octobre 26, 2020

Sale Temps Pour les Pêcheurs

Titre Original : Mal Dia Para Pescar

De : Alvaro Brechner

Avec Gary Piquer, Jouko Ahola, Antonella Costa, César Troncoso

Année : 2011

Pays : Espagne, Uruguay

Genre : Comédie, Drame

Résumé :

Le « Prince » Orsini n’aurait-il pas dû suivre son propre conseil plutôt que d’entraîner Jacob, son protégé, dans le défi de trop ? L’épicier, dit le « Turc », n’aurait-il pas du désobéir à Adriana, sa femme, plutôt que de monter sur le ring ? La mirifique prime de 1000 Dollars promise à celui qui résistera à Jacob, l’ancien champion du monde de lutte, excite les passions et échauffe les esprits. Après le départ de Jacob et Orsini, Santa Maria, calme bourgade perdue quelque part en Uruguay, ne sera plus jamais la même.

Avis :

Alvaro Brechner est un cinéaste uruguayen. Pendant les années 2000, le réalisateur tourne plusieurs court-métrages qui vont être sélectionnés dans plus d’une centaine de festivals à travers le monde. Petit à petit, Brechner se fait une petite réputation, ce qui lui permet de débloquer des fonds pour tourner son premier long-métrage. Un premier long-métrage qui trouvera dans son pays un joli succès, qui l’emmènera jusqu’aux Oscars dans la catégorie meilleur film étranger. Si Brechner n’aura pas la statuette, il réitérera l’exploit pour ses deux autres films.

Mais bon, revenons à ce premier film, « Sale temps pour les pêcheurs« . Tout comme le précédent film que j’ai vu d’Alvaro Brechner, en commençant ce film, je n’avais aucune idée d’où je mettais les yeux et les idées. Si j’ai découvert en début d’année « Compañeros« , c’est parce qu’il y avait au casting un comédien que j’aime beaucoup, Antonio De La Torre. Le film fut une claque monumentale et aujourd’hui, si je découvre « Sale temps pour les pêcheurs« , c’est parce que le film cité plus haut fut une claque et encore une fois, je peux dire merci à ma curiosité, tant ce premier film d’Alvaro Brechner est une très belle surprise. Une surprise qui regorge d’humanité et de richesse dans le traitement de cette histoire à part, originale et en même temps pas tant que ça. En deux films sur trois, il semblerait bien qu’Alvaro Brechner ait tout compris au cinéma !

Orsini, dit le Prince, est un petit arnaqueur qui gagne sa vie en truquant des matchs de lutte. Orsini traverse l’Uruguay avec Jacob, un ancien champion de lutte. L’homme organise dans chaque ville un combat et promet une récompense de mille dollars à celui qui osera affronter Jacob, mais surtout à le battre. Alors que jusqu’ici, le duo s’en est toujours très bien tiré, Adriana, une femme pleine d’envie, arrive à faire annuler l’homme qui devait soit disant se battre contre Jacob, pour laisser son mari y participer. Le mari en question, dit le Turc, est une masse et Orsini sait que Jacob n’a aucune chance… Comment faire alors ? Comment dissuader cet homme qui a besoin d’argent de se battre ?

Quel plaisir que la découverte de ce film ! « Sale temps pour les pêcheurs« , c’est le genre de film dont on n’attend rien, ou pas grand-chose, et c’est le genre de film qui, de par sa richesse, sa générosité et tout le talent de ceux qui ont bossé dessus, nous entraîne dans un petit bout de cinéma qui fait tout simplement du bien.

Dramédie, il y a quelque chose de très vrai qui se dégage de ce film. Alvaro Brechner a su capturer l’humanité pour la rendre aussi véritable qu’elle peut être aussi presque onirique, tant le film peut avoir des envolées pleines de poésie.

« Sale temps pour les pêcheurs« , c’est un scénario qui est tout simplement génial de bout en bout. C’est un scénario original, qui arrive à trouver le parfait équilibre entre drame et comédie. C’est un scénario qui nous tient en haleine tout du long, car plus son intrigue avance et plus le personnage principal s’enfonce dans son message, son arnaque qui lui échappe et une question nous tient là, comment va-t-il pouvoir ce sortir de ce pétrin ? Alvaro Brechner tient parfaitement son suspens et il nous entraîne vers un film ô combien parfait. Un final bien plus intéressant et riche qu’on ne l’aurait imaginé. D’ailleurs, derrière tout ce qui tourne autour de ce mensonge, « Sale temps pour les pêcheurs » est un film plus intelligent et plus profond qu’il n’en a l’air, puisqu’à travers cette histoire, il peint le portrait d’un pays pauvre, en manque de tout ou presque. Le film de Brechner nous raconte l’histoire d’un homme qui essaie de s’en sortir comme il le peut, il nous raconte l’histoire d’un autre homme qui essaie de se reconstruire, tout comme il nous raconte l’espoir d’une vie maintenant pour un couple, ou encore l’envie de rêve, de divertissement, pour une population qui se rue sur ces spectacles. Bref, les propos sont passionnants et le tout est très intelligemment amené et petite cerise sur la pellicule, le tout est vraiment touchant.

« Sale temps pour les pêcheurs« , c’est un film qui a un très beau casting d’acteurs qui nous est totalement inconnu et que de talents découvrons-nous là. Gary Piquer, Jouko Ahola, Antonella Costa sont tous géniaux, trouvant chacun des personnages qui ont du fond, et qui là encore, sont plus profonds que l’on pouvait imaginer.

Si le fond est donc très bon, la forme l’est tout autant. « Sale Temps pour les pêcheurs« , c’est tout d’abord un rythme qui ne lâche rien. C’est un rythme qui oscille entre les genres avec beaucoup d’aisance. On s’amuse, on rit, on est touché et parfois même, on est émerveillé. Émerveillé par l’humanité et la simplicité qui se dégage de l’ensemble, mais aussi émerveillé par la poésie qu’Alvaro Brechner injecte dans sa mise en scène, certains plans à eux seuls valent amplement qu’on s’arrête sur ce film. C’est assez inattendu, ça nous sort de nos sentiers battus, c’est original et surtout ça fonctionne encore une fois à la perfection.

Petit bijou totalement surprenant qui fait du bien, ce premier film est autant une curiosité, qu’un fabuleux moment de cinéma qui sait amuser, autant qu’il sait toucher les cœurs. Beau dans le fond et la forme, d’emblée le talent d’Alvaro Brechner nous saute aux yeux et après cette nouvelle découverte, il est certain qu’on va suivre de très très près la carrière du réalisateur uruguayen.

Note : 17/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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