décembre 2, 2020

Nier

nier

Résumé :

Été 2049, une ville en ruine sous un manteau neige. Un magasin abandonné, un homme assis par terre et une voix qui s’élève de nulle part. Une voix propose un pacte à l’homme afin de sauver sa fille malade, avec pour seul échange, l’âme du père. L’homme refuse, et décide d’affronter seul les hordes d’ennemis se dressant devant lui. À bout de forces, contraint pour la sureté de sa fille, le père choisi finalement de sceller le pacte avec ce mystérieux grimoire. L’énergie parcourt son corps de nouveau, il se tient debout et affronte les centaines d’ombres face à lui. La bataille se poursuit durant des heures, et des heures et 1312 ans plus tard… Un petit village médiéval, paisible, simple. En son sein, un père et sa fille malade. Tout ce qui compte pour lui est d’apporter son aide aux diverses personnes de ce village afin d’offrir une vie la plus confortable possible à sa fille, et de trouver une façon de la guérir. Tout ce qui compte pour elle est de ne pas être un fardeau pour son père. C’est cette idée qui amènera père et fille à croiser le chemin d’un grimoire parlant qui connaitrait un remède…

Avis :

Nier 1

L’histoire d’un père et de sa fille

Nier est un ovni vidéoludique dans la mesure où il possède un style tellement propre qu’il devient difficile de le cataloguer dans un genre. On affronte des ennemis comme dans un Beat-em all, on gagne niveau et équipement comme dans un RPG, on accomplit des quêtes annexes de coursier comme dans un MMO. Nier, c’est tout cela à la fois, et bien plus. Comme évoqué à l’instant, les combats renvoient directement à un beat-em all. Une touche d’attaque, une de saut, une de défense, une pour lancer des sorts et une attaque spéciale. Oubliez la maitrise des combos d’un Devil May Cry.

Ici en 10 minutes on a fait le tour des capacités du personnage, et elles ne bougeront pas durant le reste du jeu, de l’action très basique, dynamique certes, mais basique. On tue des ennemis, on gagne des niveaux, on devient plus fort. Mais les caractéristiques augmentent toutes seules, aucun choix de la part du joueur sur cette partie. Les armes achetées ou trouvées sur les ennemis sont améliorables, mais, ici encore, aucun choix sur l’amélioration. Du RPG light en somme. Les villes regorgent de PNJ qui nous donneront des quêtes d’une banalité consternante. Porter un message aàun tel, tuer 15 ennemis spécifiques, pécher un poisson particulier. Du niveau d’un MMORPG de bas niveau.

Graphiquement, le jeu possède un character design propre, ce qui est appréciable, mais est bien en dessous des capacités d’une console de génération actuelle. Les textures ne sont pas exceptionnelles, les décors sont assez vides, heureusement que les effets de lumière viennent nous rappeler que l’on joue sur PS3 et pas sur une console d’ancienne génération. Cependant, un je ne sais quoi se dégage du titre. Une atmosphère propre, une ambiance. Ce n’est pas très beau, mais étrangement, on s’y sent bien.

Un gameplay pauvre, une réalisation en deçà de la moyenne, bref Nier à tout l’air du jeu uniquement bon à être utilisé comme dessous de plat. Seulement, comme indiqué à l’arrière de la boite, les apparences sont souvent trompeuses… C’est ce genre de titre qui nous fait prendre conscience qu’un jeu ne se limite pas à une partie graphique et à du gamplay, car si on arrive à passer outre ses deux obstacles, on découvre l’un des meilleurs jeux de ces dix dernières années, et laissez-moi vous expliquer pourquoi il ne serait en être autrement.

Nier 2

Des combats classiques mais dynamiques

Nier c’est avant tout une histoire. Si des jeux comme Bioshock Infinite, Spec Ops The Line ou The Last Of Us peuvent se targuer d’avoir de bons scénarios, celui de Nier est exceptionnel. Le premier point vient de l’écriture des personnages. Chaque personnage dispose d’un travail au niveau de sa psychologie qui les rend crédible au plus haut point.

À aucun moment des facilités d’écriture sont concédées, et un personnage agira logiquement selon son propre point de vue et selon ses ressentis. Cela se voit même dans les dialogues entre les différents protagonistes, entre Emile qui veut de mal à personne, Kainé et Weiss qui s’engueulent avec un vocabulaire que la décence m’oblige à ne pas dévoiler, ou encore la fille du héros incarnant la pureté et l’innocence dans ses discours. Grace à ce travail, on s’attache réellement à tous les personnages, on ressent un pincement au cœur lorsqu’il leur arrive quelque chose de tragique et on est content lorsqu’à l’inverse un évènement heureux arrive. La deuxième force du scénario vient dans sa construction et du fait qu’il faut finir le jeu plusieurs fois pour en récolter toute la subtilité. Lors de la première partie, les ombres, les ennemis du jeu, parlent, mais il nous est impossible de comprendre leur langage. À la seconde partie, ils seront sous-titrés. Le simple fait de comprendre les pensées des ennemis changent en tout point notre vision de ce que nous sommes en train d’accomplir et amène le joueur, et c’est là la force du scénario, à vraiment réfléchir sur les actions qu’il entreprend. Tout comme dans Spec Ops The Line, pas de manichéisme ici. Personne n’est le méchant ou le gentil, que des différences de point de vue. Enfin, vient la construction même du scénario. En proposant dès le début un énorme cliffhanger, en distillant au compte-goutte les informations jusqu’au dénouement final, on est constamment bousculé dans nos croyances.

Nier 3

Peut-être pas si méchant en fin de compte.

Ce qui rend ce jeu encore plus intéressant vient de la diversité du gameplay. On a vu plus haut qu’il piochait, plutôt maladroitement, des éléments de ci de là. Mais cette faiblesse en devient une force lorsqu’on découvre que les paterns d’attaques des boss renvoie directement à un danmaku, qu’une aventure entièrement textuelle est présente ou que l’angle de la caméra passe de libre à la troisième personne à une fixe de ¾ haut rappelant les vieux RPG comme Planescape Torment ou Baldur’s Gates. Et là, tout ce qu’on pensait avoir identifié pour du pompage sans vergogne n’est en réalité qu’un immense hommage au jeu vidéo en général et à toutes les œuvres ayant touchées les développeurs.

Et une fois assimilé ce point, on ressent la passion qui a animé l’équipe de développement et on prend un pied immense à jouer et à découvrir qu’elles ont été leurs différentes sources d’inspiration. A noté qu’il existe deux versions du jeu. Nier RepliCant, sortie au japon et Nier Gestalt ou Nier dans le reste du monde. La seule différence vient du héros. Les japonais aimants mettre en scène des personnages jeunes, on joue le frère de Yonah, tandis que chez nous, plus habitués à des personnages matures, on joue son père. Ceci montre une nouvelle fois l’attention portée par les développeurs.

Nier 4

Je suis trop vieux pour ses conneries

La bande son composée par Keiichi Okabe est grandiose. On se surprend à rester planté pendant un moment à écouter un PNJ chanter, ou à vouloir retourner dans les plaines afin d’écouter le thème de ce lieu. Rien qu’à lui seul, le morceau Shadowlord incarne toute la beauté et « l’epicness » du jeu. Coté doublage, on se contentera de voix en anglais. Cependant, les acteurs ayant joué avec tellement de conviction qu’il aurait été dommage d’y être passé à côté.

Conclusion :

Tel un morceau de charbon ne devenant qu’un diamant sous des conditions particulières, Nier ne dévoile son plein potentiel qu’avec une forte implication du joueur. Mais une fois dedans, il est impossible de ne pas tomber sous le charme de ce titre. Un excellent titre, qui n’a malheureusement pas réussi à trouver son public et qui est trop méconnu aujourd’hui mais qui acquiert ses lettres de noblesse par le bouche à oreille. Il n’est pas impossible qu’il finisse un jour par être considérer comme une œuvre majeure de l’histoire du jeu vidéo.

Note : 19/20

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Par Iscariote

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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