octobre 30, 2020

La Bonne Réputation

Titre Original : Las Ninas Bien

De : Alejandra Marquez Abella

Avec Ilse Salas, Cassandra Ciangherotti, Paulina Gaitan, Johanna Murillo

Année : 2019

Pays : Mexique

Genre : Drame

Résumé :

Sofia, en bonne place dans la haute bourgeoisie locale en ce début des années 1980, mène une vie de luxe et d’oisiveté que permet la rente de la société de son mari, lui-même héritier. Lorsque la crise économique frappe, les affaires périclitent brutalement, et emportent avec elles son univers d’apparat déconnecté des réalités. Face à la réalité d’une chute imminente, elle fera tout pour sauver les apparences…

Avis :

Rendez-vous en terre inconnue aujourd’hui, on part pour le Mexique, pays qui a su nous offrir des Guillermo Del Toro, Alejandro Gonzales Iñárritu, ou encore des Alfonso Cuarón. Le Mexique regorge d’auteurs qui ne demandent qu’être connus, et pour cette chronique, on va s’arrêter sur Alejandra Marquez Abella, dont « La bonne réputation » vient tout juste de sortir dans certaines de nos salles de cinéma. Elle est avant tout une scénariste mexicaine qui travaille depuis le début des années 2000. Après quelques années, elle s’est dirigée vers la réalisation en 2009 avec « 5 recuerdos« , un premier court-métrage. Par la suite, elle va enchaîner courts-métrages et documentaires pendant près de dix ans. « La bonne réputation » est son premier long-métrage.

Sorti dans vingt-quatre salles de cinéma, il va être compliqué de voir le premier film d’Alejandra Marquez Abella, tant ce dernier manque de visibilité et c’est dommage, car si ce premier film demeure maladroit, notamment dans son rythme, « La bonne réputation » s’arrête sur des sujets passionnants et une époque intéressante. Avec ce film, Alejandra Marquez Abella brosse le portrait d’un couple et surtout d’une femme qui s’avère séduisante et touchante. Haute bourgeoisie, élégance et vernis qui craque sous ses apparences sublimes vont être au programme de ce petit film mexicain, qui méritait peut-être plus de visibilité.

Les années 80, Mexique, Sofia mène une vie loin de tout tracas avec son mari et ses trois enfants. Sofia fait partie de ce cercle très fermé de la haute bourgeoisie. Mais cette situation idyllique va prendre un sacré tournant quand une crise financière frappe le pays. Sofia et son mari vont être mis à rude épreuve, essayant de ne rien laisser apparaître, alors que derrière les murs et les apparats, leur monde se fissure et s’écroule pierre par pierre…

Bienvenue dans un monde impeccable. Un monde élégant, raffiné, un monde où en surface tout est sublime, beau, et les familles sont merveilleuses. Pour son premier long-métrage, Alejandra Marquez Abella nous fait entrer dans le monde de la haute bourgeoisie mexicaine pour un film qui va être plus subtil et sombre qu’on ne l’attendait.

« La bonne réputation« , c’est l’histoire d’un masque, pour ne pas perdre justement cette belle réputation, quitte à être mal entouré au final. La première chose qui me vient en tête quand je repense au film d’Alejandra Marquez Abella, c’est la qualité de ce scénario, de ce que nous raconte la réalisatrice. « La bonne réputation« , c’est une plongée et une analyse de la société de l’époque. « La bonne réputation« , c’est un paraître, et sa réalisatrice, dans la construction de son récit, de cette descente inévitable vers la pauvreté, livre une intrigue captivante de bout en bout. « La bonne réputation » jouit d’un scénario détaillé, et le film joue très bien avec les différentes émotions. Nullement pathos, posant des réflexions et abordant des sujets qui sont aussi bons qu’intéressants et utiles, la jeune réalisatrice démontre en un film qu’elle a des choses à dire, et qu’elle sait comment les dire. Comment pointer du doigt l’hypocrisie, tout en livrant aussi un film qui est humain, et qui parle de la complexité de l’être humain. « La bonne réputation« , c’est un film qui s’attarde sur les sentiments de l’être humain et principalement sur ses défauts, ainsi élitisme, arrogance, jugement, envie, jalousie, mensonges, vont être au menu et bien souvent le tout apparaît comme bien cruel.

« La bonne réputation« , c’est aussi un film qui est porté de brillante manière par son actrice principale, Ilse Salas. C’est bien simple, elle crève l’écran à chaque instant et si Flavio Medina ou Paulina Gaitan sont excellents, à la fin de la projection, c’est bien Ilse Salas qui s’impose à nos souvenirs.

Si le fond est vraiment intéressant, la forme, elle, est plus en demi-teinte. Quand on découvre le film d’Alejandra Marquez Abella, il est clair que le film tient une véritable élégance. Que ce soit la construction des plans, plusieurs séquences, ou encore les décors, les costumes, tout est beau et l’on ne peut nier qu’Alejandra Marquez Abella a un bel œil. Mais là où le film déçoit, car il manque de rythme, et malgré tout ce qu’il y a de bon, il peine un peu à nous embarquer dans son récit. Alors que « La bonne réputation » fait à peine une heure quarante, le film apparaît comme plus long et l’on se surprend à s’ennuyer parfois, ce qui est paradoxal, car ce que la réalisatrice nous raconte est intéressant… En fait, avec ce film, on attend qu’il se lance vraiment, et c’est dommage, car jamais il ne le fait vraiment.

Derrière les problèmes de rythme, « La bonne réputation » demeure un film intéressant, et même un bon petit premier film. Alejandra Marquez Abella n’a pas choisi la carte de la facilité pour une première œuvre et entre défauts et qualités, malgré l’ennui ressenti, cette critique de la haute bourgeoisie mexicaine mérite son petit coup d’œil.

Note : 13/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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