décembre 5, 2020

Antarctic Journal

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Titre Original: Namgeuk-Ilgi

De : Pil-Sung Yim

Avec Song Kang-Ho, Yoo Ji-Tae, Park Hee-Soon

Année : 2005

Pays : Corée du Sud

Genre : Horreur

Résumé :

Une équipe coréenne décide d’atteindre l’endroit le plus reculé de l’Antarctique. En marchant dans la neige immuable, ils trouvent le journal de bord d’une expédition anglaise menée quatre-vingt ans auparavant et dès lors, d’étranges événements se produisent.

Avis :

Nos amis sud-coréens savent faire de très bons films et ils nous le prouvent très souvent avec des métrages sans concessions, violents et dénonçant assez vivement des problèmes récurrents comme la politique ou encore la différence sociale. En général, que l’on aime ou que l’on déteste, on est bien obligé de reconnaître que chaque film a fait parler de lui et qu’ils possèdent une aura bien particulière. On a eu The Host, The Chaser, ou encore j’ai rencontré le diable, qui à leur manière ont fait parler d’eux et prouvent bien que le cinéma de Corée du Sud est en pleine expansion. Antarctic Journal est sorti en 2005 et il rentre dans la catégorie des films bizarres, oscillant entre deux genres et ne trouvant pas vraiment sa voix. Si certains le considèrent comme un bon film, je dois bien confesser que je n’ai pas apprécié et que le film m’a semblé durer une éternité. Alors pourquoi j’ai trouvé ce film ennuyeux ? Qu’est-ce qui a fait que je n’ai pas accroché ? Arpentons les terres glaciales de l’Antarctique et tentons de découvrir les raisons de ma déception.

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Oh merde, mon kamasutra est tout collé !

Bien souvent, quand on parle de cinéma asiatique, on e tendance à penser que le scénario va être compliqué, que l’on ne va rien comprendre, qu’il va y avoir des fantômes avec de longs cheveux noirs ou encore que les acteurs vont jouer comme des cloches. Antarctic Journal est assez compréhensible jusqu’à un certain point et il ne trouvera jamais sa vraie voix entre horreur psychologique et drame humain. Pour la petite histoire, on va suivre une équipe de six bonhommes qui décide de partir chercher le point d’inaccessibilité, sorte de fantasme humain où rien ne passe et où aucun homme ne peut aller. Seulement, entre le climat pas très clément et la découverte d’un livre mystérieux britannique, des évènements tragiques vont se passer. Et à partir de là, c’est le foutoir complet. Apparition de fantôme, œil qui bouge tout seul dans la neige, pétage de plomb, vision d’apocalypse, bref, le réalisateur s’en donne à cœur joie et perd totalement le spectateur dans une histoire qui part dans tous les sens. On va d’ailleurs passer par différents stades, s’attendant à l’attaque d’une bête sous la glace, ou à l’apparition de fantômes revanchards dans le froid polaire, mais rien de tout cela n’arrive et à se surprend à ne plus rien attendre au bout d’un moment, voyant bien que même le réalisateur ne sait plus où aller. Difficile de passionner le spectateur quand même le réalisateur ne plus quoi faire !

Mais le pire dans tout cela, c’est que le film est vraiment très chiant et très long. Durant quasiment deux heures, il ne se passe pas grand chose, à part la mort tragique de quelques explorateurs et une balade sur la neige de l’Antarctique. Alors pour les fans de films documentaires sur des explorateurs à la limite maso qui aiment dépasser leur limite pour aller dans des endroits improbables, peut être que le film pourrait leur sembler sympathique, et encore, les films sur Nicolas Vannier seraient plus appropriés, mais sinon, je ne vois pas à qui s’adresse ce métrage. C’est bien dommage parce que la réalisation est très propre et Pil-Sung Yim montre qu’il a du talent. Les plans aériens ou encore les plans larges sont de toute beauté, mais n’apporte rien à la finalité du métrage. Question ambiance, c’est assez plat, même si l’on ressent de la bonne volonté. Montrant la chute progressif du mental du capitaine et la soumission des autres, le réalisateur se perd dans des plans trop complexes et parfois inutiles. Il est difficile de montrer la folie à l’écran et je pense qu’il faut avoir de la bouteille pour le faire, ce que n’a pas encore le réalisateur sud-coréen.  D’autant plus que l’on ne se prend pas d’affection pour les personnages, même si certains demeurent sympathiques. Il ne suffit pas s’aligner deux photos de famille et de raconter la vie d’un personnage pour créer de l’empathie.

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Oh un œuf ! Des jaunes sur du blanc !

Il est souvent question des acteurs dans le cinéma asiatique. En effet, malgré quelques exceptions, je trouve que les acteurs de ces pays ne sont pas bons, ou tout du moins qu’ils n’arrivent pas à faire passer des émotions. Soit ils exagèrent ces émotions, en pleurant trop fort, en se tortillant dans tous les sens (comme dans The Host par exemple), soit ils ne montrent rien et cela ne suscite pas un grand intérêt. Dans Antarctic Journal, ce qui pose problème, c’est que les personnages ne semblent pas hyper travaillés et que les acteurs, hormis le personnage central, ne semblent pas investis dans leur boulot. Il faut dire que c’est le genre de personnage très difficile à jouer, se démarquant des autres juste par son caractère et non par une quelconque action. L’acteur principal, déjà vu dans The Host ou encore dans le bon, la brute et le cinglé, interprète ici un capitaine vrillant complètement et voulant à tout prix atteindre ce point, sorte de rédemption en compensation de son fils décédé. Assez juste, il reste le plus convaincant des personnages. Après, il reste bien le héros, mais il reste bien trop lisse et ne représente pas un personnage assez charismatique pour qu’on l’apprécie à sa juste mesure. Les autres personnages ne sont pas intéressants et on ne retiendra pas grand-chose d’eux, d’autant plus que les acteurs sont limites.

Avec l’inventivité du cinéma asiatique, on peut espérer avoir un poil de gore, ou quelque chose de totalement décalé voir loufoque mais résolument bien mis en place et foutant bien les jetons. Malheureusement, Antarctic Journal va enfoncer un peu plus le clou en présentant aucun moment gore et aucun moment de peur ou de tension. Aussi plat que la banquise, le film va vouloir suggérer de la frayeur en mettant en danger ses personnages mais comme on ne les aime pas, on n’éprouve rien et donc la peur ou la tension est absente. Ouvrant son métrage avec une scène tapageuse et volontairement nerveuse, le film s’enlise dans une narration approximative. Si certains passages sont durs, comme l’abandon d’un collègue ou encore l’amputation d’un membre, le film n’ira pas au bout de la folie et présentera une certaine retenue dont on se serait bien passée. Mettant ensuite des effets spéciaux inutiles, montrant une cabane se faisant éjecter par une tempête de neige, surement reflétant la pensée et la folie destructrice du capitaine, le réalisateur tente tant bien que mal à instaurer un rythme à un film qui nous aura déjà endormi. Bref, dans ce film, il n’y a aucun effet gore, ni aucun effet instaurant la peur.

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Merde, mais ton pénis a disparu tellement il fait froid !

Au final, Antarctic Journal n’est pas un film qui m’a convaincu. Prétextant la folie pour partir progressivement vers une horreur psychologique dans un désert blanc, si le postulat de départ était alléchant, le film en est tout autre. Mou, présentant des personnages peu attachants et qui se ressemblent tous, le film s’enlise dans un rythme trop lent et un ennui latent. Aligner trois scènes un peu nerveuses dans des lieux magnifiques mais pour avoir de la parlotte inutile entre, cela ne fait pas un bon film. Avec un cadre polaire, rien ne vaut un bon Carpenter !

Note : 07/20

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AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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