octobre 21, 2020

Brooklyn Affairs – Edward Noirton

Titre Original : Motherless Brooklyn

De : Edward Norton

Avec Edward Norton, Gugu Mbatha-Raw, Alec Baldwin, Willem Dafoe

Année: 2019

Pays: Etats-Unis

Genre: Policier

Résumé:

New York dans les années 1950. Lionel Essrog, détective privé souffrant du syndrome de Gilles de la Tourette, enquête sur le meurtre de son mentor et unique ami Frank Minna. Grâce aux rares indices en sa possession et à son esprit obsessionnel, il découvre des secrets dont la révélation pourrait avoir des conséquences sur la ville de New York… Des clubs de jazz de Harlem aux taudis de Brooklyn, jusqu’aux quartiers chics de Manhattan, Lionel devra affronter l’homme le plus redoutable de la ville pour sauver l’honneur de son ami disparu. Et peut-être aussi la femme qui lui assurera son salut…

Avis:

Il est presque inutile de présenter Edward Norton, comédien de génie qui a traversé la fin des années 90 et le début des années 2000 avec grâce, voguant de chef-d’œuvre en chef-d’œuvre. Pourtant, malgré une côte de popularité assez folle, cela doit bien faire une dizaine d’années qu’on n’a pas vu Edward Norton tenir un vrai rôle taillé à sa mesure. Il a bien tourné pour de grands réalisateurs comme Wes Anderson, Alejandro González Iñárritu, ou encore pour David Frankel, mais on ne peut pas dire qu’il ait trouvé des rôles marquants. Alors peut-être est-il parti chercher ce rôle marquant tout seul.

Vous ne le savez peut-être pas, mais « Brooklyn Affairs » n’est pas le premier film qu’Edward Norton réalise. En 2000, Norton avait déjà réalisé un film, une petite comédie amusante avec Ben Stiller qui répondait au doux titre de « Au nom d’Anna« . « Brooklyn Affairs » marque donc le retour de Norton derrière la caméra, mais aussi devant, puisqu’en plus d’avoir écrit et réalisé le film, Edward Norton en est aussi l’acteur principal.

« Brooklyn Affairs« , c’est le genre de film que j’attendais avec une certaine impatience, simplement de par son idée, Edward Norton racontant ici l’histoire d’un détective privé atteint du syndrome de Gilles de la Tourette. Franchement, avec une idée pareille, comment résister à l’envie de voir le film ? De plus, Norton voulait livrer un film noir, s’inspirant de ce qui se faisait dans les années 50/60. Bref, on avait beaucoup d’éléments (et il y en a d’autres encore) pour faire de « Brooklyn Affairs » une œuvre de cinéma passionnante et puissante, mais malheureusement, ce fut loin d’être le cas, et finalement à la sortie, seule l’idée en elle-même reste bonne, pour le reste, il faudra tristement repasser.

New York, dans les années 50. Frank Minna dirige un cabinet de détective privé. Un matin, alors qu’il est sur une affaire, il se fait tirer dessus et meurt à l’hôpital dans les bras de Lionel Essrog, son collègue et ami. Que savait Frank et pourquoi on l’a tué ? Lionel se met à enquêter pour découvrir la vérité.

Deuxième réalisation pour Edward Norton. Très sincèrement, les années 50, une enquête par un mec qui est atteint du syndrome de la Tourette, une envie d’offrir un cinéma noir comme on en voit plus énormément, Edward Norton, Bruce Willis, Williem Dafoe, Alec Baldwin… ce film devait être bon, il se devait d’être la surprise de cette fin d’année 2019 et au final, il est une déception, une belle et grande déception.

On reconnaîtra au film d’Edward Norton de jolies qualités, comme une impeccable reconstitution. On lui reconnaîtra une certaine élégance et un souci du détail, Edward Norton voulant offrir à son spectateur ce qu’il y a de plus beau (cadre parfait, photographie somptueuse, mouvements de caméra maitrisés). On lui reconnaîtra aussi une BO magnifique signé Daniel Pemberton, entre classique et jazz, cette BO envoûte du début à la fin, même si elle est aussi très souvent en décalage avec ce qui se passe à l’écran.

Mais voilà, derrière ces bons éléments, « Brooklyn Affairs » a du mal à convaincre et nous emporter dans son intrigue. Plusieurs défauts se mettent en travers de notre route, le premier étant cette intrigue terriblement compliquée pour pas grand-chose au final. Edward Norton piétine dans son film, et il se met lui-même des bâtons dans les roues. Bien souvent cette intrigue, en plus de ne pas être si impactante que ça, apporte plus de questions que de réponses. Sérieusement, que vient faire toute cette intrigue autour de l’immobilier dans cette histoire ? Cette intrigue plombe une bonne partie du film et en plus d’apporter de la longueur, une fois la fin avérée, un goût presque amer nous reste en bouche, un goût de « tout ça, pour ça ! »…

On ajoutera à cela que si l’idée d’un détective atteint de la Tourette est incroyable sur le papier, à l’écran, c’est un tout autre débat. Edward Norton qui incarne le détective en question se donne à fond, mais l’acteur réalisateur en fait trop et alors que tout est ici sombre, se revendiquant d’un « Chinatown » ou des plus grands polars noirs du genre, ici, Edward Norton prête très souvent à sourire et l’on se retrouve finalement devant un film où il est difficile de ne pas sourire, ou pire encore se moquer des hurlements caricaturés de Norton. Il y a bien des petites touches de réflexions sur cette idée, d’ailleurs le personnage d’Edward Norton est le seul qui a une profondeur, car pour les autres, même s’ils sont tenus par un casting merveilleux, on ne peut pas dire que les personnages soient creusés.

Enfin, si esthétiquement parlant, le film d’Edward Norton est très beau, on ne peut pas dire que l’ambiance y soit fabuleuse. Si « Brooklyn Affairs« , à bien des regards, peut évoquer un « Chinatown » new-yorkais, il est loin du bijou de Roman Polanski. « Brooklyn Affairs » est dans un sens trop lisse et bien souvent on ressent plus l’amour de Norton pour le genre alors que le film ne demande qu’une chose, c’est le vivre cet amour.

Je ressors donc déçu de ce second métrage signé Edward Norton. « Brooklyn Affairs » avait tous les ingrédients réunis pour être incroyable, mais finalement, malgré de bons arguments, un beau geste et une envie, « Brooklyn Affairs » ennuie et frustre plus qu’autre chose et c’est tellement dommage.

Note : 08/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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