octobre 29, 2020

Doubt

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Résumé :

Rabbit Doubt fait fureur au Japon : dans ce jeu sur téléphone portable, des lapins doivent débusquer le loup qui se cache parmi eux. Quant au loup, il doit utiliser tous les subterfuges possibles pour semer la confusion dans le groupe et éliminer un par un tous ses adversaires…
Mais pour cinq fans du jeu, Rabbit Doubt ne tarde pas à virer au cauchemar : ils se réveillent enfermés dans un bâtiment désaffecté avec, à leurs côtés, le corps d’une camarade assassinée. Tatoué sur la peau des adolescents, un mystérieux code-barres qui leur permet à chacun d’ouvrir une porte différente semble être leur seul espoir de salut.
Pas de doute : un loup se cache bien parmi eux, et il leur faudra le démasquer avant d’être dévorés…

Avis :

Par moments, il est difficile de cerner les influences de certains mangas, surtout si l’on ne s’est jamais intéressé de près ou de loin à la culture folklorique nippone. Ainsi certains mangas semblent presque inaccessibles à cause des références historiques qu’ils véhiculent comme Mushishi. Maintenant, depuis que le manga papier a pris une influence incroyable dans la culture européenne, on peut voir que les illustrateurs et les auteurs tentent de reprendre certains thèmes de la culture occidentale et se les réapproprient pour enf aire un mélange parfois grossier et parfois subtil. Doubt est un melting pot entre Saw, la saga cinématographique horrifique, et Dix Petits Nègres d’Agatha Christie, présentant ainsi un seinen qui pourrait être intéressant. Mais qu’en est-il réellement ? Le manga arrive-t-il à surprendre et convaincre ?

L’histoire se concentre sur un jeu, le Rabbit Doubt, qui est un loup-garou de Thiercelieux mais en petits groupes. En effet, tous les joueurs sont des lapins, sauf un qui est en fait un loup déguisé en lapin. Ce loup doit piéger les lapins et les lapins doivent trouver le loup avant d’être éliminé. Lorsqu’un petit groupe d’amis jouant à ce jeu se regroupe autour d’un karaoké, personne ne se doute encore de ce qu’il va leur arriver. Alors que Yu, le héros se fait assommer dans les toilettes, il se réveille dans une salle avec ses autres compagnons, pris au piège, un code-barres sur la peau et le cadavre de l’un d’entre eux sur les bras. Ils décident alors de trouver une sortie, mais un loup s’amuse à buter les lapins les uns après les autres. Sans grande surprise, nous sommes face à un manga qui essaye de copier ce qui se fait déjà en intégrant un jeu, déjà existant, dans un huis-clos que l’on semble avoir déjà vu. Alors certes, on pourrait croire que ce manga ne réserve aucune surprise et pourtant, certains passages sont sympathiques. L’histoire est simple, courte, elle ne s’étale que sur 4 tomes, ce qui permet quelques retournements assez intéressants, sans tomber dans une certaine lourdeur scénaristique. Et même si cela sent le déjà-vu, on ne s’ennuie pas un seul instant et c’est agréable à lire. L’autre atout du manga, c’est que l’auteur ne tombe jamais dans la surenchère de gore. Il s’attarde plus facilement sur les interactions entre les personnages, les doutes (d’où le titre) et les solutions qui s’imposent à eux. Bien entendu, quelques passages crades parsèment le manga, comme la nana crucifier sur le mur ou encore la décapitation d’un autre personnage. Cela demeure plutôt léger et en aucun cas pénible. Au-delà de ça, l’atmosphère du manga est très intéressante, jouant avec les effets de lumière, notamment le passage de la lampe torche, et on sent qu’une adaptation ciné pourrait être possible.

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Au niveau du dessin, c’est assez bizarre. On se retrouve avec un design de personnages se rapprochant du shonen dans un univers purement seinen. Ainsi, si cet aspect sied parfaitement à certains personnages adolescent comme Yu ou encore Rei, il n’en est pas de même avec des personnages plus vieux et avec un caractère mystérieux voire violent comme Eiji. Mais la forme des masques est assez agréable, rajoutant  une part mystérieuse et glauque à une atmosphère déjà étrange. Les effets gores sont plutôt bien fichus et les décors, même si assez redondants, restent dans la veine de ce qu’il se fait. Bref, au niveau du dessin, c’est plutôt bien. On sera un peu plus réticent au double twist final. Le premier est très attendu, du moins pour les gens rompus au style comme Saw. On devine très vite qui est le meurtrier et la résolution n’aura aucune surprise. Le quatrième tome donne plus d’explications et rajoute un twist pas forcément nécessaire et donnant dans le fantastique, ce qui enlève de la crédibilité ce qui est dommage. Encore une fois, on ressent toute l’influence qu’a eu le film d’horreur Saw sur l’auteur, proposant une fin presque similaire et donc, sans grande surprise pour les adeptes de Jigsaw.

Au final, Doubt est un manga qui se révèle plaisant à la lecture et qui possède une histoire assez maline. Si les personnes rompus au genre de l’horreur et du thriller y verront une énième adaptation du huis-clos, on peut dire que l’auteur s’en tire avec les honneurs, présentant quelque chose qui tient la route et qui divertit. Le plus gros défaut viendra du dernier tome qui apportera une explication peu rationnelle et surtout qui ajoutera des twists à ne plus savoir qu’en faire.

Note : 14/20

Par AqME

IscarioteNote de Iscariote: 15/20 Un huis clos sympathique avec une bonne ambiance.

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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