avril 15, 2021

Outfall

Titre Original : 10 x 10

De : Suzi Ewing

Avec Luke Evans, Kelly Reilly, Noel Clarke, Olivia Chenery

Année: 2017

Pays: Angleterre, Etats-Unis

Genre : Thriller

Résumé :

Après une méticuleuse préparation, Lewis enlève Cathy en pleine rue et l’enferme dans une pièce insonorisée. Sa motivation ? Que Cathy confesse un sombre secret… Mais elle n’a aucune intention de se laisser intimider et d’abandonner aussi facilement.

Avis :

Le huis-clos est un sous-genre assez difficile à tenir. S’il répond à des facilités au niveau budget et décor, puisque le but est que le film tienne dans une seule et unique salle avec des personnes enfermées, il doit tout de même répondre à des critères scénaristiques rigoureux afin de ne pas ennuyer le spectateur. De nombreux films filmés en huis-clos sont devenus des chefs-d’œuvre comme 12 Hommes en Colère de Sidney Lumet par exemple. Récemment, le genre est revenu un petit peu à la mode, grâce dans un premier temps à Saw, puis par certains produits dérivés qui ont voulu écarter l’aspect horrifique pour aller vers le drame, comme le prouve Room de Lenny Abrahamson. Aujourd’hui, on va s’arrêter sur le premier film de Suzi Ewing, inconnue au bataillon, mais qui a réussi à réunir Luke Evans et Kelly Reilly, pour un affrontement où bourreau et victime jouent un trouble jeu, j’ai nommé Outfall. Derrière ce titre énigmatique se cache alors un thriller qui essaye de tenir sur la durée un mystère que l’on va facilement découvrir mais qui permet à l’actrice principale de sortir de sa zone de confort. Et ça, c’est déjà pas si mal.

Pour autant, le film commence assez mal. La réalisatrice veut être directe et va rapidement mettre en place l’enlèvement de la jeune femme. Une jeune femme bien sous tous rapports, qui aime son boulot de fleuriste, semble très aimable avec tout le monde, pratique du yoga et s’offusque lorsqu’une nana lui dit qu’elle se taperait bien le prof de yoga pendant que son mari n’est pas présent. Un portrait un peu idyllique, presque chaste, d’une femme qui va se faire kidnapper par un homme mystérieux, mais qui n’a rien du pervers sexuel, bien au contraire. L’enlèvement s’effectue en plein jour, sur un parking, aux yeux de tout le monde, sans que personne ne s’aperçoive de rien. C’est un peu grossier et relativement mal foutu. D’autant plus que Luke Evans n’a pas le charisme nécessaire pour jouer une grosse brute qui aime violenter les jeunes femmes. Cette introduction permet de mettre en avant deux choses : la réalisation propre mais lisse de Suzi Ewing, et surtout un scénario qui ne semble pas vraiment tenir la route et qui risque de nous ennuyer dès les premières minutes de séquestration. Est-ce vraiment le cas ? Oui et non.

Une fois dans la maison, que l’on ne quittera que quelques instants pour que l’homme puisse prendre l’air de temps à autre, le film va s’enliser dans un faux rythme redondant et même répétitif. L’homme va questionner la femme sur son identité, essayant de lui soutirer des informations qu’elle semble dissimuler. Ces phases lentes et qui appellent à une révélation de la part de la nana, sont ponctuées par des scènes d’action musclées entre les deux protagonistes. Des séquences qui tapent fort, qui sont plutôt bien mises en avant et qui démontrent une belle envie de cinéma de la part de la jeune réalisatrice. Le problème, c’est que c’est à chaque fois la même chose. Une discussion, une micro-révélation, une scène de bagarre avec les objets de la maison. Ce schéma se répète de manière cyclique, rajoutant soit des informations, soit des personnages secondaires qui viennent mettre de l‘huile sur le feu. Bref, un huis-clos qui a ses bons moments, mais qui pêche par un manque d’originalité. Une originalité qui veut trouver son aspect salutaire dans les révélations de la jeune femme, mais on aura trouvé le pot aux roses bien avant, sachant comment se déroule ce genre de film.

Alors le film met en avant plusieurs choses. Tout d’abord la vengeance et les problèmes de justice. Pour la petite histoire, on apprendra très vite que l’homme en question a perdu sa femme dans un hôpital et souhaite se venger auprès de cette femme qui semble à savoir plus que de raison. On y trouvera alors toute la réflexion autour de la vengeance et de ce que cela procure quand on est une personne lambda qui n’est pas habitué à ce genre de violence. La réflexion poussera jusqu’à la confiance que l’on met dans les personnes que l’on aime. Cet acte de vengeance est-il justifié ? Connaissait-il vraiment sa femme ? L’aimait-elle vraiment ? Autant de questions qui trouveront des réponses dans la bouche de la victime. Puis le film basculera alors sur un aspect psychologique, avec ces infirmières meurtrières, en y injectant un soupçon de christianisme, histoire de bien montrer que la religion, c’est de la merde. Si Luke Evans tient bien son rôle et joue avec conviction, c’est surtout Kelly Reilly qui se régale dans un rôle à contre-emploi. L’actrice s’éloigne de ses rôles gentillets, et retrouve en quelque sorte ce qu’elle a pu fournir avec Eden Lake, tout en jouant sur l’ambiguïté de son personnage. Bref, elle tient le film sur ses frêles épaules et se révèle vraiment bonne.

Au final, Outfall est un film assez inégal. On regrettera rapidement un traitement assez simple des personnages et une caractérisation clichée, voire même téléphonée. Le film ne réserve que peu de surprises et les habitués du genre grilleront rapidement le twist qui va permettre de partir sur un autre genre, lorgnant sur le home invasion et le survival. Néanmoins, Suzi Ewing signe un film propre, avec une réalisation simple mais efficace et surtout, une direction d’acteurs optimale. Luke Evans fait agréablement le taf, mais c’est surtout Kelly Reilly qui sort du lot et fait preuve d’une belle dichotomie. Bref, un petit film loin d’être désagréable, assez court et qui passer le temps.

Note : 12/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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