Live Animals

De : Jeremy Benson

Avec Monica Summerfield, Stacy Still, Jon W. Sparks, Bill Painter

Année: 2008

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur

Résumé:

Cinq amis en vacances au bord d’un lac sont brutalement enlevés et se retrouvent prisonniers d’un entrepreneur sadique. Sous couvert d’un élevage de chevaux, l’homme maltraite et enferme dans une grange isolée de jeunes gens, en attendant de pouvoir les vendre aux enchères à des réseaux encore bien plus terribles que lui. Le groupe d’amis décide de risquer le tout pour le tout pour retrouver la liberté, mais ce business souterrain est beaucoup plus puissant que ce qu’ils imaginaient…

Avis:

Si le cinéma d’horreur est un terreau fertile pour un très grand nombre de réalisateurs en devenir, il est aussi un endroit où l’on trouve tout et n’importe quoi. Entre les films amateurs, les bisseries rigolotes, les gros blockbusters qui entrainent tous les débiles dans les salles de cinéma, les films entre potes pour rigoler un bon coup, bref, l’horreur fait partie de ces genres où la porte est ouverte à tout et souvent à n’importe quoi. Et j’en veux pour preuve ce Live Animals. Film américain de 2008 réalisé par Jeremy Benson, il est arrivé chez nous sous l’étiquette de nouveau torture-porn insoutenable, afin d’attirer le chaland avide d’Hostel et consort. Auréolé sur le boîtier du DVD d’un petit « sélectionné au festival du film de New-York », on pouvait s’attendre à un film de seconde zone plutôt bien troussé, gore et complètement décomplexé. Sauf que la douche va être glaciale, et cela dès les premières secondes où l’on va se rendre compte que tonton Gégé filme mieux lors des repas de famille, avec en plus un manque de moyens évidents. Avec ce film, on est loin de la bisserie potache, on se rapproche plus d’un film amateur sans le sou qui surfe sur un sous-genre pour se faire un nom. Et nous de nous demander comment un tel truc a pu avoir une sortie en DVD en France…

L’histoire est toute bête et ne sort pas des sentiers battus du Torture-Porn classique. Ici, une bande de jeunes non identifiés font la fête autour d’un lac, et durant la nuit, un homme masqué attaque la maisonnée, endormant tout le monde avec des fléchettes. Au réveil, les jeunes se retrouvent dans des box pour chevaux et sont martyrisés par l’agresseur en question, et son patron, un vieil homme qui va essayer de les vendre à d’autres personnes. Bref, un commerce de chair humaine que l’on a déjà plus ou moins vu sur Hostel d’Eli Roth. Sauf qu’ici, il n’est point question de chasse, mais de vente pour faire de l’esclavage ou d’un réseau de prostitution. Un fond qui est vite énoncé au cours du film et qui va par la suite être éludé pour s’attaquer à la fuite de certains personnages et leur course folle à travers les plaines. Si on est en plein film qui ne ment pas forcement sur sa marchandise, à savoir des jeunes gens qui vont se faire claquer la gueule par des sadiques, on reste sur quelque chose de très mal fait et qui n’apporte rien au genre. Pire, il montre tout ce qu’il ne faut pas faire en caractérisation des personnages et en mise en scène complètement aux fraises.

Rapidement, on va voir que le film a été tourné avec les moyens du bord. L’éclairage est un réel souci dans ce métrage, puisqu’il est inexistant, Jeremy Benson filmant à la lumière crue. Du coup, les séquences de nuit sont illisibles et la première attaque dans la baraque se fait dans une obscurité quasi-totale. Mais ce n’est pas forcément mieux avec les séquences de jour, puisque l’image du DVD est de très mauvaise qualité, et le matériel utilisé est totalement dépassé. On se retrouve alors avec une image un peu jaune, fade, et sans aucune volonté de montrer quelque chose d’intéressant au spectateur. Même les moments gores sont bien souvent hors-champ et les effets spéciaux sont ridicules. Le final se veut un peu rentre-dedans avec un peu d’hémoglobine et de moments gores, mais les effets artisanaux se verront comme le nez au milieu de la figure et cela prêtera plus à rire qu’autre chose. Bref, techniquement, c’est à la ramasse complet, même pour l’époque, car le film a un peu plus de dix ans, mais il n’arrive pas à la cheville d’un Hostel ou même d’un Train.

L’autre gros souci avec ce métrage, c’est que les personnages sont inutiles au possible. Le scénario oublie carrément de les introduire et ils n’auront aucun background. La seule chose que l’on saura, c’est que l’une des nanas vient de se faire larguer et qu’elle est tristounette. Rien de bien folichon donc, rien d’innovant, juste de la chair à canon qui va passer son temps à hurler dans une cage. Ce manque de personnalisation se verra jusqu’à la fin où l’on va apprendre que le couple « héroïque » est en fait une fratrie, car le héros dit partir à la recherche de sa sœur. C’est dire à quel point on manque d’informations sur les protagonistes. Alors certes, dans ce genre de film, c’est surtout les mises à mort qui comptent, mais le problème, c’est que si l’on veut ressentir de la peur ou du stress pour les personnages, il faut ressentir de l’empathie en premier lieu, ce qui n’est pas vraiment le cas. Même les méchants sont ridicules. Le gros personnage qui passe son temps à bouffer, avec une cicatrice sur la tronche qui ressemble à une vieille merde posée, est inintéressant et sans saveur. Quant au patron, ce vieillard acariâtre qui veut faire croire qu’il s’en bat les couilles de l’humain, il est aussi charismatique qu’un participant à une télé-réalité. C’est tout simplement catastrophique. Et on ne parlera même pas du twist, incohérent.

Enfin, abordons un peu les prestations des acteurs et les moments de torture. Car dans les deux sens, c’est extrêmement mauvais. Les acteurs sont tous des amateurs et cela se voit. C’est mal joué, tout est outrancier, et en plus de cela, ce n’est même pas juste dans les émotions. Quant aux phases de torture, elles consistent à un arrachage de langue et une douche froide. C’est faible, et pour avoir du gore, il faudra se rabattre sur le combat final, qui essaye d’être dantesque dans sa résolution, poussant à bout un personnage innocent, mais finalement, n’importe qui pourrait filmer de la même façon, en allant faire quelques achats à Brico Dépôt. Bref, on est presque au-delà de l’amateurisme, on fait face à quelqu’un qui n’a aucun sens de la mise en scène, aucun sens du travail sérieux et qui ne souhaite qu’une chose, surfer sur un succès.

Au final, Live Animals est bel et bien une grosse purge. Se vendant comme un Torture-Porn à la sauce Hostel et consort, on se retrouvera face à un navet interstellaire, amateur qui plus est, et qui n’a aucune légitimité dans son existence en physique. Un film qui n’a été sorti chez nous que pour l’aspect mercantile à l’époque où le Torture-Porn avait le vent en poupe. Aujourd’hui, on est dans les vestiges nauséabonds d’une époque révolue qui n’avait déjà pas grand-chose à raconte…

Note: 01/20

Par AqME

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