Maléfique: Le Pouvoir du Mal – Des Racines et des Ailes

Titre Original : Maleficent : Mistress of Evil

De: Joachim Ronning

Avec Angelina Jolie, Elle Fanning, Sam Riley, Michelle Pfeiffer

Année : 2019

Pays : Etats-Unis

Genre : Fantastique

Résumé :

Plusieurs années après avoir découvert pourquoi la plus célèbre méchante Disney avait un cœur si dur et ce qui l’avait conduit à jeter un terrible sort à la princesse Aurore, « MALEFIQUE : LE POUVOIR DU MAL » continue d’explorer les relations complexes entre la sorcière et la future reine, alors qu’elles nouent d’autres alliances et affrontent de nouveaux adversaires dans leur combat pour protéger leurs terres et les créatures magiques qui les peuplent.

Avis :

Disney, malgré toutes les critiques que l’on peut en faire, reste une boîte à idées merveilleuses qui essaye à chaque fois de mettre des étoiles dans les yeux de nos bambins. Et en même temps de se remplir les poches aux frais des parents, mais ça, c’est un autre débat. Alors que la firme aux grandes oreilles s’apprête à faire un raz de marée dans les salles avec La Reine des Neiges 2, l’entreprise continue son petit bonhomme de chemin avec des films en live action qui sortent de façon sporadique au cinéma. Après le décevant Roi Lion cette année, voici que déboule une suite que personne n’attendait vraiment, Maléfique : Le Pouvoir du Mal. Sorti en 2014 sous la houlette de Robert Stromberg, le premier Maléfique avait été une plutôt bonne surprise. Mettre en avant la méchante charismatique de la Belle au Bois Dormant fut une belle idée et Angelina Jolie donnait parfaitement corps à cet être torturé et relativement dense. Y avait-il besoin d’en faire une suite ? Pas vraiment, mais le film a plutôt bien fonctionné au box-office et cette suite sort lors d’une période de vache maigre au cinéma. Une aubaine. Mais derrière le coup marketing se cache finalement un film étrangement agréable, non dénué de défauts, mais qui fait le job, à savoir divertir tout en apportant du grain à moudre pour nos chères têtes blondes.

Suite directe du premier film, on va voir Aurore dans La Plaine, entourée de petites fées en tout genre et qui va accepter la main du prince d’Uldred, le pays voisin. Espérant une alliance entre les deux peuples, la mère du prince ne l’entend pas de cette oreille, vouant une haine intangible aux fées et autres créatures magiques. Complotant secrètement derrière le dos de son fils et de son père, elle va accuser Maléfique d’avoir jeté un sort au roi pour dominer tout le pays. Une nouvelle guerre semble alors inévitable. Le concept du film est très simple, on va avoir droit à un conflit entre deux pays suite à un différend sur les races du monde. Un point sur le racisme donc, mais aussi sur la différence et sur la façon de diriger un peuple. Disney sort l’artillerie lourde pour parler d’un sujet complexe, tout en l’amenuisant à son plus simple effet pour montrer aux gosses que si l’on veut, on peut vivre ensemble. Un message propre à la boîte qui ne chamboule pas nos idéaux moraux et qui essayent de formater nos gosses à la tolérance et l’acceptation, ce qui n’est pas un mal en soi.

Cependant, le film possède quelques scories qui font que ce n’est pas parfait. Outre une simplification nécessaire pour les plus jeunes, Maléfique : Le Pouvoir du Mal souffre d’un début assez fastidieux. C’est assez mou, les dialogues font très faux et toute l’installation de la rencontre entre la famille d’Aurore (qui se limite à Maléfique) et celle du prince prend un temps fou. On baille gentiment devant ce déluge de guimauve et des effets spéciaux un peu hasardeux. La Lande n’est pas très belle, les fées font numérique à bloc et globalement, on sent que l’ensemble ne fait pas vrai. Fort heureusement pour nous, le film va décoller à partir du moment où Maléfique va rencontrer son peuple, les fées noires. L’autre gros problème du film va être dans la caractérisation de la grande méchante, la reine. Si Michelle Pfeiffer est tout simplement excellente dans ce rôle taillée sur mesure, le personnage en lui-même est d’une platitude affligeante. Les raisons de sa haine envers le peuple des fées ne tiennent pas vraiment la route, et c’est tout bêtement une personne mauvaise et haineuse. Il n’y a pas vraiment d’épaisseur dans ce personnage, pas réellement de background et c’est un peu triste.

Cependant, le film reste très réussi sur bien des points. Le premier d’entre tous est bien évidemment les messages qui parsèment l’ensemble. On aura droit à tout ce qui touche à la tolérance et à l’altruisme, qui reste le message central du film, mais on pourra déceler aussi quelques passages un peu écolo, dans l’air du temps, avec notamment cette volonté de dompter la nature et même de la détruire pour faire des armes destructrices. On verra aussi un message relativement pessimiste concernant l’être humain. En effet, les fées noires sont obligées de vivre recluses sur une île à cause de l’urbanisation et de l’invasion de l’Homme. Un message très clair qui pointe du doigt un vrai problème majeur, entrainant l’extinction de plusieurs espèces menacées. Ce qui est intéressant avec ce second opus, c’est qu’il n’a pas oublié d’avoir du fond et de traiter de plusieurs sujets avec un certain talent. Jamais vraiment moralisateur, le film pointe un problème transposable dans la vraie vie et ouvre une solution toute bête, la compréhension, l’acceptation de l’inconnu et l’entraide. Des mots forts pour nos enfants qui construiront un monde meilleur demain, en utilisant ces trois valeurs. Bien entendu, on retrouvera aussi les thèmes de la filiation, les notions d’amour et de haine, histoire de fournir un peu plus de poids dans certaines émotions.

Au niveau de la mise en scène, Joachim Ronning s’en sort plutôt pas mal sans son confrère. Premier film qu’il réalise entièrement seul, le réalisateur se permet plus de choses et offre certains plans très intéressants. Des cadres qui permettent de mettre en valeur Maléfique et d’autres qui diabolisent la méchante reine. Une reine qui évolue constamment dans l’ombre, évite la lumière, sans que l’on ne sache trop pourquoi. A contrario, Maléfique n’a jamais été aussi belle, notamment lorsqu’elle enlève son couvre-chef et dévoile ses cheveux. Angelina Jolie incarne à la perfection cette gentille méchante qui possède une belle épaisseur. Car oui, Maléfique : Le Pouvoir du Mal développe grandement la mythologie autour de ce personnage. On découvrira ses origines, certains de ses confrères, la façon dont ils vivent, mais aussi d’où lui viennent tous ses pouvoirs. Ce développement intervient de manière intelligente, presque sous la forme d’un génocide, et permet de donner plus de poids au personnage, plus de personnalité et donc, plus de richesse. Pour en revenir à la mise en scène, le dernier tiers du film demeure plutôt réussi. La bataille finale est grandiose, ça frappe dans tous les coins et on voit que le cinéaste maîtrise parfaitement son sujet pour rendre tout ça lisible et plaisant à l’œil.

Au final, Maléfique : Le Pouvoir du Mal est une belle réussite qui est parfaitement dans la lignée du premier opus. Il est d’ailleurs surprenant de voir que Disney réussit mieux des films en live action non issu de dessin-animé que les autres, comme Le Roi Lion par exemple. Féérique, enchanteur, intelligent et plus profond qu’il n’en a l’air, ce deuxième film centré sur Maléfique est un divertissement honnête qui, même s’il n’est pas exempt de défauts, permet de passer un bon moment en famille et d’afficher une méchante, pas si méchante que ça.

Note : 15/20

Par AqME

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