Les Nerfs à Vif

Titre Original : Cape Fear

De : J. Lee Thompson

Avec Gregory Peck, Robert Mitchum, Martin Balsam, Jack Kruschen

Année: 1961

Pays: Etats-Unis

Genre: Thriller

Résumé:

Max Cady vient de passer huit ans en prison pour agression sexuelle. Il retourne dans la ville où il compte retrouver le témoin de son forfait qu’il tient pour seul responsable de sa condamnation : l’avocat Sam Bowden. Tranquillement, Max Cady l’avertit qu’il est venu pour se venger, que son châtiment sera terrible et qu’il n’épargnera ni sa femme ni sa fille…

Avis :

J. Lee Thompson est un réalisateur qui est quelque peu oublié aujourd’hui et pourtant, derrière ce nom se cache un homme qui a profondément marqué l’histoire du cinéma. Sa carrière se déroule sur plus de quarante années et à travers ses décennies, on lui retiendra évidemment « Les canons de Navarone » et le thriller dont on parle aujourd’hui, « Les nerfs à Vif » dont Martin Scorsese en fera un remake au début des années 90. On lui retiendra les suites de « La planète des singes » ou encore sa magique collaboration avec Charles Bronson avec lequel il va tourner neuf films dont la série « Les justiciers« .

Connaissant le film de Martin Scorsese avec Robert De Niro et Nick Nolte, cela faisait des années que j’avais envie de découvrir l’original et ça y est, j’ai enfin mis la main dessus, je me suis donc précipité et si mon cœur balance encore pour le film de 1992, je dois dire que cette première version est un petit bijou, elle aussi. Thriller noir glaçant, tenu par ni plus ni moins que Gregory Peck et Robert Mitchum, « Les nerfs à vif » est film pervers qui s’amuse à torturer ses personnages. Il en ressort que même si, dans mon cas, je connaissais la version de Scorsese, J. Lee Thompson m’a accroché jusqu’au bout de son film !

Sam Bowden est un homme sans histoire. Avocat, il défend au mieux ses clients. Cette tranquillité va être mise à mal quand surgit dans sa vie un homme du nom de Max Cady. Cet homme a passé huit années en prison, et c’est Sam qui l’a en grande partie fait tomber. Cady a alors patiemment attendu de sortir pour se venger et son châtiment sera terrible !

Robert Mitchum et Grégory Peck dans un même film, franchement, il n’en faut pas plus pour avoir l’envie d’y jeter son œil au plus vite et quand on découvre un film de cet acabit, autant dire qu’on voudrait en voir bien plus souvent des films comme ça.

Film noir, « Les nerfs à vif » est un métrage qui porte très bien son titre, tant on a l’impression que tout peut exploser n’importe quand. « Les nerfs à vif« , c’est un film qui tient un scénario qui est bien plus intelligent et profond que le film ne le laisse paraître. Dans un premier temps, le film de J. Lee Thompson apparaît comme un thriller de haute volée et un duel implacable entre deux hommes. Harcèlement et torture psychologique sont au menu et de manière assez sadique, on prend même plaisir à suivre Robert Mitchum torturer ce pauvre Gregory Peck qui semble bien impuissant face à lui. Et c’est d’ailleurs sur l’impuissance de Peck que le film se fait plus profond d’ailleurs, allant dans une réflexion sur la justice américaine. Ici, Mitchum sait ce qu’il fait et comment il peut le faire et il se joue du système, et ainsi, par ce jeu, il amène sa victime à régler ses problèmes lui-même. Le sujet est fort et intéressant, et pour beaucoup, il trouve encore des échos aujourd’hui. De plus, derrière la figure démoniaque que tient Robert Mitchum, il y a comme une convoitise qui se dégage du film. Mitchum torture et prend plaisir à cela, par vengeance certes, mais derrière le sadisme, il y a aussi une jalousie, une convoitise, une envie qui se fait ressentir. Bref, ce scénario est bien plus profond qu’il n’en a l’air et le tout est passionnant. 

« Les nerfs à vif« , c’est aussi une mise en scène terriblement exécutée. Aucun temps mort, tout s’enchaîne et plus le film avance et plus le cauchemar se fait saisissant. Il y a quelque chose de glacial et magnétique qui se dégage du film, J. Lee Thompson joue parfaitement avec les codes du thriller. On notera d’ailleurs une BO de Bernard Hermann parfaite en tout point. Une BO qui donne le ton d’entrée de jeu.

Plongé dans un noir et blanc qui n’a rien perdu de sa superbe malgré les années, le film de J. Lee Thompson est superbement tenu, créant de l’angoisse, de la fascination, offrant des scènes marquantes, iconisant ses personnages, notamment et l’on y revient, Robert Mitchum, qui quelques années après « La nuit du chasseur« , trouve un rôle tout aussi terrifiant.

D’ailleurs, quand on en vient aux personnages et donc aux comédiens, si le duel Peck/Mitchum est impeccable. Si Grégory Peck est excellent dans le rôle de cet homme dépassé par les événements, il est vrai qu’on ne voit pratiquement que Robert Mitchum tant il est le choix parfait. Non pas que Peck ne soit pas un bon choix, loin de là, mais Mitchum terrifie à tout instant.

Puissant, dérangeant, fascinant, implacable, « Les nerfs à vif« , premier du nom, est un excellent et grand film noir. Plus intelligent et profond qu’il n’en a l’air, parfaitement exécuté, tenu par des acteurs ô combien immenses… « Les nerfs à vif » de J. Lee Thompson est de ces films qu’on appelle des classiques !

Note : 18/20

Par Cinéted

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