Proxima – De la Terre à la Terre

De : Alice Winocour

Avec Eva Green, Matt Dillon, Zélie Boulant-Lemesle, Alexei Fateev

Année : 2019

Pays : France, Allemagne

Genre : Drame, Action

Résumé :

Sarah est une astronaute française qui s’apprête à quitter la terre pour une mission d’un an, Proxima. Alors qu’elle suit l’entraînement rigoureux imposé aux astronautes, seule femme au milieu d’hommes, elle se prépare surtout à la séparation avec sa fille de 8 ans.

Avis :

Réalisé par Alice Winocour, la scénariste de l’excellent Mustang, Proxima est un film sur une astronaute qui doit tout abandonner pour partir en mission sur Mars. Porté par le talent d’Eva Green, retour sur ce long métrage puissant sorti le mercredi 27 novembre 2019.

Une histoire sur l’infiniment grand via des ressorts infiniment petits

Proxima n’est pas une histoire d’odyssée spatiale. Le récit se concentre uniquement sur Terre, dans une timeline qui évolue avant le voyage stellaire. Le long métrage raconte toute la préparation morale et physique de sa protagoniste, Sarah, astronaute et mère d’une petite fille. L’intérêt réside alors dans l’intimisme de la relation mère/fille, qui est la mécanique principale de l’œuvre. À l’instar du récent First Man, l’intérêt ne se trouve pas dans les étoiles, mais bien dans les relations émotionnelles entre les êtres humains. C’est un film qui regarde sur Terre pour mieux comprendre l’espace. Le regard est tourné vers les Hommes, plutôt que vers les étoiles.

C’est évidemment la force du métrage et surtout son inattendu. Proxima n’est pas un film d’espace. Il ne se concentre que sur l’avant. C’est une lente préparation mentale et physique que le personnage doit affronter. L’astronaute doit se confronter à ses propres hantises et surtout le pire des cauchemars pour une mère : se séparer de sa fille. Elle doit faire tout un travail sur elle pour couper le cordon ombilical, pour laisser sa descendance voler par ses propres ailes. Une crainte réciproque, puisque le point de vue de la jeune enfant est également mis en avant. Proxima est donc une histoire d’émancipation, d’indépendance de la condition féminine, même en tant que mère. C’est une histoire humaine forte et féministe.

D’un point de vu plus formel, le film d’Alice Winocour est intéressant sur la matérialisation des préparations à une mission spatiale. Très documenté, le film est pédagogue. La cinéaste met en scène les différents entraînements d’un futur astronaute. Eva Green est renversante. Elle trouve un rôle à la hauteur de son talent et prouve qu’elle peut jouer avec une sensibilité à fleur de peau. Elle est ici brillante. Malheureusement, Proxima est parfois un peu mécanique. La réalisation est trop académique, très terre à terre pour rester au plus proche de son intrigue. Un parti pris volontaire mais qui finit parfois par tourner en rond. Le récit s’étire quelquefois trop longuement, et perd de temps en temps son impact émotionnel. Le montage aurait gagné à être raccourci de quelques minutes. De même, si le sujet est universel, il est également très commun, et connu des spectateurs. Alice Winocour ne parvient pas à lui donner une identité spéciale, différente des autres films sur un sujet identique. Elle ne se différencie pas assez des autres, ce qui donne également cette impression de redite. Mais ceci est du détail, Proxima est une réussite incontestable, surtout grâce à la présence de Eva Green.

Bref, Proxima est une vision du voyage spatial très terre à terre. La cinéaste parle de l’infiniment grand avec des ressorts très intimes. C’est une histoire puissante d’une relation mère/fille obligée de couper le cordon. Eva Green est parfaite de précision.

Note : 14/20

Par Aubin

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