octobre 28, 2020

I Wish – Faites un Vœu

Titre Original : Wish Upon

De : John R. Leonetti

Avec Joey King, Ryan Phillippe, Ki Hong Lee, Shannon Purser

Année: 2017

Pays: Etats-Unis, Canada

Genre: Horreur

Résumé:

Pas facile de survivre à l’enfer du lycée, Claire Shannon et ses copines en savent quelque chose. Du coup, quand son père lui offre une ancienne boîte à musique dont les inscriptions promettent d’exaucer tous ses vœux, Claire tente sa chance. Et ça marche ! Argent, popularité, petit ami, tout semble parfait. Mais le rêve a un prix : au fur et à mesure de ses souhaits, des personnes de son entourage meurent dans des conditions particulièrement atroces. Claire le sait : elle doit se débarrasser de la boîte pour sauver sa vie et celle de ses proches avant de faire le vœu de trop.

Avis:

Il y a dans l’industrie hollywoodienne des incompréhensions. Des types qui continuent de tourner alors qu’ils sont de véritables catastrophes et que chacun de leur film est une purge infâme. John R. Leonetti fait partie de cette caste très rare de cinéastes qui n’ont pas réussi à faire un seul bon film en vingt ans de carrière. Officiant constamment dans l’horreur ou dans le fantastique, pas un seul de ses six films ne vaut le coup d’être vu. Pire, ils sont parfois carrément à jeter à la poubelle tant ils piquent les yeux et brûlent certaines de nos neurones. Il faut dire que le type fait fort en commençant sa carrière avec Mortal Kombat Destruction Finale, l’une des pires choses que l’on montrer à des personnes. Il confirme son inefficacité avec L’Effet Papillon 2 qui fait passer le premier bon métrage pour un chef-d’œuvre. Travaillant un peu sur la série Sleepy Hollow, il décide de refaire un film et propose alors Annabelle, dans le Conjuring Universe, et ce sera un très mauvais film, qui lorgne largement vers le DTV bas de gamme. N’étant plus à un étron près, il enchaine avec Wolves at the Door, qui se sert du drame de Polanski, à savoir le meurtre de sa femme enceinte, Sharon Tate, par Charles Manson, pour en faire un film putassier et déontologiquement puant. Ne s’arrêtant pas en si bon chemin, il décide alors de faire I Wish – Faites un Vœu, un film d’horreur pour adolescents qui va être une purge de plus à mettre à son actif. (Et on évitera d’évoquer The Silence, production Netflix, qui reste à ce jour son meilleur film, mais qui n’est pas faramineux non plus).

I Wish, c’est l’histoire d’une adolescente qui a perdu sa mère par suicide alors qu’elle n’avait que six ans. Son père, désemparé et sans le sou, fait les poubelles pour trouver de la ferraille afin de la revendre. Un jour, il tombe sur une boîte étrange avec des inscriptions chinoises dessus qu’il offre à sa fille. Elle va alors vite se rendre compte que cette boîte peut exaucer sept vœux. Malheureusement, à chaque vœu exaucé, une contrepartie très chère se met en place. C’est ainsi que Clare va tomber dans la même malédiction que sa mère. Sur le papier, le concept peut paraître sympathique. Sorte de Destination Finale déguisé en malédiction tirée du folklore chinois, I Wish pouvait proposer quelque chose de sympathique. Sauf que derrière le projet se trouve John R. Leonetti, et que la finesse, ce n’est pas son truc. Il va alors pondre des personnages insipides, des situations grotesques et offrir une mise en scène bancale qui n’a rien à envier aux téléfilms de nos chaînes françaises.

Le principal problème de ce film va provenir de ses personnages. Clare est une jeune fille complexée, qui ne fait pas partie des « winners » de son école et qui est même une sorte de souffre-douleur. Tout cela va bien évidemment donner lieu à un premier vœu revanchard sans penser que cela pourrait marcher. Mais lorsque le vœu se déroule, la jeune fille va alors enchainer les vœux les plus égoïstes qui soient. Elle va demander le succès au sein de son lycée, qu’un garçon tomber éperdument amoureux d’elle, bref, tout un tas de choses futiles et qui pourraient avoir un semblant de véracité, mais pas avec une jeune fille qui galère, qui est restée humaine malgré le décès de sa mère et qui souhaite juste, à la base, vivre normalement. Clare en devient d’autant plus détestable lorsqu’elle se rend compte que son oncle est mort suite à l’un de ses vœux et qu’elle va hériter de toute sa fortune. Elle perd quelqu’un, et elle est contente de sa mort. Elle n’a aucun regret, aucun remord, rien. On voit bien que le personnage ne tient pas la route et que tout est fait pour le rendre haïssable. Et comment avoir peur pour quelqu’un que l’on déteste?

La peur d’ailleurs, parlons-en. I Wish ne crée jamais un seul sentiment de malaise. Alors bien évidemment, cela est dû aux personnages qui sont tous d’une banalité affligeante, mais c’est surtout que les cibles ne sont pas travaillées et qu’au final, on s’en fout un peu. Voulant faire comme pour Destination Finale, c’est-à-dire prévoir des morts en présentant différents moments dangereux, John R. Leonetti ne sait plus où donner de la tête et tente de perdre le spectateur dans un jeu d’alternation qui ne fonctionne jamais vraiment. Prenons l’exemple du père qui change une roue en plein virage (intelligence quand tu nous tiens) et qui va esquiver deux amateurs de tunning plus un cric défectueux, et en même temps, la meilleure amie de sa fille va prendre un ascenseur qui va connaître quelques avaries. Le problème avec ces scènes, c’est que tout est cousu d’avance et que peu importe qui meurt, on s’en fiche royalement. Le père ressemble à un clochard et la meilleure amie se réjouit constamment du malheur des autres… Et le pire dans tout ça, c’est lorsque le sort s’acharne sur des personnages que l’on a vu une minute à tout casser et qui vont connaître des sorts funestes ridicules, comme une corne de taureau en pleine face en se prenant les pieds dans un tapis.

Certaines morts sont carrément ridicules et provoquent des fous rires qui ne sont pas voulus. Le vieil oncle qui simule une chute dans la baignoire, se fracasse le crâne sur le bord, puis se révèle pour se prendre le robinet sur le front, difficile de ne pas retenir un éclat de rire face au ridicule de la scène. Et c’est là que l’on voit l’absence de talent chez Leonetti. Il est incapable de tenir une ambiance sans tomber dans du bis qui ne s’assume jamais. Les situations sont grotesques, mais l’ensemble se veut sérieux et ça ne peut pas fonctionner. Il en va de même pour le gore. Alors bien évidemment qu’un film n’a pas besoin d’être gore pour faire peur, mais ici, on n’aura strictement rien à se mettre sous la dent, malgré des passages un peu sales, comme cette tronçonneuse à l’arrière du crâne. On ne verra rien et c’est fait avec une telle vivacité que l’impact n’aura pas lieu.

Au final, I Wish – Faites un Vœu est une calamité du début à la fin. Outre un scénario bâclé qui ellipse les origines de la boîte et tout son aspect historique, John R. Leonetti présente des personnages insupportables qui ne tiennent pas la route, une réalisation fade qui oblitère les passages un peu crades et surtout un fond aussi creux que la dent morte de sa grand-mère. Pour faire court, il s’agit d’un très mauvais film qui, étrangement, a eu les honneurs d’une sortie en salles, et ça, c’est un vrai mystère à résoudre…

Note: 01/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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