Insaisissables 2

Titre Original : Now You See Me 2

De: Jon M. Chu

Avec Jesse Eisenberg, Mark Ruffalo, Woody Harrelson, Dave Franco, Lizzy Caplan

Année: 2016

Pays: Etats-Unis

Genre: Thriller, Action, Comédie

Résumé :

Un an après avoir surpassé le FBI et acquis l’admiration du grand public grâce à leurs tours exceptionnels, les 4 Cavaliers reviennent !
Pour leur retour sur le devant de la scène, ils vont dénoncer les méthodes peu orthodoxes d’un magnat de la technologie à la tête d’une vaste organisation criminelle.
Ils ignorent que cet homme d’affaires, Walter Marbry, a une longueur d’avance sur eux, et les conduit dans un piège : il veut que les magiciens braquent l’un des systèmes informatiques les plus sécurisés du monde. Pour sortir de ce chantage et déjouer les plans de ce syndicat du crime, ils vont devoir élaborer le braquage le plus spectaculaire jamais conçu.

Avis :

Quand un film fonctionne au box-office et qu’il a un potentiel de suites, Hollywood ne crache pas dans la soupe et se permet de resservir une fournée pour surfer sur le succès du film précédent. Si la plupart des licences se construisent comme ça, on remarque rapidement un essoufflement impressionnant dès le deuxième épisode, et cela ne va qu’en dégringolant. De ce fait, on aurait pu craindre pour la qualité de cet Insaisissables 2 tant le premier film se suffisait à lui-même. Un casse, des magiciens, une fin satisfaisante, tous les ingrédients étaient réunis pour que cela ne devienne qu’un seul et unique blockbuster. Mais les américains voyant le potentiel pécuniaire du projet ont bien évidemment voulu en faire une suite, qui sortira en 2016, soit trois ans après le film du frenchy Louis LeTerrier. Et exit le français aux commandes, on va demander les faveurs de Jon M. Chu pour réaliser ce deuxième opus, avec toutes les raisons du monde de craindre le pire. Pourquoi ?

Déjà parce que Jon M. Chu n’a pas une carrière incroyable derrière lui. Il arrive dans le septième art en tant que producteur sur Le Secret de la Gourde Magique, un film chinois familial, puis en tant que réalisateur sur Sexy Dance 2. Après ça, il va accumuler les projets et les réalisations, en passant par deux documentaires sur Justin Bieber (paye ta qualité) puis la suite de G.I. Joe, un film bourrin sans aucune identité. Mettre alors un tel réalisateur sur un projet aussi ambitieux peut faire peur et amener à craindre le pire. Pour autant, quand on voit le casting affiché, on peut être rassuré. Parce que mettre dans le même film Woody Harrelson, Jesse Eisenberg, Mark Ruffalo, Dave Franco, Michael Caine, Morgan Freeman, Daniel Radcliffe et Lizzy Caplan, il faut avoir un budget faramineux. Bref, le projet pouvait souffler le chaud et le froid et mine de rien, c’est le chaud qui l’emporte. Car oui, Insaisissables 2 n’est pas parfait, mais il est aussi très généreux, souvent drôle, et fourmille d’idées de mise en scène.

Il est très clair que le scénario n’est pas le point fort de ce film. Ici, les cavaliers font se faire piéger, puis kidnapper par un riche homme d’affaires qui va vouloir utiliser les magiciens pour un nouveau casse encore plus compliqué. Les cavaliers acceptent malgré eux la mission mais espèrent bien retourner le casse à leur avantage. Le seul véritable intérêt de ce script, c’est finalement la vie passée de Mark Ruffalo qui va refaire surface à travers l’intrigue. On va commencer le film avec une scène flashback, puis on va retrouver l’histoire de son père à travers l’enquête qu’il mène pour retrouver ses amis cavaliers. Cela amène un peu de profondeur au personnage, mais aussi quelques émotions et du liant avec l’épisode précédent. Si par moments, c’est un peu tiré par les cheveux, on peut noter un effort pour mettre des liens entre les deux films et faire revenir quelques personnages intéressants. Néanmoins, on sent que le reste tourne un peu à vide et que les grands thèmes sont usés jusqu’à la corde. On va retrouver le sempiternel duel entre science et magie et il y a une belle critique sur les nouvelles technologies qui nous espionnent sans cesse pour nous forcer à consommer davantage. Malheureusement, tout cela est très léger dans le film et n’arrive pas vraiment à en faire son crédo.

Ce qui sauve vraiment le film de l’insipidité, c’est finalement sa dynamique, son humour et son côté réellement cool. Jon M. Chu n’a pas invité l’eau chaude, mais il livre ici un travail sincère et qui montre une envie de faire du cinéma. En atteste le long plan séquence du vol de la carte, virevoltant en tout sens et démontrant un savoir-faire hors pair. Certes, ce n’est pas fin et c’est blindé d’effets numériques, mais ça fonctionne et c’est presque virtuose, afin de marquer le tournant du métrage. Cela donne du dynamisme à l’ensemble, et globalement, le film est nerveux. Il se passe toujours quelques chose à l’écran, il y a toujours du mouvement et même si c’est pour combler le vide, ça fonctionne le temps d’une soirée. Et puis les lignes de dialogues sont parfois savoureuses, les acteurs sont impliqués et les références à d’autres films sont plutôt drôles. Par exemple, prendre Daniel Radcliffe pour jouer un magicien raté est une idée de génie, pointant du doigt Harry Potter bien évidemment.

Et puis tout le casting est vraiment incroyable. Woody Harrelson en tête puisqu’il tient deux rôles dans ce métrage, et il est vraiment très bon. Qu’il soit dans la démesure ou dans la retenue, il se régale dans ce film, toujours le sourire aux lèvres et l’envie de donner son maximum. Jesse Eisenberg continue de travailler son personnage de jeune introverti qui parle trop vite, et il le fait bien, même si son personnage manque ici d’épaisseur et de construction. C’est Mark Ruffalo qui tire son épingle du jeu, puisqu’il sera le personnage central du film, et il est très touchant, comme à son habitude. Il joue parfaitement ce personnage torturé par son passé et qui a des comptes à régler. Difficile aussi de ne pas nommer Lizzy Caplan, nouvelle recrue, et qui est l’élément le plus drôle des cavaliers, jouant des tours de magie gore et s’excitant pour un rien. Seul Dave Franco semble en sous-régime, tout comme Michael Caine qui fait le minimum syndical, ou encore Daniel Radcliffe, qui semble prendre du plaisir, mais qui joue assez mal la colère dans un rôle qui aurait pu être plus démesuré.

Au final, Insaisissables 2 n’est pas un film complètement raté, bien au contraire, c’est un film qui supporte la comparaison avec son aîné. Loin des chefs-d’œuvre du septième art, rentrant pleinement dans la catégorie des blockbusters plus ou moins insipides mais avec une dynamique bien rodée, le film de Jon M. Chu se défend pas mal grâce à une certaine générosité et des séquences qui valent le coup d’œil. Si malheureusement, les thèmes intéressants sont juste survolés, il n’en demeure pas moins qu’il faut prendre ce film comme un divertissement de masse onéreux certes, mais généreux et plutôt bien foutu.

Note : 14/20

Par AqME

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