décembre 4, 2020

2001 Maniacs

De : Tim Sullivan

Avec Robert Englund, Lin Shaye, Peter Stormare, Bill McKinney

Année: 2005

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur, Comédie

Résumé :

Un petit groupe de jeunes adolescents en route vers Daytona Beach s’égare pour échouer dans la ville de Pleasant Valley. Ils sont accueillis à bras ouverts par cette petite bourgade sudiste et par des personnages en hauts couleurs. Trop heureux de s’amuser, les voyageurs ne se doutent pas un instant qu’ils vont bientôt servir de repas final pour le Grand Banquet…

Avis :

Durant les années 60, alors que La Hammer prospérait tranquillement en Europe avec ses petits films gothiques, un petit malin va faire une entrée fracassante dans le monde du cinéma de genre. Cet américain, c’est Herschell Gordon Lewis qui, en 1963, avait proposé Blood Feast, alors censuré, puis en 1964, 2000 Maniacs ! qui marquera le cinéma au fer rouge et deviendra alors le premier film gore du cinéma. Premier film si l’on excepte Blood Feast, qui sortira plus tard du coup, même s’il a été tourné avant. Mais qu’importe la chronologie, c’est 2000 Maniacs ! qui s’attirera autant les foudres que les éloges d’un public demandeur de nouveautés et de quelques saletés à l’écran. Bien évidemment, il ne fallait pas chercher bien loin au niveau du scénario, qui prenait les traumas de la guerre de sécession pour mettre en scène des fantômes cannibales revanchards. Et c’est alors qu’en 2005, près de quarante ans plus tard, que des producteurs peu scrupuleux, alors que le torture-porn revient sur le devant de la scène, décident d’en faire un remake, déguisé sous forme de comédie gore. Il en résulte alors 2001 Maniacs !, réalisé par Tim Sullivan, scénariste tout d’abord sur quelques projets, puis réalisateur dont la carrière s’arrêtera en 2011 avant de se lancer dans la production. Rien de bien engageant pour rentrer dans ce film qui met en scène un Robert Englund post-Freddy qui en fait des caisses.

Alors que le film de Gordon Lewis démarrait de suite avec le piège se refermant sur les victimes avec ce panneau de détournement, ici, Tim Sullivan va tenter de présenter les différents protagonistes de façon plus fine. On retrouvera donc trois jeunes qui partent faire la fête pour la fin de leurs études et qui vont croiser sur la route trois autres personnes, dont deux très jolies jeunes femmes. Roulant une bonne partie de la nuit, c’est au réveil que les jeunes trouvent un panneau de détour et s’engagent sur une route qui les mènera vers Pleasant Valley et ses habitants étranges. Ils seront alors suivis de près par les trois autres rencontrés la veille, ainsi qu’un motard et sa compagne. Tout ce petit monde va alors se faire décrépir la tronche les uns après les autres. Pitch de base très simple, suivant à la trace le film de base, Tim Sullivan ne va pas apporter de grandes nouveautés, si ce n’est quelques effets gores tout aussi frontaux mais avec des effets spéciaux mieux gérés. Le problème avec cette introduction, qui n’est pas bien longue et qui essaye de faire ressentir de l’empathie pour les personnages, c’est qu’elle met en avant une bonne bande de crétins que l’on va immédiatement détester.

Le réalisateur l’a bien compris, il faut mettre en scène des personnages pour lesquels on ressent quelque chose, et surtout de la sympathie. Le problème, c’est que le film s’adresse principalement à des ados un peu débiles et qu’il met en scène des ados débiles attirés uniquement par les femmes et l’alcool. Cela rétrécit le public ciblé et si l’on n’a pas l’âge adéquat, on va vite se rendre compte de la vacuité du produit. Et se défendre derrière les atours d’une comédie potache n’excuse pas le vide abyssal qui nimbe le métrage. C’est con, c’est parfois drôle tellement c’est stupide, mais ce n’est pas hilarant, ce n’est pas finaud et c’est surtout très bête. Ici, les traumas de la guerre de sécession sont souvent rabâchés, le racisme latent est bien mis en avant avec ce pauvre noir biker qui va se faire écraser la tête et certains passages confinent à la connerie pure et dure, comme ce meurtre à l’acide ou encore le coup des cousines qui se roulent des galoches en exhibant leurs miches. C’est vulgaire et ça n’émoustillera que l’ado pré-pubère qui se mettra à la place de ce pauvre bougre qui se masturbe devant ces deux nanas qui s’astiquent la langue. Bref, c’est gras et globalement, tous les personnages, « gentils » comme méchants, sont des connards finis. Restant constamment dans le stéréotype, Tim Sullivan va mettre en évidence le couple héroïque, ne surprenant personne lors d’un dernier acte frileux où les survivants sont identifiés dès le début du métrage. Seule la fin, différente du film d’origine se révèle un poil couillue.

La seule satisfaction que l’on peut avoir dans ce film, si l’on excepte les corps sculpturaux des actrices, c’est les passages gores qui sont plutôt drôles et bien fichus. On retrouvera certains meurtres propres au premier film, comme cette bonne femme qui se fait écarteler par quatre chevaux, qui symbolise un peu son infidélité ou sa frivolité, puis on trouvera d’autres passages plus inspirés et tout aussi sales. Comme à chaque fois, si les meurtres peuvent paraître gratuits, ils ont tous une connotation précise. Par exemple, le black et la chinoise se font buter pour leurs origines, par racisme, mais aussi parce qu’ils ont des mœurs dérangeantes (un peu de SM). On aura aussi droit à un bel embrochage sur un personnage homosexuel et très clairement, le mauvais goût est de mise. Mais d’un autre côté, cette liberté de ton manque aujourd’hui et c’est presque jouissif de voir un spectacle aussi rétrograde de nos jours. Un effort particulier a été mis en place pour faire le plus sale possible, tout en frontal, histoire d’appuyer son statut de suite à un film déjà bien gore. Bref, si c’est con, ça reste bien fichu sur la forme et suffisamment rythmé pour distraire un petit peu. Il reste alors le casting, fait de jeunes premiers qui ne feront pas long feu dans le cinéma, mais de quelques pointures, dont un Robert Englund en maire sadique qui semble prendre un plaisir monstre à en faire des tonnes, une Lin Shaye qui posait déjà les bases de sa filmographie horrifique dans un rôle anodin, ou encore un Eli Roth, producteur sur le film, qui fait une apparition aussi inutile que dispensable.

Au final, 2001 Maniacs ! est une comédie horrifique gore qui se veut finalement assez fidèle à son modèle. Sanglante, bête comme ses pieds, prétextant une revanche par rapport à la guerre de sécession, le film ne cherche pas à faire réfléchir ou à poser un fond, mais plutôt à se faire dans le gorasse sale pour susciter un sentiment de dégoût. Malheureusement, avec le temps, si le film comporte quelques passages rigolos, il ne suscite pas un engouement incroyable, la faute à des personnages détestables, des situations grotesques, une surenchère parfois forcée et surtout une ambiance délétère complètement abandonnée. Bref, un film d’horreur lambda, ni bon, ni vraiment mauvais, mais qui demeure un nanar de luxe de mauvais goût.

Note : 10/20

https://www.youtube.com/watch?v=LjL1hLRFBjQ

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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