Nervosa – Downfall of Mankind

Avis :

Pour beaucoup de personnes, le métal est une affaire de malades mentaux qui aiment le bruit, mais surtout, c’est une affaire d’hommes. De préférence barbus, tatoués et qui bouffent des chauves-souris au petit déjeuner et prennent des bains de sang. Les clichés ont la vie dure, mais pour la masse populaire, ce n’est pas normal d’écouter du métal. Et encore moins lorsque l’on est une femme. A la rigueur, la « norme » (quel mot de merde) accepte des chanteuses lyriques au sein de groupes qui font du Sympho, mais alors des nanas qui beuglent comme des bonhommes dans des micros, ça fait de suite tache. En un sens, c’est un peu l’image que l’on a de la femme, qui doit être parfaite en tout point sans jamais faire d’excès. Un homme à femmes est badé alors qu’une femme à hommes est traitée de tous les noms. Et ces poncifs insupportables, on les retrouve dans le métal, même si cela tend à se démocratiser. Pour preuve, le succès phénoménal de Jinjer, l’arrivée remarquée des Butcher Babies ou encore le troisième album de Nervosa. Car c’est bien de ce groupe que l’on va parler. Nervosa se forme en 2010 et a toujours été un trio de femmes. Le groupe se revendique d’ailleurs Thrash Métal féminin, mais avec une volonté d’envoyer du lourd, faisant concurrence à pas mal d’hommes. Downfall of Mankind est le troisième effort du groupe et si Thrash il est question, l’album n’en demeure pas moins perfectible et parfois redondant. Revenons alors un peu sur cette galette si sombre.

Le skeud débute avec une introduction tout ce qu’il y a de plus banal. On entend plusieurs personnes chuchoter avec un bruit lourd en fond, renforçant un certain sentiment de malaise et de noirceur. Lorsque Horrordome va s’enclencher, on ne sera guère surpris par la violence du bousin. Riffs assassins, cri guttural et aigu à la fois, batterie qui tabasse, on est presque dans la catégorie Death Métal pure souche. Néanmoins, on pourra déjà regretter une chose sur cette piste, c’est son manque de variation. C’est lourd, puissant, on aura droit à un léger solo qui ne casse pas des briques, mais ça reste un peu monocorde sur l’ensemble. Et cela même si la ligne de basse de la chanteuse claque bien par moments. Never Forget, Never Repeat va rejoindre que ce l’on a pu dire en introduction, c’est-à-dire que ça reprend le même rythme que le titre précédent et que l’on a clairement la sensation d’écouter la même chose. Ce côté répétitif va se faire ressentir durant tout l’album. C’est dommage car globalement, la rage est bien présente et les trois nanas envoient vraiment du pâté, sans jamais perdre une once d’énergie et de violence. Mais le schéma reste le même et ce titre manque d’un élément marquant. Enslave et Bleeding, malgré cette fois-ci des changements de rythme et des riffs plus clairs, restent assez fades dans leur déroulement et la voix de la chanteuse ne s’accorde pas forcément dans le refrain, partant un peu trop dans les aigus et le ridicule.

Le Thrash étant une grande famille, on retrouvera un « hommage » à Metallica avec … And Justice for Whom ?, qui demeure un titre sympathique, hyper rapide, hyper agressif, mais qui, encore une fois, manque d’un moment fort ou d’un refrain plus impactant. En l’état, on a droit à un morceau rapide, très rapide, mais qui manque d’épaisseur. Vultures est un titre assez intéressant dans sa rythmique déchainée et dans sa propension à aller toujours plus loin dans le riff qui fait mal. Sans être le meilleur titre de l’album, il demeure assez sympathique. Avec Kill the Silence, le trio se permet de ralentir le rythme de la batterie, tout en gardant les riffs si sauvages. On obtient alors un morceau lourd, dans la veine du Thrash avec une voix plutôt gutturale qui oscille constamment entre le Death et le Black. Le mélange est étrange, mais il fonctionne sur ce titre, notamment sur la reprise après le premier refrain. La suite de l’album va dérouler à une allure effrénée, avec d’un côté une violence exacerbée et une vraie énergie maîtrisée, mais de l’autre, des titres qui manquent un peu de mordant et de moments plus ou moins intéressants. No Mercy, Raise Your Fist ! ou encore Fear, Violence and Massacre font partie de ces morceaux agréables pour qui aime le Thrash/Death, mais qui ne marquent pas plus que ça. C’est un peu la tragédie de cet album qui manque d’une identité propre et d’une volonté de sortir de sa zone de confort. Reste le morceau bonus, Selfish Battle, dans lequel la chanteuse tente des variations vocales et dont le rythme se rapproche plus d’un bon vieux Hard des familles.

Au final, Downfall of Mankind, le dernier album en date de Nervosa, est peut-être l’album le moins bon du trio. Si on retrouve une fougue exterminatrice et des riffs qui font bien mal au cul, il n’en demeure pas moins que l’ensemble manque de finesse et d’une production digne de ce nom. Loin d’être mauvais, l’album est tout de même répétitif et manque de moments marquants qui restent en tête un petit moment. Il en résulte donc un album sympathique mais qui a des défauts et qui s’avère plutôt redondant à la longue…

  • Intro
  • Horrordome
  • Never Forget, Never Repeat
  • Enslave
  • Bleeding
  • … And Justice for Whom ?
  • Vultures
  • Kill the Silence
  • No Mercy
  • Raise Your Fist !
  • Fear, Violence and Massacre
  • Conflict
  • Cultura do Estupro
  • Selfish Battle

Note : 12/20

Par AqME

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