octobre 26, 2020

Panda Petit Panda

Titre Original : Pandakopanda Amefuri Saakasu no Maki

De : Isao Takahata

Avec les Voix de Kazuko Sugiyama, Yoshiko Ohta, Yasuo Yamada, Kazuo Kumakura

Année : 1973

Pays : Japon

Genre : Animation

Résumé :

La petite orpheline Mimiko, habite dans la maison de sa grand-mère. Alors que cette dernière s’absente quelques jours, un bébé panda et son papa, échappés du zoo voisin, pénètrent dans la maison… et s’y installent ! Tous trois deviennent rapidement les meilleurs amis du monde… même si le petit panda se révèle être un habitué des bêtises : il sème la panique à la cantine de l’école, manque de se noyer dans la rivière… Jusqu’au jour où il découvre un intrus couché dans son lit : un tigre qui ne retrouve pas le chemin de son cirque. C’est ainsi que Mimiko et les deux pandas le ramènent vers sa maman et qu’ils passent des instants merveilleux au milieu de gens du cirque, allant même jusqu’à sauver tous les animaux d’une inondation ! Cela vaut bien une magnifique parade dans les rues de la ville pour la plus grande joie des enfants !

Avis :

L’animation japonaise aura mis du temps à s’imposer dans les salles obscures, tout du moins, plus de temps que sur nos télés, où nous avions pu profiter, grâce au Club Dorothée, à des animés d’une très grande qualité. Pourtant, ce succès télévisuel n’arrivera pas à faire bouger les choses et il faudra attendre un long moment avant de voir les animés des studios Ghibli, qui font aujourd’hui l’unanimité. Fondé par Hayao Miyazaki et Isao Takahata, les débuts du studio sont très intéressants et les deux compères fournissent à chaque fois des dessins animés d’une très grande qualité. Mon Voisin Totoro sera l’emblème même du studio, et sortira par la suite les films que l’on connait tous, de Princesse Mononoké au Voyage de Chihiro, en passant par Le Royaume des Chats ou encore Pompoko. Le tout premier métrage du duo Miyazaki (à l’écriture) et Takahata (à la réalisation) remonte d’avant la création même du studio d’animation avec Panda Petit Panda, deux courts-métrages réunis en une seule et même galette pour le plaisir des tout petits. Considéré par beaucoup comme le prototype de ce que deviendra Totoro, ces deux courts-métrages d’animation démontrent déjà le talent des deux compères, et une envie de faire du cinéma d’animation ambitieux et qui raconte des choses. Bref, retour sur Panda Petit Panda.

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que les deux courts peuvent représenter un seul et même film puisque les deux histoires se suivent et ont pour point commun les trois même protagonistes, la petite Mimiko, le papa Panda et son fiston, petit Panda. Si on peut les prendre indépendamment, il est plus judicieux de les voir à la suite afin de comprendre les relations qui se construisent autour des trois personnages principaux. Mais avant de rentrer plus en détail dans les histoires des deux courts, la première chose qui frappe, c’est la qualité de l’animation. Le film a beau avoir plus de quarante ans, il tient toujours la route et malgré quelques décors plutôt épurés, l’animation est fluide et très belle. Mimiko est très expressive, le bébé panda est tout mignon et le papa panda fait irrémédiablement penser à Totoro avec sa carrure imposante et son sourire gigantesque plein de dents. Il y a une certaine candeur qui se dégage de l’ouvrage et c’est très intéressant de voir à quel point l’animation n’a pas pris une ride, du moins sur les personnages. Il y a aussi un réel travail sur les expressions des personnages, voulant à chaque créer une bouille très caractéristique et qui va marcher à coup sûr sur les enfants. Cela rejoint l’aspect naïf de la chose et ça fait du bien de voir finalement un métrage où il n’y a pas d’antagonistes ni de méchants.

Le premier court va mettre en avant la rencontre entre Mimiko, qui se retrouve seule chez elle suite au départ de sa grand-mère, et les deux pandas. Si on s’inquiète un petit peu pour la jeune fille, on va vite se rendre compte de la bonté des deux animaux qui veulent juste vivre comme tout le monde, et se sont donc enfuis du zoo. Avec ce premier film, les deux réalisateurs s’intéressent de très près à la famille et surtout à la famille que l’on se construit. Déjà très en avance pour l’époque, le film montre qu’il est tout à fait possible de faire le deuil de ses parents en se construisant avec d’autres personnes bonnes et qui nous correspondent. C’est le cas de Mimiko qui va devenir de plus en plus joyeuse avec ce papa de substitution. On aura aussi un joli message sur les responsabilités, que Mimiko relève avec brio et qui donner des directives bien précises à son père d’adoption, qui doit rentrer dans des clichés plutôt drôles. Bien sûr, les péripéties seront présentes, avec notamment un petit panda qui prend des risques et qui va se faire une grosse frayeur en n’écoutant pas les conseils de Mimiko qui se prend pour sa mère. Là aussi, on joue sur les responsabilités et le fait qu’écouter ceux qui savent n’est pas forcément une mauvaise chose. La fin se veut ubuesque, mais montre aussi un message de tolérance de la part de l’être humain envers la bête, le permettant de rentrer tous les soirs à la maison, après une journée de travail au zoo.

Le deuxième court-métrage sera plus léger et plus court aussi. Ici, on navigue en terrain connu, puisque Mimiko vit avec ses deux pandas et deux artistes circadiens rentrent dans la maison par effraction à la recherche d’un bébé tigre. Surpris de trouver deux pandas dans cette baraque, ils s’enfuient à toutes jambes. Dès lors, le petit tigre va vivre avec les deux pandas et Mimiko, jusqu’à ce que l’on découvre l’existence d’un cirque dans la ville et que le petit tigre vient de là. Tout se passe dans le meilleur des mondes lorsqu’une tempête fait rage et inonde une grande partie de la ville. Il faut alors sauver le cirque. Avec ce segment, Miyazaki et Takahata vont faire plus léger, mais ils imposent tout de même une réflexion sur la parentalité et les responsabilités que l’on a face à un tout petit. Sans émettre aucun jugement sur le monde du cirque (les polémiques n’étaient pas encore existantes à cette époque), on voit ici que Mimiko et les deux pandas deviennent des héros malgré eux et qu’ils vont devoir assumer leurs actes. Toujours naïf et bon enfant, on verra dans ce segment des choses qui se retrouveront chez Totoro, mais aussi dans Le Voyage de Chihiro, avec notamment un train dans l’eau. Bref, un segment plus léger, plus drôle, mais tout aussi efficace.

Au final, Panda Petit Panda est une réelle surprise puisque malgré son grand âge, le film n’a pas pris une ride au niveau de l’animation et l’ensemble reste fluide et très agréable à regarder en famille. Si les plus petits seront charmés par les couleurs et les aventures ubuesques de cette drôle de famille, les plus grands y verront quelques jolis messages sur l’apprentissage par soi-même et la famille. Sans avoir l’envergure des autres films du studio Ghibli, cette première excursion de la part de Miyazaki et Takahata démontre déjà un réel talent dans le dessin et dans la façon de conter des histoires.

Note : 15/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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