Vindicta – Cédric Sire

Auteur : Cédric Sire

Editeur : Métropolis

Genre : Thriller

Résumé :

UN BRAQUAGE SOUS HAUTE TENSION
 » On entre, on prend le fric, on ressort. Personne ne sera blessé. « 
Leur plan est sans risque. Le bijoutier ne portera pas plainte pour le vol car son argent est d’origine illégale. Damien, Élie, Audrey et Driss s’imaginent avoir trouvé la réponse miracle à tous leurs problèmes.

UN FLIC EN CHUTE LIBRE
Fraîchement muté dans un groupe de surveillance, Olivier est loin d’imaginer que la planque qu’on lui a assignée fera de lui le témoin clé d’un cyclone meurtrier, dans le sillage d’un tueur glacial et méthodique que rien ne semble pouvoir arrêter. Des déserts du Moyen-Orient aux villes sombres et silencieuses du territoire français, quand la vindicte est en marche, plus rien ne peut vous sauver.

UNE TRAQUE HALETANTE SECOUÉE DE FAUSSES PISTES
Pur instrument de torture et de mort, il n’a pas de nom, pas de visage, l’habitude de tuer et un cimetière de cadavres derrière lui. Mais dans cette affaire, pas de contrat. Cette fois-ci
pour lui : c’est personnel.

Avis :

Au fil de ses livres, Sire Cédric a tissé une œuvre qui aimait entremêler le réalisme du thriller et la part de ténèbres du fantastique. Des titres tels que L’Enfant des cimetières ou Le Jeu de l’ombre reste des romans majeurs dans leur domaine. Entre temps, l’auteur s’est également insinué dans le polar sans susciter d’ambiguïté. Ce fut notamment le cas pour La Mort en tête. Aussi, Vindicta marque un tournant dans sa carrière. Si le changement de pseudonyme peut paraître anodin, il traduit une évolution dans son approche du genre. Avec ce nouveau roman, Cédric Sire semble délaisser définitivement l’aspect fantastico-horrifique pour se concentrer sur le polar.

Malgré une orientation différente, on reconnaît d’emblée la plume incisive de l’auteur, sa propension pour des atmosphères lourdes (dans le bon sens du terme), ainsi qu’un rythme effréné qui ne souffre d’aucun temps mort. À ce titre, la structure parsemée de chapitres très courts concourt à entretenir une dynamique et un suspense permanents. La présentation et la multiplication des points de vue sont parfaitement légitimes et permettent de découvrir tous les tenants de l’affaire. En cela, la rigueur narrative est sans faille, alternant phases de description, action et développement des personnages. Cela rend l’immersion d’autant plus efficace et facile pour les lecteurs et lectrices.

On apprécie également le fait qu’un pitch initial apparemment simpliste puisse tenir en haleine sur la longueur, soit près de 600 pages. L’intrigue part d’un braquage qui tourne mal pour se focaliser ensuite sur une histoire de vengeance plus sibylline qu’aux premiers abords. On reste néanmoins dans le domaine du rationnel, même si l’on dénote quelques allusions au Slender Man pour conférer une image faussement surnaturelle au tueur. L’aspect mystérieux tient à ce qu’un dégât collatéral « isolé » aboutit à des proportions inconsidérées par la suite. Ce ne sont pas tant les conséquences que la portée des événements qui donnent à l’affaire une dimension extraordinaire.

Le moyen de mettre en corrélation des éléments qui n’ont rien en commun, du moins en apparence, est l’occasion de suivre un surprenant jeu du chat et de la souris. Certes, le processus est l’apanage des grands auteurs, mais il est toujours appréciable de le découvrir sous une belle plume. Sans être reléguées au second plan, les investigations ne constituent qu’une partie d’un puzzle plus vaste. Celles-ci restent bien menées. Elles assimilent parfaitement les techniques d’enquête et les méandres administratifs de la justice, notamment en ce qui concerne la « collaboration » entre les différents services et représentants des forces de l’ordre.

Qu’il s’agisse de ces derniers ou de personnages secondaires, la caractérisation se révèle exceptionnelle. Rarement, on a pu apprécier un tel degré de réalisme et de pertinence dans l’évolution des protagonistes. Cela en prenant en considération l’environnement social et la progression narrative tendue. Écorchés vifs et gueules cassées par la vie s’entremêlent et se confrontent à des degrés dissemblables. Pour l’essentiel, on songe au background des criminels, dont l’une est issue d’une famille dysfonctionnelle, au flic ripou en quête de repentir, à la mère qui a perdu son enfant, sans oublier le syndrome de stress post-traumatique des militaires… Ces destins croisés sont l’expression de la souffrance sous des formes et des apparats bien différents.

Au final, Vindicta est un thriller marquant à bien des égards. Sous couvert d’une idée de base relativement conventionnelle, Cédric Sire développe un panel de portraits mémorables à travers une progression nerveuse et particulièrement immersive. Dans la tonalité et l’approche, il est vrai que le présent livre tranche avec les précédentes œuvres de l’auteur. Toutefois, on ne parlera pas de maturité puisque Cédric Sire a dépassé ce stade depuis bien des années. On ressent simplement une volonté de passer à autre chose sans renier ce qu’il a pu réaliser auparavant. En tout état de cause, ses histoires demeurent fortes, pleinement maîtrisées et d’une qualité d’écriture sans pareil. Au même titre que Maxime Chattam ou Franck Thilliez, une valeur sûre du thriller français.

Note : 18/20

Par Dante

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