Un film qui peut se vanter en premier de détenir un scénario merveilleux. Un scénario qui est une leçon de manipulation. Loin d’être linéaire, multipliant les points de vue, Dominik Moll construit son film en chapitres et il s’occupe de présenter ses personnages et un bout de leur histoire à chaque fois.

Ce qui est génial avec ce film, c’est la façon dont Dominik Moll, grâce à un très astucieux montage, s’amuse à réinventer et dévoiler de plus en plus son intrigue. C’est bien simple, le cinéaste nous balade pendant près de deux heures et l’on adore ça. On adore redécouvrir avec des éléments en plus cette histoire, qui finalement résonne comme un puzzle infernal, où chaque détail a son importance. D’ailleurs, le film étant très riche en informations et autres causes et effets, il est presque impossible d’en découvrir toutes les petites subtilités, tous les points de ralliement, les petites informations et autres phrases dites çà et là. Dominik Moll s’assure donc un deuxième visionnage de la part de ses spectateurs tant cela doit être utile, et au-delà de ça, il doit être tout simplement jubilatoire.

« Seules les bêtes« , c’est aussi une ambiance quasi-parfaite. Si la réalisation de Dominik Moll peut apparaître comme classique, elle assure le spectacle, avec comme on le disait plus haut, un montage des plus astucieux. D’ailleurs, on peut féliciter Laurent Roüan pour son travail, car le défi fut de taille pour arriver à tout rendre cohérent et fluide.

Avec « Seules les bêtes« , on appréciera aussi la surprise qui monte petit à petit au fur et à mesure que les pièces du puzzle se rassemblent. Bien souvent, Dominik Moll va nous scotcher sur place, tant son film est imprévisible, tant il est improbable aussi, instaurant de l’humour là où il ne devrait pas y en avoir, instaurant du drame qui ne manquera pas de nous marquer. Bref, son film est exécuté avec précision et une fois lancé dans ce tourbillon infernal, une fois que les surprises s’enchaînent, il est impossible de ne pas aller jusqu’au bout !

Enfin, « Seules les bêtes« , c’est un casting impeccable de gueules. Dominik Moll s’est fait plaisir, réunissant pas moins que Denis Ménochet, Valéria Bruni Tedeschi, Laura Calamy, Damien Bonnard, la jeune Nadia Tereszkiewicz qu’on découvre avec grand plaisir, tout comme Guy Roger N’drin. Chaque comédien a son importance et dans cet effet papillon incontrôlable, tous sont construits, et au-delà ça, ils sont aussi fascinants qu’intrigants.

Ca faisait bien longtemps qu’on ne s’était pas fait autant balader au cinéma. Audacieux, original, surprenant, passionnant, avec « Seules les bêtes« , Dominik Moll signe ni plus ni moins que son meilleur film. Un film qui demande d’être vu et revu même, car il est certain que le film n’a pas fini de se dévoiler à nous au fur et à mesure qu’on le revisite. Bref, la très belle surprise de cette fin d’année. Coup de cœur !

Note : 17/20

Par Cinéted

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